Le dimanche, c’est publicité ! Et cette année, c’est publicité en anglais… Aujourd’hui, nous vous présentons une publicité de 1997 pour le Newton MessagePad 2000, l’avant-dernier modèle de la gamme, présenté en mars 1997 (le dernier, numéroté 2100, sortira en novembre de la même année). À l’époque, bien qu’on imagine que la décision d’abandonner la gamme était déjà dans toutes les têtes à Cupertino, Apple était fière de présenter « le premier ordinateur de poche que l’on peut vraiment utiliser ». Un écran rétroéclairé à 16 niveaux de gris qui permet de lire une page web ou un fax pleine page, utilisable verticalement et horizontalement ; un processeur RISC à 160 Mhz ; deux ports PCMCIA ; trois à six semaines d’autonomie sur deux piles AA ; un micro et un haut-parleur ; un clavier optionnel ; et plein de logiciels !
Ce matin, nous vous présentons une brochure spécifique à la France, éditée par SEEDRIN, la filiale française d’Apple. Elle fait partie d’une série de brochures A4 recto-verso publiées à l’occasion de la sortie du Macintosh, pour présenter cet ordinateur, son système, son matériel et ses logiciels. Elles vont nous accompagner quelques jours… Après le matériel, le Système, puis les extensions et la compatibilité et MacWrite, voici MacPaint. La suite demain !
Et vous, aviez-vous acheté la première borne AirPort d’Apple, commercialisée en 1999 avec le premier iBook ? À l’époque, la norme Wi-Fi IEEE 802.11b était encore confidentielle, et les produits qui l’utilisaient étaient soumis à déclaration et/ou autorisation auprès de l’Autorité de Régulations des Télécommunications (devenue en 2005 l’ARCEP). Cette obligation était rappelée par Apple au moyen d’une étiquette apposée sur le carton.
En pratique, il fallait donc s’adresser à l’ART au moyen d’un formulaire, qui ne valait que pour un lieu précis ! La réponse pouvait être transmise par fax, à l’issue d’un délai de plusieurs jours à plusieurs semaines. L’ART avait d’ailleurs autorisé tacitement, dès octobre 1999, l’usage malgré une absence de réponse de sa part, dans les villes de plus de 50.000 habitants, et soumettait les autres demandes aux Ministère de la Défense, s’agissant d’une bande de fréquences habituellement utilisée par les militaires.
Cette obligation (peu suivie en pratique) durera finalement peu de temps, puisqu’elle sera levée dès le 12 juillet 2000, sous la pression des professionnels utilisant la norme Bluetooth, qui commençait à pointer son nez sur la même bande de fréquences.
Avant de s’appeler Mission Control, la fonction permettant d’afficher en miniatures toutes les fenêtres ouvertes à l’écran s’appelait Exposé. Apparu avec Mac OS X 10.3, Exposé était une vraie révolution dans l’usage du Macintosh, en termes de gain de temps notamment. Voici ce qu’on en disait dans la revue A Vos Mac en 2004, peu après sa sortie…
Deux fonctions cohabitent dans ces premières versions : l’affichage de toutes les fenêtres, ou seulement des fenêtres de l’application active. Que vous utilisiez l’une ou l’autre, avec les coins actifs de l’écran ou les touches de fonction, Apple a ajouté une possibilité très appréciable, et visuellement impressionnante. Cette fonction permet de faire défiler les fenêtres ouvertes de chaque application l’une après l’autre. Commencez par activer Exposé puis tapez Tabulation : au lieu d’afficher toutes les fenêtres, Exposé affiche celles d’une application. Puis appuyez à nouveau, et c’est une autre application qui passe au premier plan, avec toutes ses fenêtres en réduction. Et ainsi de suite… Encore plus fort : Exposé toujours activé, appuyez cette fois sur Pomme et Tabulation et gardez la touche Pomme appuyée. Le sélecteur d’application apparaît sur toute la largeur de l’écran, et il ne vous reste plus alors qu’à cliquer sur l’application souhaitée (ou à utiliser les flèches du clavier).
