Bon anniversaire le PowerBook 180c

Le 7 juin 1993, Apple présentait le PowerBook 180c, le modèle haut-de-gamme de son ordinateur portable. Il n’était pas le premier à proposer un écran en couleurs (le PowerBook 165c était passé par là quelques mois auparavant), mais il le faisait mieux, avec un écran à matrice active et une résolution de 640 x 480 pixels (pour une diagonale de 8.4 pouces).

Le même jour, Apple lançait également le PowerBook 145b, un petit modèle d’entrée de gamme, avec un processeur 68030 à 25 Mhz, un écran en noir et blanc de 9.8 pouces et 4 Mo de mémoire vive.

La pub du dimanche – Le PowerBook G4 17 pouces

Le dimanche, c’est publicité ! Cette semaine : une publicité de 2003 pour les PowerBook G4 12 et 17 pouces. Epoque sympathique où l’on avait le choix entre trois tailles d’écrans dans la gamme d’Apple, sans compter les iBooks qui complétaient l’offre en 12 et 14 pouces d’entrée de gamme.

Le PowerBook G4 12 pouces démarra sa carrière à 867 Mhz, puis grimpa jusqu’à 1.5 Ghz, mais ne passa jamais aux processeurs Intel. Apple préféra faire disparaître ce modèle, en même temps que la gamme iBook, pour lancer son nouveau MacBook 13.3 pouces en 2006.

Publicité pour les PowerBooks G4 12 et 17 pouces d'Apple

La gamme Apple pour Noël 1995

Si vous aviez voulu vous acheter un Macintosh pour Noël 1995, quel modèle auriez-vous choisi ? Le petit Performa 630 avec 4 Mo de mémoire vive pour 7 990 francs TTC ? Ou bien « la Rolls », le Performa 5300 tout-en-un, équipé d’une carte TV et d’un modem, pour 20 890 francs ? Toute la gamme Performa était présentée dans ce magazine Apple News de novembre-décembre 1995. À l’époque, le PowerMacintosh 9500/120 s’affichait tout de même à 53 000 francs TTC…

Gamme Apple Performa 1995

Pour accompagner votre Macintosh, vous pouviez choisir quelques périphériques dans la large gamme d’Apple : un écran 14 pouces pour 2 490 francs, ou 17 pouces pour 5 420 francs ; l’appareil photo numérique QuickTake 150 pour 3 680 francs, ou encore une imprimante laser très haut de gamme pour 6 150 francs. Ou bien le modem-fax Apple Djinn, pour 2 160 francs.

Gamme périphériques Apple 1995

La gamme Apple en 1984 (2)

Le mois dernier, nous vous présentions la gamme Apple telle qu’elle était décrite en avril 1984 dans le « livret de l’employé Apple » en Grande-Bretagne. On y trouvait quatre machines : l’Apple IIe, l’Apple III, le Lisa 2 et le Macintosh. Quelques mois plus tard, en septembre 1984, dans le Dossier du Candidat Revendeur, la gamme a déjà évolué. Exit l’Apple III, et bonjour l’Apple IIc ! Quant au Lisa, il est maintenant un Macintosh comme un autre, sous le nom de Macintosh XL. On fera semblant de remarquer que la photographie n’est pas à jour, puisqu’elle présente encore un écran de Lisa OS…

La gamme Apple en septembre 1984

Bon anniversaire le Macintosh Portable !

Le 20 septembre 1989, il y a tout juste trente ans, Apple présentait son premier Macintosh Portable. Une grosse machine de 7 kg et épaisse de 10 cm, mais équipée d’un écran LCD à matrice active d’une qualité exceptionnelle, et du premier trackball de l’histoire d’Apple (on pouvait le supprimer et installer à la place un pavé numérique).

Cet anniversaire est l’occasion de ressortir de l’étagère l’excellent livre Appledesign : The Work of the Apple Industrial Design Group, dont on a déjà parlé ici plusieurs fois. On y apprend que le Macintosh Portable, sous le nom de code Laguna, s’inspirait du travail d’Alan Kay sur l’informatique portable, qu’il devait son premier design à la volonté de Steve Jobs de faire travailler l’équipe Snow White sur un projet de Macintosh Portable dès 1982, et qu’il avait finalement été réellement mis en route par Jean-Louis Gassée à l’automne 1986, pour proposer un Macintosh SE transportable. Un Mac sans compromis, avec un écran en 640×480 inédit, une batterie longue durée et un disque dur interne, à une époque où ceux-ci n’avaient pas encore été miniaturisés !

