Les slogans abandonnés par Apple

Vous connaissez forcément le slogan « Think Different » adopté par Apple de 1997 à 2002. Vous connaissez peut-être aussi « Give your dreams a chance » utilisé juste avant. Mais savez-vous qu’Apple a également déposé de nombreux autres slogans au fil du temps, parfois sans même les utiliser ?

Ainsi, l’office américain des brevets a conservé les traces de quelques idées de la marque. En août 1996, à l’époque des Performa 5400 et 6400, Apple dépose « You, a Mac, the World », littéralement « Vous, un Mac, le Monde ». C’était l’époque où la marque se cherchait, ayant connu plusieurs échecs dans la conception de ses nouveaux système Pink puis Copland, et voyant sa part de marcher reculer face au rouleau-compresseur Windows 95 de Microsoft. Le slogan ne sera utilisé que sur une publicité et pour quelques accessoires vestimentaires, comme des t-shirts et des badges, avec des petits dessins rappelant la simplicité du logo Picasso associé au Macintosh. Apple abandonnera ses droits sur la marque dès l’année suivante.

Image : eBay

Difficile de ne pas faire le rapprochement avec la boîte de Mac OS 8.5. Vous, un Mac, le Monde, tout y est sur cette grosse boîte cartonnée qui nous rappelle qu’avant de télécharger gratuitement les systèmes d’Apple sur Internet, on allait les acheter dans les rayons de la Fnac…

Dans le même temps, elle dépose le slogan « Expect the impossible », Attendez-vous à l’impossible, qu’elle ne conservera que cinq mois dans son escarcelle. Il n’était destiné qu’à accompagner la sortie du film Mission Impossible, le premier de la série. Là encore, on n’en trouve trace que sur des t-shirts distribués par la marque en 1996.

Image : eBay

Si on remonte dans le temps, on peut trouver un slogan dédié au Macintosh : « Wheels for the mind », qu’on traduirait par « De l’énergie pour l’esprit », sans pouvoir rendre la finesse de la version originale, où wheel ne désigne pas seulement la roue, mais aussi le gouvernail, les pirouettes, et même une forme conjuguée des verbes diriger ou pousser. Celui-là, Apple s’y est accroché plus longtemps, de 1986 à 2007 pour être précis, bien qu’on n’en trouve de trace officielle qu’au tout début de la période, dans le cadre du programme universitaire de la marque, comme sur cette brochure éditée par l’université de Boston en 1987. Il était lui aussi accompagné d’un logo dans le style du logo Picasso du Macintosh.

Image : eBay

De 1998 à 2012, Wheels for the Mind a été réutilisé par l’AUC, le consortium universitaire d’Apple Australie comme titre de son journal. Depuis, la marque s’est séparée de ce consortium qui a poursuivi son activité sous forme associative.

Les nouveautés de Mac OS 8.5 (avec le symbole € !)

Encore une brochure anglaise aujourd’hui. Cette fois-ci, nous sommes en 1998 et il est question de Mac OS 8.5, une version intermédiaire de Mac OS 8. On ne sait pas ce qui était le plus fou : qu’Apple cite l’intégration du symbole € parmi les principales nouveautés ? ou bien que la copie de fichiers ait été si lente dans les versions précédentes du système ? à moins que ça ne soit l’arrivée des ascenseurs proportionnels, proposés par tous les autres systèmes depuis si longtemps ? Non, le plus fou, c’est qu’Apple proposait toujours son HyperCard Player par défaut, et qu’elle avait même créé une version 2.4.1 cette année-là pour maintenir un semblant de compatibilité bien que l’application n’ait plus guère évolué depuis le début de la décennie.

Brochure anglaise pour Appel Mac OS 8.5 avec Sherlock

Brochure anglaise pour Appel Mac OS 8.5 avec Sherlock

Earth Explorer, l’encyclopédie écolo d’Apple

En 1995, Internet n’était pas encore très répandu. Alors pour se cultiver, on regardait des encyclopédies interactives, comme Microsoft Encarta, ou les encyclopédies Britannica ou Grolier Multimédia. Ou toutes sortes de CD thématiques, comme ce Earth Explorer, un explorateur de la planète Terre produit par Enteractive et distribué par Apple.

Apple 1995 Earth Explorer

À l’époque, les boîtes de CD étaient sacrément plus jolies que leur contenu. Alors que l’encyclopédie elle-même était limitée à une résolution assez étrange de 512 x 384 pixels, en 256 couleurs qui plus est, la pochette avait fière allure, avec ses illustrations colorées et sa citation de Jean-Michel Cousteau, le fils du célèbre commandant Cousteau.

