Quand Apple fait visiter ses usines

Pour rendre l’ordinateur plus humain, Apple a toujours cherché à faire oublier l’envers du décor. Un Macintosh, c’est d’abord une interface et une souris, avant d’être une fiche technique. Ne parlons même pas de mettre les mains dans le cambouis ! À ce titre, Apple montre rarement l’envers du décor : mille Macintosh alignés sur une chaîne de montage, ça n’a rien de glamour, sans compter que cela dévalorise l’utilisateur, qui devient un client parmi des milliers d’autres. Pourtant, à quelques occasions, Apple a communiqué sur ses usines et ses processus de fabrication.

Le site Applelogic a ainsi retrouvé quelques photos des chaînes d’assemblage des Apple II. Celle-ci est localisée en Californie, sans plus de précision.

Apple II Manufacturing Line

Lors de la sortie du Macintosh en 1984, Apple présente au monde l’usine ultra-moderne de Fremont, en Californie, capable d’assembler un Macintosh toutes les 27 secondes ! Une usine entièrement conçue par Apple, uniquement dédiée au Macintosh, et peinte aux couleurs de la marque selon les souhaits de Steve Jobs.

Apple Macintosh Fremont Plant
Image extraite du Livret de Résultats financiers d’Apple pour 1984

On peut découvrir cette même usine dans une vidéo tournée par la firme quelques années plus tard, alors qu’elle était passée à la fabrication des Macintosh SE et Macintosh II.

https://www.youtube.com/watch?v=KUjyh2Fhnuk

Récemment, le New-York Times a consacré un article magnifiquement illustré aux deux tentatives de Steve Jobs d’assembler des ordinateurs sur le territoire américain : en plus de l’usine du Macintosh à Fremont, il avait aussi voulu assembler ses ordinateurs NeXT à quelques centaines de mètres de là, à partir de 1990.

Image : Terrence McCarthy for The New York Times

Plus tard, en 1998, la sortie de l’iMac est accompagnée par ces deux photographies, chargées de démontrer la puissance logistique de la marque. On les trouvait directement sur le site de la marque, à disposition des journalistes, au même titre que les photographies de la machine elle-même.

1998 Apple iMac Manufacturing

1998 Apple iMac Manufacturing

En 2015, le site CultOfMac s’était offert une petite virée dans l’usine de Cork, la seule usine qu’Apple gère directement et sans sous-traitance, en Irlande, pour certains modèles personnalisés d’iMac.

Apple Cork iMac Plant
Image : www.cultofmac.com

En 2013, nouvelle étape : Apple lance son nouveau Mac Pro. Parmi ses arguments marketing, ce nouveau modèle professionnel annonce un assemblage aux États-Unis, une première pour la marque depuis vingt-et-un ans et la fermeture de l’usine de Fremont en 1992. Une vidéo postée par Apple vante la chaîne d’assemblage du nouveau modèle :

Ces dernières années, c’est plutôt vers la Chine que les regards se tournent. Si Apple et ses sous-traitants, notamment Foxconn et Pegatron, ont accepté d’ouvrir leurs usines aux journalistes, c’est pour répondre aux différentes accusations qui les visaient, au sujet des conditions de travail de leurs salariés, du respect des normes de sécurité, ou de l’impact écologique de leurs installations. En 2016, Bloomberg réalisait ainsi un long reportage dans une usine qui emploie des milliers de salariés pour assembler l’iPhone, près de Shanghai.

Shangai Apple Pegatron Plant
Image : www.bloomberg.com

Une communication parfaitement maîtrisée par la marque, qui va jusqu’à mettre en scène les visites de son PDG Tim Cook sur les sites de production de ses produits…

Tim Cook iPhone Zhengzhou
Image : Tim Cook sur Twitter

Apple Bunny et la répétition des touches

On découvre de nouvelles choses anciennes tous les jours ! Prenez un exemple tout simple : que se passe-t-il si vous appuyez longuement sur une touche de votre clavier ? Selon la version de Mac OS et vos réglages, soit la touche se répète comme si vous l’aviez pressée plusieurs fois, soit un menu local apparait pour vous permettre de choisir entre plusieurs déclinaisons du caractère.

Répétition touche MacOS

Cette fonction de répétition d’une touche est prévue depuis le tout premier Macintosh. On trouvait dans les Tableaux de Bord un réglage de la vitesse de répétition et du délai avant activation. En voici un exemple dans le Système 6.