Prototypes Macintosh Portable

Pour réussir son pari, Apple se tourne vers Sharp et exige un écran à matrice active presque sans défaut : pas plus de 6 pixels morts pouvaient être acceptés. Sharp devra construire une nouvelle usine pour y parvenir ! La batterie, de son côté, devait être capable d’évaluer sa charge pour l’afficher à l’écran. Il faut donc renoncer aux batteries nickel-cadmium et choisir une batterie au plomb, bien plus lourde. Et ce n’est pas tout : fidèle à son habitude, Gassée veut une machine que l’on peut ouvrir et fermer sans outil. Il faut donc ajouter des clips plastiques un peu partout pour assembler les pièces ! Bref, après plusieurs années de développement et quelques orientations malheureuses, le Macintosh Portable est devenu… gros et lourd. À des années-lumières des premiers projets tout en finesse de l’équipe de design. Il faudra deux années supplémentaires pour qu’Apple peaufine son concept et propose enfin le PowerBook.

Publicité : le poids du son

A l’heure des abonnements Apple Music, Deezer, Spotify et des autres, la musique ne pèse plus rien. Associé au Cloud, même la capacité de stockage des appareils connectés n’est plus un facteur déterminant du nombre de morceaux que vous pouvez écouter. Il est donc amusant de voir dans cette brochure de l’iPod de 4ème génération cette allusion au poids de la musique que peut contenir le petit baladeur de 176 grammes seulement :

40 Go, 10 000 chansons, 255 kg de vinyles, 73 kg de cassettes, 48,5 kg de CD.

Brochure de l'iPod 4G

L’Apple IIc, la meilleure machine à écrire

Amusante, cette publicité qui semble réduire l’ordinateur à une super machine à écrire. On y voit un Apple IIc vendu comme « Apple IIc TypeWriter Plus system », autrement dit, le meilleur outil pour la dactylographie. Le message principal de la publicité joue habilement sur les mots : en anglais, « the error of your ways » est une expression qui signifie « vos mauvaises habitudes » mais la publicité détourne le mot error, qui fait référence directement aux erreurs de frappe sur une machine à écrire.

D’après nos recherches, il s’agirait d’un poster imprimé en 1986 et destiné aux revendeurs Apple. On y voyait donc un Apple IIc, une imprimante ImageWriter II, et le logiciel pfs:write.

Apple IIc Typewriter Plus

Puisque vous ne connaissez sans doute pas ce logiciel PFS:write, voici la page de publicité que son distributeur français Sonotec avait payée pour lui dans la revue Golden d’avril 1985. « Il ne s’appelle pas Hercule mais il est capable d’accomplir beaucoup de travaux ». Ce logiciel rejoignait une famille constituée de PFS:fichier et PFS:graphe. C’était un peu l’Office ou le Claris Works de l’époque.

PFS:texte PFS:write

Les photos d’Apple in Depth 1980 (1)

En 1980, Apple se cherchait encore, n’ayant encore à son catalogue que deux ordinateurs (le vieillissant Apple II+ et son successeur putatif l’Apple III) et une ribambelle d’accessoires. Pour présenter cette gamme, Apple a édité quelques exemplaires d’un catalogue semestriel « Apple in Depth », illustré de très belles photos, de l’époque où ces visuels n’étaient pas encore réalisés en 3D mais photographiés en studio avec un soin particulier apporté aux éclairages. En voici une première série : la suite, demain !

Apple in Depth catalog, fall/winter 1980 : Apple II, Apple III

Apple in Depth catalog, fall/winter 1980 : Apple III

Apple in Depth catalog, fall/winter 1980 : Apple II, Apple III

Les 7 logiciels du Lisa

Dire que le Lisa n’a pas été un grand succès commercial est un euphémisme. Bien que révolutionnaire, cet ordinateur n’a jamais trouvé son public : trop cher à l’origine, il a ensuite été rattrapé par le Macintosh. Bien peu de logiciels ont été créés spécifiquement pour le Lisa. Pourquoi développer des logiciels pour une machine boudée par le public ? D’autant plus quand le message commercial d’Apple consistait à expliquer qu’elle fournissait les sept seuls logiciels indispensables au quotidien…

Les logiciels de la suite Lisa Office ou 7/7
Les manuels des logiciels du Lisa, sur eBay

C’est ainsi que vous trouverez sur eBay le coffret contenant les manuels des sept logiciels proposés par Apple au sein de la suite 7/7 (précédemment connue sous le nom de Lisa Office System). LisaList, LisaCalc, LisaDraw, LisaGraph, LisaProject, LisaTerminal, LisaWrite. Remarquez le style des brochures, directement copié sur celles du Macintosh, dans l’effort d’Apple de rapprocher le Lisa et le Macintosh dans la division des Apple 32 Supermicros.

Une brochure pour les Apple Studio Display

Hier, nous discutions de ce qui ressemblait à un écran Apple Studio Display dans une brochure de… 1987 ! Alors pour ceux qui auraient oublié à quoi ressemblait cette gamme — la première famille d’écrans plats ! —, voici une brochure de 2001 à ce sujet. On rappellera que le modèle de 22 pouces, dénommé Apple Cinema Display,  coûtait tout de même 3999 dollars à sa sortie…

Brochure Apple Studio Display

Brochure Apple Studio Display

Brochure Apple Studio Display

 

Think Different, volé à Jack Kerouac ?