Après l’iMac en couleurs et l’iPod mini en couleurs, voici Exposé en couleurs ! En effet, la couleur utilisée par Exposé dépend du réglage de contraste des Préférences Système « Apparence ». Il suffit de changer ce réglage pour vérifier, il n’y a même pas besoin de fermer les Préférences Système pour que la modification soit prise en compte.
Et vous, avez-vous connu l’époque où Apple fournissait des chargeurs FireWire pour son iPod ? En effet, les premières générations d’iPods n’étaient pas compatibles avec le format USB, pourtant largement répandu à l’époque. Apple lui préférait sa solution maison, plus rapide et fournissant plus de courant : le FireWire ou IEEE 1394. C’est donc tout naturellement que le chargeur fourni avec ces iPods était doté d’une prise FireWire, comme ce modèle de 2001 photographié avec son cousin de 2012.
Si on résume, Apple a utilisé le FireWire uniquement, jusqu’à l’apparition de l’iPod de troisième génération (2003) qui fera cohabiter les deux technologies (sans autoriser la charge par USB). En 2005, l’iPod Nano et l’iPod de cinquième génération continueront de pouvoir charger en FireWire, mais sans pouvoir transférer les données. Toute utilisation du FireWire disparaîtra en 2008 avec l’iPod Touch de deuxième génération et l’iPod Nano de quatrième génération. Si vous voulez vérifier la compatibilité USB et FireWire d’un modèle en particulier, demandez au site EveryMac !
Si vous avez déjà utilisé un Newton MessagePad, alors vous connaissez sans doute l’alphabet Graffiti, qui permettait d’améliorer la reconnaissance des caractères dessinés à l’écran, en remplaçant nos caractères occidentaux par des versions simplifiées, dessinées d’un seul coup de stylet. Cette technologie était utilisée en parallèle de celle développée par Apple, dénommée Calligrapher, achetée auprès de l’entreprise russe Paragraph International. Si je vous en parle, c’est que le moteur de suggestion d’eBay m’a justement présenté la « carte de référence » de Graffiti, permettant d’apprendre à dessiner ces caractères.
Graffiti avait été l’objet d’un long procès entre Palm, son concepteur, et Xerox, qui revendiquait la paternité du concept, développé au Palo Alto Research Center, comme tellement d’autres bonnes idées. Le graphisme des lettres avait fait l’objet d’un brevet finalement accordé à Xerox en 1997. Les lettres étaient encore plus schématiques, reprenant cinq types de signes (trait, angle, arc de cercle, zigzag et boucle) dans différentes directions.
Avez-vous déjà regardé de près la fiche USB qui permet de brancher votre clavier Apple à votre Mac ? Depuis le lancement de son premier clavier USB, avec l’iMac de 1998, la marque utilise une fiche USB Type-A mâle particulière, déformée par une encoche sur le cadre métallique. Celle-ci s’insère parfaitement dans les prises USB femelle des Macs, des hubs USB ou encore des PC du marché.
Un câble de clavier Apple à gauche ; un câble d’iPod à droite
Cette petite particularité visait à répondre à une limite de la norme USB, qui interdisait de commercialiser des rallonges USB. Or Apple fournissait ses claviers avec un câble non-amovible, et plutôt court. Elle avait donc cherché une manière de contourner l’interdiction de créer une rallonge, et elle avait imaginé cette extension de câble. En modifiant la forme de sa prise, Apple créait sa propre prise intermédiaire, officiellement différente des standards prévus pour l’USB. Il ne s’agissait pas d’une rallonge USB, puisque sa prise femelle, affublée d’un ergot faisant saillie, n’était par compatible avec les périphériques USB classiques. Elle n’affichait d’ailleurs pas le logo officiel de la norme de ce côté-là. En résumé : c’était une partie du câble du clavier, et elle n’était destinée à aucune autre utilisation.