MacOS Key repeat control panel

Mais avant ? Bien avant ? C’était comment ? Eh bien à l’époque de l’Apple II, en 1983, un appui long sur une touche ne faisait rien de particulier. Rien de plus qu’un appui court. On pouvait appuyer pendant cinq minutes sur la touche A, ça ne faisait toujours qu’un seul A à l’écran. Sauf… sauf si on avait acheté et installé le module Apple Bunny de la société Accessory Products Company !

Apple Bunny ad 1983

Ce n’était pas juste un logiciel, mais bien une véritable carte électronique à installer à l’intérieur de l’ordinateur, juste sous le clavier. Elle venait s’interfacer avec la grosse prise qui permettait de relier le clavier et la carte-mère et provoquait une répétition de l’appui en répétant le message électrique transmis par la touche. On trouve sur le site applefritter le témoignage d’un passionné qui a reproduit cette carte avec des composants modernes.

Apple Bunny card 1983

Apple Bunny box

Le configurateur de Macintosh II

Avec l’avènement d’Internet, on a vu fleurir les configurateurs, ces sites web qui permettent de configurer son ordinateur (ou sa voiture) étape par étape, en choisissant les différentes options. Mais comment cela se passait-il en 1988 ? Sur une brochure papier, tout simplement ! Il suffisait de suivre le trait du bout du doigt, du haut vers le bas, et de noter la référence de chaque option souhaitée : M0218 pour passer de 1 à 2 Mo de mémoire vive ; M0213 pour l’extension de mémoire vidéo permettant d’afficher 256 gris ou 256 couleurs ; M0115F pour le clavier étendu. Il y avait même une configuration-type pour utiliser A/UX, le système UNIX développé par Apple à l’époque. Une révolution pour une marque qui avait conçu le Macintosh sans la moindre option !

Macintosh II configurations Apple 1987

Macintosh II configurations Apple 1987

Macintosh II configurations Apple 1987

Brochure : PowerMacintosh, le futur est là !

Ces derniers jours, nous avons discuté du futur, avec une publicitéun clin d’œil au film Retour vers le Futur, puis un article d’Apple News de 1995, alors on reste dans le ton aujourd’hui, avec cette brochure en anglais datant de 1994. « Le futur est là », rien de moins : Apple devient la première entreprise à proposer un processeur RISC (Reduced Instruction Set Computing) au grand public. Le processeur PowerPC est issu d’une alliance entre Apple, IBM et Motorola, et promet de fortes progressions de performance dans les années à venir.

Apple PowerMacintosh : The Future is here

Apple PowerMacintosh : The Future is here

Les pages centrales cherchaient surtout à rassurer les clients : oui, le PowerMacintosh est d’abord un Macintosh, tournant sous le Système 7, et compatible avec tous vos logiciels. Mieux : il ne rend pas les modèles précédents obsolètes, puisque Apple propose des kits de mise à jour PowerPC pour la plupart de ses modèles : LC 475, 520, 550, 575, Macintosh IIvi et IIvx, et toute une brochette de Quadra, Centris, Performa et Workgroup Server. Comme il se doit, un petit comparatif avec la famille Pentium venait enfoncer le clou : moins cher, plus puissant, évolutif et compatible, le PowerMacintosh avait tout pour lui.

Apple PowerMacintosh : The Future is here

Apple PowerMacintosh : The Future is here

Les images d’exemples de la première bêta de QuickTime

On poursuit notre exploration des CD distribués avec les premières versions de développement de QuickTime. Aujourd’hui, on explore les images d’exemple fournies avec la première beta du logiciel, en 1991. Des images « non compressées », d’après le titre du dossier qui les contient…

Évidemment, à une époque où Apple disposait encore de quelques ordinateurs en noir et blanc dans son catalogue, et où les écrans des clients les plus fortunés ne dépassaient guère les 640 x 480 pixels, il ne faut pas s’attendre ni au HDR, ni à la HD…

Apple quicktime beta - Backup the cat image

Quant aux images compressées contenues dans un autre dossier, Big Sur est en plein brouillard et n’y voit plus rien, y compris dans des fichiers siglés « JPEG ». Leur ajouter l’extension correspondante (ou l’extension .pict) n’y change rien. Et GraphicConverter lui-même, pourtant expert dans l’ouverture de vieux fichiers, ne fait pas mieux.

