Après notre article « Deux souris noires » où nous avions organisé la rencontre de la souris du Performa 5400 et celle de l’iMac Pro, voici maintenant la rencontre du clavier du même Performa de 1996, et du clavier du Newton MessagePad 2000 commercialisé l’année suivante.
Si le clavier noir du Performa 5400/180 était en tout point identique au clavier beige accompagnant les autres modèles de la gamme, le clavier du MessagePad 2000 était unique en son genre. Marqué à la fois du logo Newton et de la touche pomme, il était conçu pour être particulièrement compact, et se connectait par un port de type Mini-DIN 8-pin, assez proche du port ADB des Macs, mais évidemment tout à fait incompatible… À notre connaissance, aucune version AZERTY de ce clavier n’eut le temps d’être commercialisée, avant son abandon par Apple dès 1998.
Ce clavier ADB noir, c’était quand-même la grande classe, n’est-ce pas ?
Si je vous dis « High Sierra », il y a de fortes chances que vous pensiez à la version 10.13 de Mac OS X, distribuée par Apple à partir de septembre 2017.
Mais si je vous dis que High Sierra était déjà supporté par Apple près de trente ans plus tôt, en 1988, vous en dites quoi ? C’est pourtant ce que l’on découvre dans cet article du magazine InfoWorld paru le 10 octobre 1988. Pour garantir la plus grande compatibilité avec les CD-Roms, la marque y annonçait le support du format ISO High Sierra, également connu sous le nom de HSFS (High Sierra File System). Le Macintosh n’était pas le seul à s’ouvrir à ce format : l’Apple IIGS était également compatible, au moyen de ses File System Translators.
Image : Google Books
Ce format a aujourd’hui complètement disparu : il a évolué rapidement vers le format ECMA-119 puis vers l’ISO 9660 que l’on connaît encore aujourd’hui. Il devait son nom à l’hôtel californien dans lequel s’étaient réunis ses concepteurs en novembre 1985, dans la région montagneuse du même nom. Parmi ces spécialistes, se trouvaient des représentants d’Apple, mais aussi de Microsoft, Philips, Hitachi, ou encore Sony.
Avez-vous, par hasard, 4900 euros (minimum) à dépenser ? C’est la somme à laquelle débute une vente aux enchères d’un lot de 32 ordinateurs Apple vendus par un passionné de Namur, en Belgique. Outre d’assez classiques Apple II et Apple III, on y trouve une belle collection de Macs monoblocs, dont un Macintosh ED et un Macintosh Plus ED (les versions dédiées au monde éducatif), et un grand nombre de déclinaisons du Macintosh SE : FDHD, 1/20, 1/40, Hyperdrive… Sans oublier des manuels, des lecteurs de disquettes et des disques durs externes. De quoi monter un cybercafé 80’s complet ! Ha oui, comptez tout de même 2.000 euros pour la livraison en France. La mise en scène façon « armée de terre cuite » chinoise est du plus bel effet.
On en parlait hier : l’Apple Djinn était un modem issu d’une collaboration entre Apple et France Telecom. On le sait moins, mais la marque Djinn a été plusieurs fois utilisée par France Télécom. D’après l’INPI, l’Institut National de la Propriété Intellectuelle, l’ancien opérateur public l’a déposée le 31 août 1984 pour une vaste liste de domaines en lien avec les messageries informatiques et les télécommunications. Un lecteur pourra-t-il nous renseigner sur le rôle de la Société Anonyme SEROLEC, à l’origine du premier dépôt, renouvelé par France Telecom en 1994 et 2004, puis par Orange en 2014 ?
Ainsi, en 1993, c’est avec IBM que France Telecom collabore pour proposer « un moyen nouveau de vous simplifier la vie ». Avec Djinn, vous transformez votre micro — entendez par là micro-ordinateur, on parlait comme ça à l’époque — en fax, Minitel ou répondeur. Voici une publicité retrouvée (comme les suivantes) sur le site 1001mags.com. Mis à part qu’il était plus moche, ce modèle était finalement assez proche de l’AppleDjinn, avec le haut-parleur en haut, le bouton en-dessous et ses quatre diodes.