Apple 1995 Earth Explorer CD

Apple 1995 Earth Explorer CD

Apple 1995 Earth Explorer CD

Sinon, côté logiciel, on peine à croire qu’on ait eu plaisir à une époque à naviguer dans ce type d’interface. Les vidéos sont rarissimes, les images sont en résolution timbre-poste, les textes sont présentés sans fioritures, les quizz sont inutilement compliqués, l’interface de navigation est d’une tristesse à mourir, et le moteur de recherche se résume à un glossaire sommaire…

Tout cela, avec son bouton « Home », ses boutons de navigation, ses ascenseurs au style « Système 6 » alors que QuickTime a ses barres de contrôle toutes neuves, cette barre de menus qui disparaît quand ton tape Pomme-Espace… Ça ne vous rappelle rien ? Mais si ! On dirait bien que cette encyclopédie n’est rien d’autre qu’une grosse pile Hypercard… Allez hop, on ouvre Earth Explorer dans ResEdit, l’éditeur de ressources de l’ancien Mac OS, et voilà, il n’y a plus aucun doute ! On est bien face à une série de piles HyperCard ! On retrouve dans les ressources de l’application les menus, les images et même les icônes d’HyperCard, ici utilisé en version 2.2.
Apple 1995 Earth Explorer HyperCard

17 février : bon anniversaire le QuickTake 100 !

Il y a 27 ans, le 17 février 1994, Apple présentait son premier appareil photo numérique, le fameux QuickTake 100. C’était à l’occasion de la MacWorld Expo de Tokyo, dans le pays de Nikon et Canon — et le journaliste de MacUser mettait en garde les fabricants d’appareils photos, promettant une nouvelle ère, celle de la photographie numérique. À 750 dollars (5000 francs français), l’appareil de 0,3 mégapixels n’a pas trouvé son public, mais il a ouvert la voie à la démocratisation de la photo numérique, qui a balayé la photographie argentique — et qui, pleinement intégrée dans le moindre téléphone portable, met aujourd’hui en difficulté les grands noms de l’optique.

Apple QuickTake

Si vous n’avez pas encore pris votre abonnement sur le club iGen, c’est le moment d’y penser : nous avons justement échangé quelques mots avec le designer de ce premier QuickTake, Marc van de Loo, qui a partagé ses souvenirs avec nous. Ce sera pour vous l’occasion de découvrir le QuickTake 1000, projet avorté de successeur à la gamme originale.

Mais tant que vous êtes sur l’Aventure Apple, nous vous rappelons que nous vous avions déjà présenté des publicités pour cet appareil ici et , et en voici deux nouvelles pour fêter cet anniversaire ! Vous remarquerez que ces deux publicités mettent en scène un QuickTake 100 connecté à un PC : le QuickTake était l’un des rares périphériques Apple commercialisé dès l’origine en deux versions séparées, pour Mac ou pour Windows.

Apple QuickTake ad 1994

Apple QuickTake ad 1994

Yum ! Des iMacs de toutes les couleurs ! (votez !)

En ce matin de Pâques, dimanche oblige, c’est publicité ! Aujourd’hui, nous vous présentons une série de brochures et de publicités pour les iMacs colorés commercialisés par Apple en 1999 : fraise, citron vert, mandarine, raisin et myrtille. Avec une question existentielle, qui nous taraude depuis vingt ans : mais pourquoi diable Apple n’a-t-elle jamais traduit l’interjection « Yum ! » par son équivalent français « Miam ! », tellement plus adapté en la matière ?

Apple 1999 iMac colors Yum Miam

Apple 1999 iMac colors Yum Miam

De nombreuses publicités avaient accompagné la commercialisation de ces modèles. Ce premier exemple filait la métaphore culinaire avec l’iMac disponible en cinq parfums.

Apple 1999 iMac colors Yum Miam

Ce deuxième exemple, basé sur le même visuel, demandait de faire le choix entre cinq réponses, toutes se révélant exactes puisque l’iMac était  simple à installer, facile à utiliser, abordable (8852 francs TTC) et disponible en cinq couleurs.

Apple 1999 iMac colors Yum Miam

Enfin, ce dernier exemple mettait l’accent sur la facilité d’accès à Internet. Remarquez la pomme colorée en rouge, une facétie très rare que l’on ne retrouve que sur quelques rares publicités, comme celle qui vantait le PowerMacintosh G3 bleu à la même époque.

Apple 1999 iMac colors Yum Miam

Et vous, quel était votre parfum d'iMac préféré ?

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Publicité – Sylvain Guyomard

Le dimanche, c’est publicité ! Cette semaine, une publicité de 1993 pour les « Trophées Apple », un concours visant à récompenser les meilleurs développeurs de logiciels pour Macintosh. Parmi les récompenses : un Macintosh, ou une semaine au contact d’ingénieurs d’Apple.