Histoire d’y voir plus clair, on a réinstallé Mac OS 10.7 « Lion », la version de 2011, ce qui nous a permis de constater que les anciennes versions du système n’avaient aucun souci pour afficher ces images, dont Aperçu nous informe qu’il s’agit de fichiers au format QuickDraw.

Quickdraw image

Bon anniversaire Newton !

Le 16 août 1993, Apple commercialisait un produit révolutionnaire, le premier PDA ou « Assistant Personnel Numérique » de l’histoire. Durant les cinq années qui suivront, le MessagePad et la gamme Newton tenteront de porter une nouvelle vision de l’informatique. Un rôle que l’histoire leur déniera.

Publicité What is Newton

Finalement, c’est l’iPhone et l’écosystème iOS qui répondront le mieux, deux décennies plus tard, à la définition qu’Apple donnait de Newton : numérique, personnel, aussi puissant qu’un ordinateur, aussi simple qu’une feuille de papier, communiquant, Newton devait même vous aider à téléphoner, à envoyer des e-mails, à organiser votre journée… Newton était là, et Newton devait rapidement être partout !

La lignée des fonds d’écrans bleus

Le nouveau fond d’écran proposé par Apple pour son dernier iMac vient boucler la boucle des très belles images fournies au début de Mac OS X, il y a vingt ans. Mêmes courbes, mêmes nuances, mêmes transparences… mais beaucoup plus de contraste, ou comment réinterpréter avec brio un classique indémodable !

Mac OS X blue wallpaper
Mac OS X 10.0 et 10.1
Mac OS X blue wallpaper
Mac OS X 10.2
Mac OS X blue wallpaper
Mac OS X 10.3
Mac OS X blue wallpaper
Mac OS X 10.4
Mac OS X blue wallpaper
Mac OS 11.3

Mac OS X silver wallpaper

Mac OS X blue wallpaper

New Macintosh : il faut le voir pour le croire

Aujourd’hui, nous exhumons de notre collection une brochure publiée par Apple Grande-Bretagne et datée de septembre 1997. C’est un petit dépliant vantant les mérites du « New Macintosh », selon le slogan qu’Apple avait adopté en Europe à l’époque. On sentait que quelque chose commençait à se passer : il y avait bien sûr le Spartacus, l’ordinateur des vingt ans d’Apple, mais aussi cette utilisation un peu malhabile d’une nouvelle police d’écriture venant compléter la traditionnelle Apple Garamond accompagnant la marque depuis 1986 (et qui fera encore de la résistance durant près de dix ans).

Apple UK New Macintosh ad 1997

Dans la brochure, on croisait Mac OS 8, première grosse mise à jour depuis 1991, attendue depuis longtemps et signe de la reprise en main du Macintosh par Apple après l’éviction des cloneurs. On trouvait aussi les Power Macintosh 8600 et 9600, le tout-en-un 5500 (en version beige et dans sa très belle version noire), son frère en mini-tour le 6500, le PowerBook 3400 et son petit frère le 1400, ou encore QuickTime et ses différents modules.

Apple UK New Macintosh ad 1997

Une fois la brochure dépliée, Apple profitait de cette grande page A3 pour expliquer tout ce que le Macintosh faisait mieux que tout le monde : l’intégration à Internet, les outils de connexion comme Netscape Navigator 3 et Microsoft Internet Explorer 3, la compatibilité avec les disquettes PC et les cartes de compatibilité Intel, les réseaux LocalTalk, AppleTalk et TCP/IP, le nouveau Finder optimisé PowerPC, ou le design de ses nouvelles tours particulièrement accessible…

Apple UK New Macintosh ad 1997

Apple UK New Macintosh ad 1997

Finalement, dans le New Macintosh, il n’y avait rien de vraiment neuf, à part Mac OS 8. On retrouvait même les dénominations habituelles de la marque, comme le Power Mac Web Authoring Solution ou l’Apple Creative Studio. « Only new Macintosh could be this new », concluait le dépliant : Seul le Nouveau Macintosh peut être aussi nouveau !

Les couleurs de l’an 2000

Vous, je ne sais pas, mais nous, les couleurs de l’an 2000 nous manquent un peu… Nous en avons déjà parlé à plusieurs reprises, avec la publicité Yum ! pour les iMacs colorés, ou avec cette galerie de photographies des souris de l’iMac face aux iPods shuffle colorés.

