40 ans du Macintosh : ne m’appelez jamais Mac !

L’Aventure Apple a mis la main sur un rare mémo envoyé par le département due com’ d’Apple à tous ses revendeurs et aux représentants commerciaux. Un document datant de mars 1984, par lequel l’entreprise interdisait l’usage de l’abréviation « Mac » pour son petit nouveau, le Macintosh. Le mémo précisait qu’Apple n’avait pas de licence ni d’autorisation pour utiliser ce terme. Par ailleurs, il était aussi demandé de toujours indiquer « Macintosh™ Personal Computer » lors de la première utilisation du terme. On se souvient qu’Apple ne disposait à l’époque que d’un droit d’usage, concédé par le fabricant de matériel audio Macintosh Laboratory.

Preuve de l’importance de ce mémo, il était adressé en copie à Floyd Kvamme, qui n’était rien de moins que l’Executive Vice President of Sales and Marketing de la marque à l’époque !

Don't refer to Macintosh as "Mac"

Les temps ont bien changé d’ailleurs : dans ses « Guidelines for Using Apple Trademarks and Copyrights », Apple indique qu’elle est dorénavant la seule propriétaire de la marque déposée « Mac » et autorise les tierces partie à l’utiliser sous certaines conditions, et notamment pour se référer à la gamme Macintosh.

Des haut-parleurs pour vieux Mac

Voilà un accessoire pour Mac qui gardera tout son mystère. C’est le vendeur ITHistory qui en propose une simple photo de presse sur eBay ces jours-ci. On n’en saura pas beaucoup plus au sujet de ces Macspeakers distribués par PRISMA Computertechnologie Handelsgesellshaft, présentés ici sur un Macintosh SE FDHD. Même Google Books n’arrive pas vraiment à nous en dire plus, la marque Macspeaker semblant plus connue chez un fabriquant californien du nom de Persona Technologies…  On ne saura sûrement jamais comment ces enceintes tenaient miraculeusement à dix centimètres du sol… espérons que ce n’était pas juste avec de l’autocollant double-face !

PRISMA Macspeaker

Rappelons à toutes fins utiles que vous pouvez relier n’importe quel Mac à une chaine hi-fi. Il vous suffit de trouver un câble équipé, à l’une de ses extrémités, d’une prise « jack » mâle stéréo de 3,5 mm ; et à l’autre bout, de deux prises « cinch » mâle (également appelé RCA mâle) — par exemple ici sur Amazon. Vous en trouverez sur internet ou en supermarché pour une poignée d’euros. Et ensuite ? Rien de plus simple : le jack dans la prise « casque » de votre Mac ; les prises « cinch » sur les plots de l’entrée auxiliaire de votre chaîne hi-fi, et c’est tout. Si votre Mac est un peu ancien, il est possible qu’il ne dispose que d’une sortie mono. Pensez à ajouter un adaptateur mono vers stéréo, on en trouve pour une paire d’euros sur Amazon.

Mac to hi-fi : jack & cinch

L’étrange résolution du Classic Couleur

On connaît bien la résolution du Macintosh, dont ont hérité ses successeurs après lui : Macintosh Plus, SE, Classic… Tous ces modèles disposaient d’un écran affichant 342 lignes de 512 pixels. On connaît bien aussi la résolution VGA, très utilisée à la même époque, qui offrait 480 lignes de 640 pixels. Mais quelle mouche avait donc piqué Apple au moment de présenter son Classic Couleur, le premier monobloc de la marque offrant un écran en couleurs ? En effet, ce modèle de Macintosh offrait une résolution de 512 x 384 pixels, plus haute, mais pas plus large qu’auparavant…

Color Classic Tetris Screen
Sur cette image de Retro Treasures, on voit que le jeu Tetris s’affiche avec la barre des menus au-dessus, et un espace libre en-dessous. Sur les anciens Macs, il occupait tout l’écran.

En réalité, le Classic Couleur répondait à une exigence particulière : il était capable d’accueillir une carte d’extension qu’il partageait avec la gamme des Macintosh LC, pour bénéficier de la compatibilité avec les logiciels Apple IIe. Quitte à afficher un écran d’Apple IIe sur l’écran du Classic Couleur, autant le faire dans de bonnes conditions. Apple s’était donc basée sur la résolution de l’affichage de l’Apple IIe (280 x 192 pixel) et avait multiplié par deux ces valeurs, ce qui donnait 560 x 384. Ainsi, chaque pixel de l’Apple IIe était représenté à l’écran par un bloc de 4 pixels, et le tour était joué !