Publicité pour les Trophées Apple, avec Sylvain Guyomard

Ce que l’histoire n’a pas retenu, c’est le choix de ce nom, Sylvain Guyomard, par l’agence CLM/BBDO. Un simple nom imaginaire pour illustrer le propos ? Un développeur complice et heureux du clin d’œil ? Un employé d’Apple ou de l’agence de publicité prête-nom pour la campagne ? Si vous avez votre idée sur la question, renseignez-nous en commentaire !

Quel est le lien entre Apple et le DS-7 ?

Évidemment, il y a un piège. Il ne s’agit pas ici de la voiture DS 7, mais du Fujifilm DS-7, un appareil photo numérique présenté par Fuji en septembre 1996. Il avait quelques arguments pour lui : un format de poche, un capteur de 0,3 mégapixels, un mode macro intégré, un focus manuel à trois positions, un sélecteur d’ouverture (ƒ/2.2 ou ƒ/8), un enregistrement sur une carte amovible SmartMedia, et un écran LCD de 1,8 pouces permettant la visée en temps réel et la visualisation immédiate de l’image. On en trouve un modèle actuellement sur eBay pour une quarantaine de dollars (edit : on en trouve un autre, en meilleur état, ici pour 45 euros).

Apple QuickTake aka Fujifilm DS-7

Apple QuickTake aka Fujifilm DS-7

Pas étonnant qu’Apple ait utilisé ce modèle pour concevoir son QuickTake 200 quelques mois plus tard. C’était le troisième représentant de la lignée, après le QuickTake 100 et le QuickTake 150 qui utilisaient un format plat bien moins conventionnel. Mais Apple ne s’était pas contentée de « rebadger » l’appareil de Fuji : elle avait modifié le module de compression JPEG pour offrir une meilleure qualité d’image, chaque fichier de 640 x 480 pixels pesant alors environ 90 kilo-octets.

Apple QuickTake 200 front with box

Apple QuickTake 200 rear with box

Contrairement à l’appareil de Fuji, le QuickTake 200 était livré avec un viseur optique externe, qui venait se fixer au-dessus de l’appareil. Il permettait de viser dans des conditions de luminosité où l’écran LCD peinait à faire son office (scène trop sombre, ou environnement trop lumineux). Étrangement, malgré cet accessoire, il n’était pas possible de couper l’alimentation de l’écran pour économiser la batterie.

Apple Quicktake 200 optical viewfinder

 

Liens : Epi-centre.com ; Manuel utilisateur (en anglais)

Une brochure française pour le Macintosh Plus

À l’occasion de l’anniversaire du Macintosh Plus que nous fêtons aujourd’hui, voici quelques extraits d’une brochure éditée par Apple France en janvier 1986. « Macintosh Plus, une puissante séduction », rien que ça, annonçait la couverture !

Brochure Macintosh Plus Apple France

Un petit regard dans le rétroviseur : en deux ans, Macintosh a mûri et est devenu Macintosh Plus, le fruit des désirs et des besoins de ses utilisateurs.

Brochure Macintosh Plus Apple France

Oui, Macintosh Plus est très rapide, il regorge de mémoire, il a une multitude d’extensions. Mais pour Apple, la puissance n’est pas un but, c’est un moyen.

Brochure Macintosh Plus Apple France

La quadruple-page suivante est intéressante, notamment puisqu’elle présente le logiciel Switcher, qui permet de basculer entre plusieurs applications. Ce geste qui nous paraît naturel était révolutionnaire, d’autant plus que le copier-coller était supporté d’une application à l’autre. De quoi créer nos propres « logiciels intégrés ». Pour la première fois, le Macintosh plus disposait également du port SCSI pour brancher des périphériques à haute vitesse, comme des imprimantes, des disques durs… ou des robots !

Brochure Macintosh Plus Apple France

Brochure Macintosh Plus Apple France

Et la petite blague pour terminer : il y a quand-même une chose qui demande du temps avec Macintosh Plus… énumérer ses périphériques et ses extensions : lecteur externe de disquette, disque dur 20 Mo, imprimante ImageWriter II ou LaserWriter, modems et réseau AppleTalk, sans oublier les lecteurs de disques optiques ou de codes à barres, les interfaces vidéos, les digitaliseurs d’images et les tables traçantes (une époque que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître)…

Brochure Macintosh Plus Apple France

L’héritage d’Excel et d’Hypercard

Plus de vingt ans après leur apparition, on doit bien admettre qu’Excel (de Microsoft) et Hypercard (d’Apple) n’ont pas connu le même destin ni la même fortune. Le premier est encore la référence incontestée du monde des tableurs (et sans doute l’un des logiciels les plus connus toutes catégories confondues), tandis que le second n’a guère gardé qu’une petite place d’honneur dans la mémoire de quelques passionnés (dont nous sommes).