Aujourd’hui, nous sortons du carton deux supports de communication d’Apple tout aussi colorés. Tout d’abord ce catalogue de logiciels datant de l’an 2000, avec sa couverture à croquer.

Catalogue Apple 2000

On se souvient que Steve Jobs aimait rappeler que l’arrière des ordinateurs Apple était plus beau que l’avant de beaucoup de ses concurrents. Nouvel exemple en page intérieure, avec cette enfilade d’iMacs vus de dos, avec leur poignée caractéristique et leurs couleurs délicieuses : raisin, mandarine, citron vert, fraise et myrtille.

Catalogue Apple 2000

Un autre exemple avec ce CD-ROM intitulé « Mac Software Sampler », qui réunissait des démonstrations de logiciels disponibles sur les iMacs et Power Macs G3 de l’époque. Songez qu’Apple exigeait 32 Mo de mémoire vive et un écran en 640 x 480 pixels pour profiter de ce CD !

Apple_1999_Mac_Software_Sampler_CD

Deux générations de télécommandes

Aujourd’hui, par une simple photographie, nous vous proposons un raccourci entre deux époques et deux styles d’Apple. À gauche, la télécommande fournie avec la carte TV d’Apple en 1994 ; à droite, la télécommande fournie avec les iMacs depuis 2009, puis vendue à part ou avec l’Apple TV. À gauche, du plastique, une boîte en carton recyclé, et de nombreuses touches de fonctions ; à droite, du métal, une boîte très classe, et des fonctions réduites au strict minimum.

Apple Remotes from 1994 ant 2008

Le MacBuffer, pour ne plus attendre que l’impression soit finie

Sur les premiers Macintosh et leurs imprimantes ImageWriter, quand vous lanciez une impression, vous deviez attendre la fin du processus complet avant de reprendre la main sur l’ordinateur. Celui-ci était bloqué pendant tout le temps que durait l’impression, car l’ordinateur envoyait les données au fur et à mesure à l’imprimante, qui confirmait étape par étape ce qu’elle avait fait.

Des entreprises s’étaient donc lancées dans la fabrication d’un boîtier qui se branchait entre l’ordinateur et l’imprimante pour accélérer le processus en stockant en interne les données envoyées par l’ordinateur et en confirmant par avance leur bonne impression sans perdre de temps. En parallèle, le boîtier envoyait les données à l’imprimante, à son rythme à elle.

C’était le cas de ce MacBuffer, repéré ici en 1986. Il fallait compter entre 219 et 489 dollars selon la quantité de mémoire (de 256K à 1 Mb). Grâce à cela, le temps d’impression était largement réduit : de 10 à 3 mn sous Multiplan (l’ancêtre d’Excel) ou sous Jazz, et même de 15 minutes à moins de 2 minutes sous MacPaint. Mieux : le boîtier pouvait se connecter à deux Macs qui partageaient alors la même imprimante !

Pour les habitués du blog, Ergotron est aussi le fabriquant du MacTilt, ce support qui permettait d’orienter le Mac dans tous les sens !

MacBuffer publicité 1986

OpenDoc, pas si simple…

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, disait le penseur. Autant dire qu’en lançant OpenDoc en 1996, Apple n’avait visiblement pas les idées encore très claires sur la meilleure manière d’ouvrir cette technologie révolutionnaire à ses clients. L’idée était plutôt bonne : proposer un format de fichier unique, dans lequel différents types de données sont gérés par autant de modules logiciels, coordonnés par l’architecture OpenDoc. Ainsi, un même document pouvait contenir du texte, un tableau de données, une vidéo, un extrait de site web… Ce fichier pouvait ensuite être partagé entre différents ordinateurs, sous différents systèmes, à la seule condition que les modules logiciels adaptés y soient installés, quand bien même ils auraient été conçus par un autre développeur.

OpenDoc Logo

Résultat : outre le fiasco commercial de cette technologie, qui exigeait une coordination maximale entre des entreprises concurrentes, les rares utilisateurs du module fourni par Apple durent réapprendre les bases même de la manipulation d’un document. Un comble pour l’entreprise qui se vantait d’avoir rendu l’informatique accessible au plus grand nombre ! Jugez-en plutôt sur cet extrait de la brochure “A propos d’OpenDoc” de 1997…

Le manuel d'OpenDoc