Déjà en 1994, la marque Djinn est partagée entre plusieurs modèles. Cette publicité offre par exemple le choix entre l’AppleDjinn premier du nom, le Djinn PCMCIA (un format de carte d’extension pour ordinateur portable, celui-ci était fabriqué avec Zenith Data Systems) et le Djinn pour Windows 3.1 (celui d’IBM).
Il en va de même dans cette publicité de 1996, où l’AppleDjinn Pro côtoie les Djinn Flash 9600 et 14400.
Nous avons aussi retrouvé une carte postale vantant les mérites de « Djinn Internet », avec un numéro de téléphone à dix chiffres permettant de la dater d’après octobre 1996. La coopération avec Apple était donc déjà terminée, mais Internet était encore peu connu, au point que la marque devait préciser qu’il préfigurait « ce que sera la communication de demain : un vaste réseau à l’échelle planétaire, qui permet à chacun de se connecter sur le monde entier via son micro-ordinateur ».
Nous avons également retrouvé ce visuel issu d’un site qui vend des présentoirs en plexiglas… Parmi les brochures présentées, se trouve une réclame pour le modem Djinn Internet 56 000, « pour un accès confortable et rapide à Internet ».
Un modèle moins rapide, à 33 600 bauds, a également existé. Nous l’avons croisé sur le site de la Collection Historique Orange, rattaché à la Fondation Orange qui présente 11 000 pièces dans un espace d’exposition à Soisy-Sous-Montmorency.
Voici encore un autre modem, numeris et USB cette fois-ci, croisé sur un site de petites annonces. Selon toute vraisemblance, il était fabriqué par BeWan, une marque française. Parmi ses arguments de vente, l’accès au Minitel avait encore l’honneur d’apparaître sur le carton !
En 2002, rebelote, avec cette fois-ci un routeur dénommé « djinn bi-accès 4002 », qui porte le nouveau logo de la marque. Ce routeur permettait de connecter quatre ordinateurs entre-eux, ou trois ordinateurs sur un modem ADSL ou câble.
En 2006, Orange tente de relancer la marque avec la box expérimentale Orange Djinn testée en région Midi-Pyrénées, interface entre le modem LiveBox de la marque et une télévision, accompagnée également d’une sorte de grosse tablette (moche). Une manière de profiter de l’ADSL sans PC. On en retrouve par exemple la trace sur un forum de Clubic.
Image : Clubic
En cherchant bien, on peut encore trouver la trace d’un téléphone dénommé Djinn Phone Numeris, qui se raccordait à un PC pour offrir des fonctions de fax, de modem et d’échange de fichiers, en 1996.
Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, nous vous présentons une publicité très inhabituelle, publiée en 1998 par Apple France. Inhabituelle, car les publicités comparatives étaient autorisées seulement depuis une loi de juillet 1993, et les marques étaient encore prudentes avec ce concept très encadré. On y voyait le nouveau PowerBook Série G3 affichant un requin, toutes dents dehors, sous le texte « Prédateur de Pentium ». Dans le texte qui l’accompagnait, on apprenait que « seuls les plus rapides ne se feront jamais dévorer par la concurrence. C’est pour cela que le nouveau Macintosh PowerBook Série G3 est le portable le plus rapide au monde ». Respectant scrupuleusement les conditions de la loi de 1993, Apple précisait ensuite les caractéristiques essentielles, significatives, pertinentes et vérifiables de biens ou services de même nature et disponibles sur le marché : « la performance (du processeur PowerPC G3) est trois fois plus rapide que celle d’un processeur de portable PC », selon le test BYTEmark « Integer Test ».
Malheureusement, nous n’avons plus cette publicité originale, mais seulement une mauvaise photocopie. Peut-être qu’un lecteur pourra nous en faire parvenir une meilleure reproduction ? Par ailleurs, le Journal du Lapin a raconté il y a quelques mois l’histoire de la photographie du requin, dont le photographe Carl Roessler avait cédé les droits à Apple pour un an, et qui a depuis fait le tour du monde.