Et pourtant, en avril 1988, au moment de décerner ses récompenses aux produits sortis en 1987, le magazine InfoWorld (dont la version numérisée par Google Books est devenue notre livre de chevet) met les deux logiciels au coude à coude. Excel remporte le prix du logiciel MS-DOS de l’année, tandis qu’HyperCard remporte la catégorie côté Mac. Mais c’est dans les commentaires que l’anecdote trouve toute sa saveur : Excel est vu comme « un reflet du tableur du futur », ni plus ni moins, quand HyperCard est présenté comme « le produit le plus influent de 1987 ». Il remporte également la catégorie ouverte « Meilleure nouvelle idée ».

1987 InfoWorld Hypercard et Excel

Malgré les qualités évidentes du logiciel, l’avenir n’a pas donné raison au jury d’InfoWorld. La polyvalence et le génie d’HyperCard, le bébé de Bill Atkinson, restent pourtant à ce jour inégalés, malgré son échec commercial.

Bon anniversaire le Système 7 !

Le 13 mai 1991, Apple commercialisait officiellement son Système 7, la plus profonde évolution de son système d’exploitation depuis la sortie du Macintosh en 1984. Une mise à jour très attendue et plusieurs fois repoussée depuis son annonce en mai 1989. Évidemment, à l’époque, pas d’App Store ni de téléchargement, mais une grosse boite de deux kilogrammes, à échanger en boutique contre 99 $. C’est avec cette version du système que sont apparus les alias, les familles (devenues les tags), les polices TrueType, la vue hiérarchique dans le Finder, le (presque) multitâche, les AppleEvents, ou encore le fameux mécanisme « Publier / S’abonner » qui devait révolutionner l’informatique comme le Copier-Coller avant lui… Pour tout savoir, rendez-vous dans le Club iGen !

Oui, le Système 7 pouvait aussi se contenter d’un écran en noir et blanc !

 

Système 7
… mais en couleurs, c’était tout de même plus joli !

La pub du dimanche – Le PowerBook G4 17 pouces

Le dimanche, c’est publicité ! Cette semaine : une autre publicité de 2003 pour le PowerBook G4 17 pouces. C’était le premier ordinateur portable à proposer un tel écran, et le premier à offrir un boîtier en aluminium, plus solide que le titane du modèle 15 pouces, dont la peinture avait tendance à s’effriter.

En 2006, Apple assurera même le passage de la gamme aux processeurs Intel, avec le MacBook Pro 17 pouces et son Intel Core Duo à 2.16 Ghz, pour 2899 euros. Après plusieurs mises à jour, le modèle 17 pouces disparaîtra officiellement de la gamme le 12 juin 2012.

Publicité Apple de 2003 pour le PowerBook G4 17 pouces

Un peu de Macintosh XL sur eBay

C’est une annonce assez inhabituelle que nous vous signalons ce matin. On trouve ces jours-ci une offre pour un clavier de Lisa, accompagné par une souris de Macintosh, et une boîte cartonnée de souris du Macintosh XL qui fait le lien entre les deux.

Macintosh XL mouse box, Lisa keyboard

En effet, cette boîte arbore le packaging habituel du Lisa, avec un dessin représentant la souris du Lisa original, alors que le Macintosh XL était équipé de la même souris que le Macintosh. L’étiquette « Macintosh XL » a simplement été ajoutée au-dessus du logo Lisa sur le côté de la boîte !

Macintosh XL Mouse box

Rappelons qu’à la sortie du Macintosh en 1984, les deux gammes avaient été rapprochées au sein de la division « Apple 32 Supermicro » dont nous vous présentons la brochure sur ce blog. Les choses étaient un peu compliquées à l’époque, puisque même après la sortie du Macintosh XL, Apple avait continué d’utiliser des visuels de Lisa, comme sur cette brochure présentant la gamme Apple en septembre 1984… Au moment de fêter les trente ans du Macintosh, Apple avait pourtant bien présenté le Macintosh XL avec sa souris de Mac, dans sa version gris platinum.

Macintosh XLEnfin, si ce carton de souris de Lisa vous intéresse, sachez qu’un exemplaire est en vente, accompagné de son poster d’époque, pour la modique somme de 11.600 dollars… Ne vous précipitez pas, à ce prix-là, l’annonce risque de rester disponible encore longtemps…

Souris Lisa carton