Mais alors, me direz-vous, pourquoi ne pas avoir utilisé également cette résolution de 560 x 384 pixels pour l’affichage du Macintosh ? Tout simplement parce que dans ce cas, l’interface du Mac aurait été déformée. L’écran Sony Trinitron 10 pouces du Classic Couleur était légèrement plus haut que ses prédécesseurs, mais pas plus large. Pour l’affichage de l’Apple II, ce n’était pas un problème, puisque les pixels affichés par l’Apple II (comme par le Lisa) avaient toujours été plutôt rectangulaires. Mais le Macintosh, lui, exigeait des pixels parfaitement carrés. Il fallait donc que chaque pixel soit un peu plus large : au lieu de 560 pixels sur chaque ligne, la carte graphique n’en affichait alors plus que 512.

L’écran du Classic Couleur était limité par Apple à ces deux résolutions, bien que Sony l’ait conçu pour en accepter d’autres. Si vous êtes bricoleur, vous pouvez ainsi obtenir de votre Macintosh Classic Couleur une résolution VGA de 640 x 480 pixels, parfaitement tolérée par l’écran et le système d’exploitation. Il faut sortir le fer à souder, mais depuis le temps que la garantie a sauté, ça ne devrait plus être un problème… Pour le mode d’emploi, c’est sur le site PowerCC que ça se passe !

Macintosh Classic Color VGA upgrade 640x480
Image : PowerCC

Le jour où Apple a failli acheter BeOS

Nous savons tous que Mac OS X, le système qui fait l’originalité du Macintosh (et ses héritiers iOS, tvOS et watchOS), est fondé sur le système NextStep conçu par NeXT et son patron Steve Jobs de 1985 à 1996. Pourtant, le rachat de NeXT par Apple en 1996 avait été une surprise : les pronostics penchaient plutôt pour BeOS, un système créé par l’entreprise Be de Jean-Louis Gassée, lui-même ancien directeur chez Apple.

Image : Wikipedia

Dans une conférence donnée en 1991 et publiée sur YouTube, Jean-Louis Gassée revient justement sur cette décision lourde de conséquences. Il explique qu’au moment de ce rachat, NeXT avait déjà abandonné son système NextStep (devenu OpenStep), faute de débouchés commerciaux, pour se concentrer sur WebObjects, son outil de développement de sites web. Si NeXT a offert une nouvelle vie au Mac, c’est grâce à ses développeurs talentueux, comme Avi Tavanian, Bertrand Serlet, qui ont réécrit les bases de Mac OS. Mais avoir de bonnes technologies ne suffisait pas : ce rachat, c’était aussi une manière pour Steve Jobs de reprendre le pouvoir sur Apple et s’en servir pour réussir commercialement là où NeXT avait échoué.

Interrogé sur le choix de NeXT au détriment de Be, Jean-Louis Gassée « remercie le ciel » de cette décision : il détestait le management habituel de la marque (particulièrement celui de Steve Jobs) et n’aurait pas pu s’imaginer à nouveau chez Apple. Bien que déçu pour son entreprise, il aura l’occasion de se consoler par la suite, l’aventure Be se prolongeant durant quelques années.

Owen W. Linzmayer, l’auteur de « Apple Confidential », se remémore ces journées de décembre 1996 où la balance a pesé du côté de NeXT. Gil Amelio, PDG d’Apple, et son bras droit Ellen Hancock, avaient invité les cadres de NeXT et de Be à deux entretiens séparés. Steve Jobs avait confié à Avie Tavanian le soin de démontrer que leur sytème OpenStep avait encore plusieurs années d’avance sur la concurrence, notamment dans les domaines d’Internet et du multimédia. Le lendemain, Jean-Louis Gassée était arrivé en dilettante, persuadé que l’affaire était dans la poche. Résultat : dix jours plus tard, Apple officialisait le rachat de NeXT et le retour de Steve Jobs au bercail, officiellement comme conseiller de Gil Amelio. La suite, on la connaît…

Publicité : Macintosh IIfx, le plus puissant du monde

Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, voici une pleine page de 1990, parue à l’occasion de la sortie du Macintosh IIfx, le plus puissant des Macs, et le plus puissant des ordinateurs tout court, grâce à son processeur Motorola 68030 à 40 Mhz. Vous savez, ce processeur qu’Apple indiquait au moyen du « x » à la fin du nom de l’ordinateur (à l’exception notable du Macintosh SE/30, et pour cause…).