Au passage, nous en avons profité pour en retrouver une trace très officielle, dans la liste des prix d’Apple de Novembre 1982 d’Apple Grande-Bretagne. À l’époque, il coûtait 26 livres sterling, soit… beaucoup moins cher. Et avec sa boîte.
Aujourd’hui dans notre rubrique d’Astuces : comment personnaliser l’écran d’informations secret qui apparaît dans Mac OS 9 ?
Vous avez toujours rêvé de travailler chez Apple ? C’est — presque — possible, grâce à ResEdit et MacOS 8.5 (minimum)… Ouvrez dans ResEdit une copie du Finder, puis localisez la ressource “SABT”. Toutes les ressources contenues dans celle-ci correspondent aux phrases qui apparaissent quand on demande “A propos de l’équipe de MacOS 8.5” dans le menu Pomme en maintenant les touches Pomme, Option et Ctrl appuyées. Vous pouvez à loisir remplacer les titres et les noms contenus dans chaque ressource, en prenant garde de ne modifier ni le nombre de caractères, ni les emplacements des chaînes de caractères « ^ ^ » qui correspondent aux retours à la ligne. Si jamais vous tapez plus de caractères qu’il n’y en avait à l’origine, vous risquez de voir apparaître des caractères fantaisistes dans l’écran de l’About Box.
Cette astuce a été publiée dans la revue A Vos Mac en 2000.
Cette semaine, c’est la brochure « 35 Macintosh advantages », diffusée par Apple en 1993, qui va nous accompagner. Nous allons passer en revue quelques extraits des comparaisons opposant le Mac aux PC sous Windows 3, que l’on appelait encore à l’époque des « Compatible IBM-PC ».
Dans son introduction, Apple entrait toute de suite dans le vif du sujet : face à la démocratisation des PC offrant une interface graphique, les utilisateurs de Macs sont plus productifs et plus heureux. D’où l’intérêt de présenter ces 35 raisons concrètes, précises et démontrées.
D’ailleurs les utilisateurs ne s’y trompent pas, puisqu’ils sont deux fois plus nombreux à préférer le Macintosh, quand ils ont l’occasion d’utiliser les deux systèmes.
Vient ensuite la première raison de préférer le Macintosh : le logiciel et le matériel du Macintosh fonctionnent ensemble, un argument qui est toujours valable vingt-cinq ans plus tard.
Sans oublier que le système du Macintosh est unifié, quand Windows se compose en réalité de trois éléments : le Program Manager, le File Manager, et l’ancien DOS omniprésent.
Puis viennent ensuite quelques comparaisons entre les deux systèmes, comme la correspondance entre les icônes et leurs fonctions, ou l’usage de la Corbeille qui permet de jeter et de retrouver des fichiers.
Allez, la suite demain !
[tous les épisodes : 1, 2, 3, 4, et 5]
Le dimanche, c’est publicité ! Cette semaine : une publicité de 1983 pour le Lisa. On imagine à peine à quel point cet ordinateur était révolutionnaire à sa sortie : à l’époque, ni la souris, ni l’interface graphique, n’étaient connues du grand public, et leur existence dans les laboratoires de recherche n’était connue que des passionnés d’informatique. Imaginez qu’en ce temps-là, même les agences de publicité découpaient aux ciseaux une copie d’écran pour (mal) l’inclure dans la photo de l’ordinateur ! Au passage, remarquez les deux lecteurs Twiggy de ce premier Lisa, qui seront rapidement remplacés par un seul lecteur 3″1/2 sur le Lisa 2.
De nos jours, si vous souhaitez acheter la suite Office de Microsoft, c’est assez simple : il suffit de se rendre sur son site préféré (par exemple sur Amazon.fr) et cliquer pour acheter, télécharger, et obtenir une licence, en quelques instants.