À droite, la fiche mâle compatible USB. À gauche, la fiche femelle spécifique, sans logo.
En pratique, peu d’utilisateurs étaient conscients de cette interdiction de commercialiser des rallonges USB. On trouvait en effet de nombreuses rallonges USB créées par des fabricants moins scrupuleux qu’Apple. Faute de connaître ce détail, les clients ne trouvaient pas d’explication à cette coquetterie : les claviers Apple étaient compatibles avec l’USB ; les Macs étaient compatibles avec l’USB ; seule cette rallonge se tenait à l’écart de la norme. Que pouvait bien y gagner Apple, à part ennuyer le monde ? Maintenant, vous, au moins, vous connaissez l’explication !
Notez qu’on lit parfois que cette modification est liée à la possibilité qu’avaient les Macs de fournir plus de courant à certains périphériques USB, comme le SuperDrive externe, l’iPhone, l’iPod ou le clavier Apple en aluminium. En réalité, si cette possibilité existe bien, elle n’a rien à voir avec la forme du connecteur, ces différents périphériques ayant toujours été livrés avec un câble USB classique.
Les câbles du clavier et de la souris USB de l’iMac. Saurez-vous les reconnaître ?
Tiens, d’ailleurs, si vous vous posez la question : le hub incorporé dans les claviers Apple, qui permet de brancher deux autres périphériques directement sur le clavier, était en USB 1.1 à l’origine. Il est passé à l’USB 2 à partir du modèle en aluminium de 2007.
Le 31 août 2004, Apple présentait sa dernière création : un ordinateur tout-en-un, se résumant à un simple écran LCD, à l’arrière duquel disparaissaient un processeur PowerPC G5 et tous les éléments de l’unité centrale. Un véritable tour de force, quand on connaît la chaleur que dégageait le processeur G5 et les systèmes de refroidissement qu’Apple avait conçus pour celui-ci dans son PowerMacintosh.
https://www.youtube.com/watch?v=3yIRCxvgF6w
C’est ce design, à la fois sobre et compact, qui définira la gamme durant les années suivantes : jusqu’en janvier 2006 en mode PowerPC, puis jusqu’au mois d’août 2007 en mode Intel, avant de laisser la place aux iMacs en aluminium que l’on connaît encore aujourd’hui.
Et vous savez le plus beau ? C’est à Paris que ce nouveau modèle avait été présenté, lors de l’Apple Expo. C’est Phil Schiller qui était monté sur scène pour présenter l’iMac G5, successeur du fameux iMac G4 surnommé « Tournesol ». Steve Jobs, convalescent, était empêché.
Des disquettes FileWare Twiggy vendues aux enchères
Encore un beau souvenir de l’histoire d’Apple vendu par RRauctions cette année. Il s’agit d’un lot de 30 disquettes 5,25 pouces d’Apple contenant des programmes liés au développement du tout premier Macintosh. Avant l’adoption du lecteur Sony 3,5˝ assez tard dans le développement du Macintosh, le Lisa et les premiers prototypes de Macintosh utilisaient en effet le lecteur FileWare surnommé Twiggy.
Ces disquettes proviennent de la collection de Dennis Grimm, un ingénieur qui a rejoint Apple en 1982. Membre de l’équipe Macintosh, il a mis au point les bancs de test du Mac 128K, contribué au disque dur HD20, à l’imprimante LaserWriter et au Macintosh SE. Après Apple et NeXT, il travailla aussi chez Radius puis lança sa propre société, avant de se consacrer à ses projets personnels et à son atelier d’électronique jusqu’à son décès en 2022. Les étiquettes manuscrites de ces disquettes en disent long sur cette période fondatrice : “Boot Disk,” “Lisa Write,” “Mac Release 1.00,” ou encore “Logic Bd Tester.” Véritables témoins matériels de la gestation du Macintosh, elles illustrent le passage de l’univers Lisa aux premiers Mac 128K.