Nous avons déjà discuté du « Hello » lancé par le Macintosh lors de sa présentation au public, et complété à plusieurs reprises par ses successeurs, qui présentaient un « Hello (again) ». En voici un autre exemple. Un « Hello » plus formel, plus pro, comme la clientèle que visait ce Macintosh aux stéroïdes. Notez également la mention, plutôt rare, de Texas Instrument comme dépositaire de la marque NuBus (le port d’extension interne des Macs de l’époque).

Apple Macintosh IIfx ad

Quand les clones régnaient en maîtres…

Avez-vous connu cette époque où les Macs les plus puissants n’étaient pas produits par Apple, mais par ses partenaires et concurrents, les cloneurs ? Entre 1995 et 1997, Apple avait accordé des licences de Mac OS à des fabricants comme Motorola, Daystar, Power Computing ou Radius, qui proposaient leurs propres machines, parfois moins chères, et parfois mieux équipées que celles d’Apple. Dans les magazines de l’époque, comme SVM Mac, MacWorld ou Univers Mac, on lisait des comparatifs qui n’étaient pas toujours flatteurs pour Apple…

comparatif vitesse clones

En décembre 1996, MacWorld avait élu les modèles les plus rapides dans différentes catégories. Du côté de la publication électronique, c’est le Power Computing Power Tower Pro 225 qui s’en sortait le mieux, tandis que du côté de l’image et de la 3D, c’est le DayStar Digital Genesis MP 720+ qui dominait le classement, et de loin. Il faut dire qu’il comportait quatre processeurs PowerPC 604e à 180 Mhz, un équipement de porte-avion pour un tarif dépassant les 10.700 dollars, près du double du très gros Power Macintosh 9500 multiprocesseur d’Apple.

Et puisqu’on en est à discuter des clones, on ne résiste pas à l’envie de vous offrir une publicité comme on n’en fait plus, avec des liens écrits en bleu et soulignés comme sur le web, un type moustachu qui sourit, et un slogan bien accrocheur : « Avec quatre processeurs PowerPC 604, Genesis MP m’offre une augmentation de 400%. Je trouve de nouvelles manières de gagner plus d’argent grâce à lui ! ». Pour le reste, on vous renvoie vers notre dossier « 1995-1997, La Guerre des Clones » publié cet été sur le Club iGen !

Genesis MP clone

Ce qui ne change pas…

GraphicConverter fait partie des logiciels les plus anciens sur Macintosh. Pensez donc : quand Thorsten Lemke l’a diffusé pour la première fois en 1992, le Système 7 était encore tout neuf, et le Macintosh le plus puissant était le Quadra 950, avec son processeur Motorola 68040 à 33 Mhz.

Dans sa version 2.0 de 1995, GraphicConverter proposait déjà un module de correction de luminosité, contraste et teinte (en anglais, Brightness, Contrast et Hue). En vingt-cinq ans, l’interface de ce module n’a presque pas évolué : c’est bien dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures !

Graphic Converter Luminosité, Contraste, Teinte

Graphic Converter Luminosité, Contraste, Teinte

Deux coûteux souvenirs de Steve Jobs aux enchères

Le site Mac4Ever a dégoté deux beaux souvenirs de Steve Jobs, pour les collectionneurs fortunés. Le premier est un document manuscrit, qui ressemble fort à une fiche technique pour un Apple Computer -I, avec un choix assez étonnant entre trois processeurs : le 6800, le 6501 et le 6502 (c’est ce dernier qui était en fait utilisé par le premier ordinateur d’Apple). Ce document est accompagné de deux polaroïds présentant le circuit électronique de l’ordinateur et l’affichage sur un écran.

Image : Bonhams

Le site de la maison de vente Bonhams précise que ces documents datent de 1976, et que la photographie représente sans doute le second prototype de l’ordinateur, reconnaissable à ses condensateurs oranges, tels qu’il est décrit dans le fameux registre des Apple I de Mike Willegal. Le lot devrait trouver preneur entre 40.000 et 60.000 dollars.