Il y a quelques années, c’était un peu différent. Il fallait se rendre dans un magasin, comme une bonne vieille Fnac, et se muscler un peu. Car la suite office, c’était un gros paquet cartonné, un cube de 25 cm de côté, contenant les disquettes et les manuels pour installer chaque logiciel de la suite. On en trouve régulièrement sur eBay, comme cette très belle version sous plastique.
Pour bien comprendre ce qui se trouvait dans la boîte, il suffit de jeter un oeil à d’autres annonces proposées sur eBay, comme celle-ci qui donne une idée du poids de papier que l’on achetait à l’époque en même temps que les logiciels :
La version Mac était un peu moins riche que la version Windows. Si on trouvait bien Word, Excel, PowerPoint et Mail, on n’avait pas accès à Microsoft Access, que l’éditeur réservait d’ailleurs à la version professionnelle de sa suite sous Windows.
Et vous, avez-vous connu la transition entre MacOS 9 et MacOS X ? En 2000, il était possible de faire tourner sur nos Macs les deux versions du système d’Apple, l’ancienne s’intégrant parfaitement dans la nouvelle. Ici, la version Public Beta de MacOS X, dans laquelle on a lancé le Finder de MacOS 9 ! Cette manipulation contre-nature fut rendue impossible dès les premières versions définitives du nouveau système : plus question de contourner l’interface (et les sécurités) de MacOS X avec l’ancien Finder.
Les Finder de Mac OS 9 et de MacOS X mélangés, ce n’était pas beau à voir
Pour les bricoleurs du dimanche — ou des jours fériés —, on rappellera que ce blocage pouvait tout de même être contourné dans les versions ultérieures de MacOS X. Il suffisait de dupliquer le Finder (dans le Dossier Système), d’ouvrir cette copie dans ResEdit et de changer son Code Type en APPL et son Code Créateur en XXXX ou tout autre code que celui d’origine. Ainsi, le système était dupé et ne bloquait pas le lancement de ce qui lui apparaissait dorénavant comme une simple application.
On le sait, l’un des principaux points faibles du Mac avant l’apparition de Mac OS X était l’héritage de son développement initial, qu’il traînait comme un boulet et qui le privait d’un vrai fonctionnement multitâche et d’une saine gestion de la mémoire vive. Pourtant, à deux reprises, Apple avait fait de gros progrès sur cette question, malheureusement passés assez inaperçus auprès du grand public.
Ainsi, en avril 1994, lors de la présentation des premiers Power Mac basés sur la puce PowerPC, Apple avait intégré dans les puces de mémoire morte (ROM) un micro-noyau minimaliste, appelé nanokernel, qui s’intégrait entre le matériel et le système d’exploitation, et, pour la première fois, ajoutait une couche d’abstraction qui confinait tous les logiciels, y compris le système d’exploitation lui-même, dans un espace aux privilèges limités.
Ce micronoyau, développé par René Antonio Vega, était notamment en charge du démarrage de l’ordinateur et de l’émulateur 68LC040 indispensable au fonctionnement des logiciels non-optimisés pour le PowerPC, à commencer par le système lui-même. À l’époque, Apple espérait faire évoluer ce nano-noyau pour lui donner un jour le rôle de micro-noyau capable de gérer avec Mac OS le multitâche et la mémoire vive de manière moderne.
Le nanokernel du Power Macintosh, présenté dans le magazine Byte
Quelques années plus tard, le 10 mai 1999 pour être précis, c’est Mac OS 8.6 qui était arrivé avec les promesses de son nouveau micro-noyau. Ce nanokernel promettait de mieux répartir la charge de travail entre les différentes puces des Mac multiprocesseurs. Signe des temps, ce micro-noyau visait également à anticiper la coexistence de la version « Classic » de Mac OS avec le futur Mac OS X, et à mieux gérer la dépense d’énergie des portables PowerBook en régulant les accès au processeur. Un logiciel, PowerMacInfo, permettait de visualiser les tâches exécutées par ce micronoyau.