Le 19 mai 1980, Apple présentait son nouveau modèle, destiné à assurer la relève de son Apple II, et donc très logiquement dénommé Apple III. Avec cette nouvelle machine, Apple ciblait très explicitement le marché professionnel : processeur rapide (2 Mhz), mémoire vive étendue (de 128 à 256 Ko), écran haute-définition (80 colonnes de caractères), et gestion de l’écriture en minuscules comme en majuscules. L’Apple III était également le premier ordinateur d’Apple fourni avec son propre écran, conçu par la marque : jusqu’alors, l’Apple II devait être branché sur une télévision ou un écran d’une autre marque.
Face aux difficultés de production et aux pannes subies par les premiers modèles sortis de l’usine, Apple repoussa à plusieurs reprises sa commercialisation. Ce n’est qu’au second semestre 1981 que la production atteint son rythme de croisière : trop tard pour faire face au PC d’IBM, deux fois plus puissant, et aux deux projets internes, le Lisa et le Macintosh, véritables rouleaux-compresseurs en approche.
Si l’on en croit le titre de l’annonce sur eBay, par ailleurs assez peu explicite, ce mini faux iPod est aussi capable d’enregistrer. Il a d’ailleurs une icône de micro sur son écran d’accueil, où l’on découvre aussi une petite radio et… un marteau !
Nous savons tous que Mac OS X, le système qui fait l’originalité du Macintosh (et ses héritiers iOS, tvOS et watchOS), est fondé sur le système NextStep conçu par NeXT et son patron Steve Jobs de 1985 à 1996. Pourtant, le rachat de NeXT par Apple en 1996 avait été une surprise : les pronostics penchaient plutôt pour BeOS, un système créé par l’entreprise Be de Jean-Louis Gassée, lui-même ancien directeur chez Apple.
Dans une conférence donnée en 1991 et publiée sur YouTube, Jean-Louis Gassée revient justement sur cette décision lourde de conséquences. Il explique qu’au moment de ce rachat, NeXT avait déjà abandonné son système NextStep (devenu OpenStep), faute de débouchés commerciaux, pour se concentrer sur WebObjects, son outil de développement de sites web. Si NeXT a offert une nouvelle vie au Mac, c’est grâce à ses développeurs talentueux, comme Avi Tavanian, Bertrand Serlet, qui ont réécrit les bases de Mac OS. Mais avoir de bonnes technologies ne suffisait pas : ce rachat, c’était aussi une manière pour Steve Jobs de reprendre le pouvoir sur Apple et s’en servir pour réussir commercialement là où NeXT avait échoué.
Interrogé sur le choix de NeXT au détriment de Be, Jean-Louis Gassée « remercie le ciel » de cette décision : il détestait le management habituel de la marque (particulièrement celui de Steve Jobs) et n’aurait pas pu s’imaginer à nouveau chez Apple. Bien que déçu pour son entreprise, il aura l’occasion de se consoler par la suite, l’aventure Be se prolongeant durant quelques années.
Owen W. Linzmayer, l’auteur de « Apple Confidential », se remémore ces journées de décembre 1996 où la balance a pesé du côté de NeXT. Gil Amelio, PDG d’Apple, et son bras droit Ellen Hancock, avaient invité les cadres de NeXT et de Be à deux entretiens séparés. Steve Jobs avait confié à Avie Tavanian le soin de démontrer que leur sytème OpenStep avait encore plusieurs années d’avance sur la concurrence, notamment dans les domaines d’Internet et du multimédia. Le lendemain, Jean-Louis Gassée était arrivé en dilettante, persuadé que l’affaire était dans la poche. Résultat : dix jours plus tard, Apple officialisait le rachat de NeXT et le retour de Steve Jobs au bercail, officiellement comme conseiller de Gil Amelio. La suite, on la connaît…