De plus en plus souvent, on lit que le texte de la publicité « Think Different » d’Apple aurait été écrit par un certain Jack Kerouac, auteur américain né en 1922 et décédé en 1969. Plus précisément, le fameux texte de la voix-off « Here’s to the crazy ones » serait extrait, mot pour mot, de son livre Sur la Route (On the Road en version originale). On trouve maintenant des posters, des cartes postales et des images en pagaille à partager sur les réseaux sociaux, avec cette citation et la signature de l’auteur. La publicité est même citée in extenso, dans sa version française, par le guide « Cent romans à avoir lus aux toilettes ».

Jack Kerouac - Here's to the crazy ones

Alors, Apple a-t-elle vraiment volé ce paragraphe complet dans un roman publié en 1957, dont le manuscrit se compose d’un seul rouleau de papier de 36 mètres de long, tapé à la machine à écrire sans le moindre retour à la ligne ?

Pour le savoir, le plus simple est encore de se référer à Google Books, la bibliothèque virtuelle du géant américain. Quand on cherche le terme « Crazy » dans le livre de Kerouac, on en trouve huit occurrences. Aucune ne correspond, de près ou de loin, à la publicité d’Apple.

Et si l’on cherche « mad », un synonyme de « crazy », on trouve une très intéressante tirade, une sorte d’hommage aux fous qui dans la forme n’a aucun rapport avec « Think Different » :

The only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars and in the middle you see the blue centerlight pop and everybody goes “Awww!”

Il est tout de même inquiétant de constater le nombre de sites et d’ouvrages qui ont repris cette information sans jamais ouvrir le livre de Kerouac. Et bien évidemment, aucun de ces livres n’est plus ancien que la diffusion de la publicité d’Apple. Regardez donc les résultats d’une recherche sur « Jack Kerouac To the Crazy Ones » dans Google Books :  une trentaine d’ouvrages associent l’auteur et la citation. Le plus ancien est l’un des chefs d’oeuvre de la littérature de notre siècle : Bunny Tales, un ouvrage de 2006 sur les secrets de la maison Playboy…  Ajoutez le critère de recherche « XXème siècle », et… rien ! Avant l’an 2000, personne n’avait donc eu l’idée de relever cette phrase de l’auteur décédé trente ans plus tôt, quelle surprise !

Mieux : dans Wisdom for the Soul (2006), l’un des premiers ouvrages où l’on trouve la citation de la publicité d’Apple, elle est bien créditée « Apple Computers Commercial », alors que le même ouvrage comporte par ailleurs pas moins de sept citations de Kerouak.

Pour finir de bien rigoler avec le manque de sérieux sur Internet en général, sachez que la même citation est maintenant attribuée à John Chapman (1774-1845) par certains sites… L’erreur est encore plus drôle, puisqu’elle est liée à l’utilisation du texte de la publicité pour illustrer l’icône de TextEdit, un logiciel fourni avec MacOS X. Pour remplir un peu la page blanche, les graphistes de chez Apple y avaient collé le texte de la publicité, en ajoutant « Chère Kate » et en signant « John Appleseed ».

TextEdit icon MacOS X : Here's to the crazy ones

Or John Appleseed est le nom fictif qu’Apple utilise un peu partout dans ses interfaces quand elle a besoin d’indiquer un nom et un prénom. Mais c’est aussi le surnom de John Chapman, un pépiniériste américain qui a couvert de pommiers une grande partie des États de l’est des États-Unis…

En conclusion, sachez que le texte a été écrit par les équipes de l’agence TBWA/Chiat/Day, dirigées par John Siltanen et Lee Clow, qui ont également crédité Steve Jobs parmi les auteurs de la campagne.

Wheels for the Mind

Quand il prend possession du projet Macintosh en 1981, Steve Jobs envisage sérieusement de changer le nom de l’ordinateur sur lequel son équipe travaille. Plutôt qu’une sorte de pomme, il préférerait le nommer Bicycle. Oui, vélo, tout simplement. Car le Macintosh représente à ses yeux tout ce que le vélo a de meilleur. Un outil que l’on n’a besoin d’apprendre qu’une seule fois, et qu’on n’oublie plus jamais. Mais aussi un outil qui prolonge et démultiplie les capacités naturelles de l’Homme.

Finalement, le Macintosh a conservé son nom, mais l’idée de l’associer aux vertus du vélo a été reprise quelques temps plus tard, comme support à l’Apple University organisée par la marque au milieu des années 80. Le Macintosh y devenait ainsi « des roues pour l’esprit ». Ce logo avait été créé par Clement Mok, dont nous vous avons déjà parlé ici. Si un souvenir de cette époque vous intéresse, on trouve ces jours-ci un pin’s « Wheels for the mind », proposé aux enchères à partir de 50 £, soit 60 euros auxquels des frais de port et d’importation s’ajouteront. Si vous l’achetez, envoyez-nous une photo de meilleure qualité !

Pin's Wheels for the mind