Le deuxième souvenir est le premier numéro de la revue MacWorld, daté de février 1984, et portant un très rare autographe de Steve Jobs (ajouté en 2006). Contrairement à Steve Wozniak, qui a dû signer à peu près tous les supports possibles et imaginables, Steve Jobs était très avare de son autographe, qui pourrait valoir à cet exemplaire de grimper jusqu’aux environs de 10.000 dollars.

MacWorld Steve Jobs

Le site de la maison d’enchères RRAuction propose un certificat d’authenticité après expertise, mentionnant que le magazine a été doté d’un marquage invisible contenant un ADN particulier permettant sa traçabilité. Une vidéo montre d’ailleurs Steve Jobs signant ledit magazine, dans l’Apple Store de la 5è avenue.

La première borne AirPort en France

Et vous, aviez-vous acheté la première borne AirPort d’Apple, commercialisée en 1999 avec le premier iBook ? À l’époque, la norme Wi-Fi IEEE 802.11b était encore confidentielle, et les produits qui l’utilisaient étaient soumis à déclaration et/ou autorisation auprès de l’Autorité de Régulations des Télécommunications (devenue en 2005 l’ARCEP). Cette obligation était rappelée par Apple au moyen d’une étiquette apposée sur le carton.

Borne AirPort Apple en 1999 : produit soumis à déclaration et/ou autorisation auprès de l'Autorité de Régulations des Télécommunications

En pratique, il fallait donc s’adresser à l’ART au moyen d’un formulaire, qui ne valait que pour un lieu précis ! La réponse pouvait être transmise par fax, à l’issue d’un délai de plusieurs jours à plusieurs semaines. L’ART avait d’ailleurs autorisé tacitement, dès octobre 1999, l’usage malgré une absence de réponse de sa part, dans les villes de plus de 50.000 habitants, et soumettait les autres demandes aux Ministère de la Défense, s’agissant d’une bande de fréquences habituellement utilisée par les militaires.

Cette obligation (peu suivie en pratique) durera finalement peu de temps, puisqu’elle sera levée dès le 12 juillet 2000, sous la pression des professionnels utilisant la norme Bluetooth, qui commençait à pointer son nez sur la même bande de fréquences.

Pour en savoir plus : un article du Monde de 2000 sur la concurrence des réseaux civils et militaires ; un article de ZDNet de 2000 sur la libération de la bande des 2,4 Ghz.

Publicité – LaserWriter Couleur 12/600

Le dimanche, c’est publicité ! Cette semaine : une publicité de 1995 pour l’imprimante LaserWriter Couleur 12/600 PS. À 6989 dollars, il s’agissait de l’imprimante la plus coûteuse de toute l’histoire d’Apple, un haut-de-gamme sans aucun compromis. Un mastodonte de près de cinquante kilogrammes, engloutissant plus de 1000 W pour expulser 12 pages par minute en noir et blanc (3 en couleurs) en 600 points par pouces, grâce au système d’impression mis au point par Canon, le premier système laser couleur proposé par Apple.

Tout ça pour obtenir le même résultat qu’un bon shampoing, d’après cette publicité qui occupait la moitié inférieure de deux pages en vis-à-vis.

Publicité pour l'Apple LaserWriter Couleur 12/600 PS : les cheveux sont plus lisses, plus soyeux, plus beaux

Publicité pour l'Apple LaserWriter Couleur 12/600 PS : les cheveux sont plus lisses, plus soyeux, plus beaux

Bon anniversaire le Xserve G5 !

Le 6 janvier 2004, Apple présentait son nouveau serveur de la gamme Xserve, qui accédait au processeur PowerPC G5, six mois après la gamme PowerMacintosh.

Apple Xserve G5

Apple offrait le choix entre un ou deux processeurs G5 à 2 Ghz, et promettait jusqu’à 30 gigaflops de puissance de calcul. En raison de la chaleur dégagée par les processeurs G5, Apple avait été obligée d’augmenter la surface de prise d’air en façade, sacrifiant un emplacement de disque dur pour intégrer deux évents assez disgracieux.

Dans le même temps, Apple avait présenté un système de stockage destiné à accompagner le serveur : le Xserve RAID. De quoi stocker jusqu’à 3.5 Tb de données réparties sur 14 disques durs à la norme ATA/100, ou grimper à plus de 200 Mbits/s en RAID. À l’époque, ça faisait rêver, pour seulement 10,999 dollars pour la version la mieux équipée.

Xserve RAID Storage System 2004 Apple