Souvenir : QuickTime Pro, l’option payante !

Et vous, avez-vous connu l’époque de QuickTime Pro ? Il s’agissait d’une option payante, apparue avec la version 3.0 de QuickTime en 1998. Jusqu’alors, QuickTime était fourni gratuitement avec tous les Macs : il était même possible d’aller le copier chez le revendeur du coin, avec une simple disquette vierge, comme nous l’avons vu dans une publicité il y a quelques mois. Mais voilà, en 1998, Apple a besoin d’argent et veut rentabiliser son outil multimédia.

Apple QuickTime 5 Pro

Elle scinde donc les fonctions en deux parties : d’un côté, les fonctions de lecture, qui restent gratuites ; de l’autre, les fonctions d’édition et d’exportation, qui nécessitent dorénavant un code de licence, à obtenir sur Internet. Même le mode plein écran deviendra une option payante durant quelques versions ! Sur MacOS 9, comme sur MacOS X ensuite, tous les menus de la version payante sont grisés à l’écran…

Apple QuickTime Pro menus
Bon sang, mais que c’était frustrant, ce truc !

L’arrivée de QuickTime X en 2009 mettra fin à cette version Pro, en supprimant purement et simplement les options de copier-coller dans le logiciel, qui devient un simple lecteur, également capable d’exporter (gratuitement) les vidéos dans plusieurs formats, avec cependant des options moins poussées qu’auparavant.

L’Apple Card, avant l’Apple Card

Depuis quelques jours, l’Apple Card est disponible aux États-Unis. Il s’agit d’une carte de crédit, adossée à une application qui permet de suivre ses dépenses et d’obtenir des ristournes en échange de certains achats. Comme nous aimons bien tendre des liens entre le passé et le présent, nous sommes allés dans nos cartons, et voici ce que nous avons trouvé…

En 1983, Apple diffuse l’une de ses publicités « Inside Apple » dont nous avons déjà parlé. Dans celle-ci, il est largement question de l’Apple Credit Card, qui était toute noire à l’époque. Disponible auprès des revendeurs, elle permettait de repartir avec son matériel Apple sans le payer. On la recevait ensuite par courrier. En 1983, il fallait encore acheter au moins un ordinateur personnel pour en bénéficier, mais cette restriction sera supprimée dès 1984 pour s’étendre à tous les produits disponibles chez le revendeur. Il était possible d’utiliser ensuite la carte pour tout nouvel achat. Bien sûr, il fallait rester dans la limite du crédit octroyé : « nos revendeurs deviennent un peu nerveux quand quelqu’un commande à crédit la moitié de leur stock. Ça se comprend ». Aucune cotisation annuelle n’était exigée.

1983 Apple Credit Card

En 1984, dans une brochure que nous vous avons déjà présentée, on trouvait à nouveau en dernière page quelques lignes sur l’Apple Credit Card. Pour l’obtenir, il suffisait de présenter une autre carte de crédit (Visa, Mastercard, American Epress…) et une pièce d’identité. « Et voici notre cadeau de Noël : vous n’avez pas besoin de rembourser votre crédit. On s’en moque… Jusqu’en février. Et là, on ne s’en moquera plus. Mais alors plus du tout…».

Apple Credit Card

En 1987, il était encore possible d’acheter un Apple II à crédit à l’aide de l’Apple Credit Card devenue toute blanche. Les revendeurs Apple pouvaient octroyer jusqu’à 2.500 dollars de crédit à leurs clients, comme à John Appleseed, le fameux nom générique utilisé par Apple dans de nombreuses publications.

Apple Credit Card 1987

En 1988, Apple proposait également à ses clients professionnels une carte de crédit dite Apple Business Credit Card. Son slogan : Si vous achetez un ordinateur, ne le payez pas… En tout cas, pas pendant trente jours. Dans les petites lignes qui accompagnaient cette brochure, on apprenait que le taux annuel de remboursement s’élevait à 18% tout de même… Cette carte s’appuyait sur les services de General Electric Financial Corporation, la filiale de GE fédérant les activités financières du groupe.

Apple - If you buy a Computer, don't pay for it

Publicité : Pas de grattage, pas de tirage

Le dimanche, c’est publicité ! Cette semaine, voici une publicité publiée conçue par CLM/BBDO pour Apple France en avril 1997. Cet exemplaire est issu d’un grand quotidien national, d’où sa jolie couleur de papier recyclé. Pour l’achat d’un Performa accompagné d’une imprimante jet d’encre StyleWriter 1500 ou 2500, Apple remboursait 1300 francs à ses clients, comme Géraldine Crisnay, qui était à l’époque Junior Art Director chez CLM/BBDO. D’après cette réclame, les clients étaient gagnants à tous les coups : pas de grattage, pas de tirage

Publicité Apple 1997 : pas de grattage, pas de tirage

En 1997, Apple utilisait son slogan « Give your dreams a chance », comme dans cette publicité sur l’avion-boomerang. Un lecteur attentif pourra-t-il nous expliquer pourquoi la traduction du slogan, « Donnez une chance à vos rêves », porte le copyright de Disney en note de bas de page ?

Les marguerites d’Apple

Avant l’invention des imprimantes à laser, comme la LaserWriter commercialisée par Apple en 1985, la seule façon d’imprimer du texte avec une bonne qualité était d’utiliser une imprimante à marguerite (daisy wheel printer en anglais). C’était un outil dérivé de la machine à écrire traditionnelle, reposant sur le même principe : des caractères en relief appuyant un ruban encré sur une feuille de papier. Les différents caractères étaient répartis autour d’une roue, qui tournait pour aligner la bonne lettre face au marteau chargé de la frapper contre le papier.

Apple Daisy Wheel

Apple a commercialisé une telle imprimante en 1983 sous le nom de « Apple Daisy Wheel Printer », pour son Apple III, son Lisa, mais aussi les Apple II+ et IIe (avec une carte d’interface). Capable de frapper 40 caractères par seconde, elle pouvait aussi reproduire des dessins, en utilisant le caractère « point » comme l’aurait fait une imprimante matricielle. L’opération était beaucoup plus lente, et la résolution ne dépassait pas 120 x 48 ppp…

Apple Daisy Wheel

Les marguerites d’Apple proposaient 130 caractères sur une roue en plastique, là où la plupart des concurrents se contentaient de 96. Seul le caractère « point » était métallique, pour lui permettre de résister à la répétition des frappes lors de l’impression de dessins et de graphismes. La police et la taille des caractères étaient inscrits sur la marguerite : pour changer de police, on changeait la roue !

Le Macintosh, Michel Audiard et les Québécois

Il y a déjà bien longtemps, sur l’Aventure Apple, nous vous avions présenté cette préface du manuel de MacWrite, rédigée par Michel Audiard à la demande d’Apple France. Michel Audiard (1920-1985) fut, entre autres, le dialoguiste des Tontons Flingueurs et d’Un Singe en Hiver.

MacWrite préface Michel Audiard Apple 1983

En quelques lignes, ce génie de la langue française et de la réplique culte résume l’esprit de ce logiciel révolutionnaireDéconcerté par l’audio-visuel et halluciné par l’informatique, je sentais se refermer sur moi les portes de l’idiotisme. Entre la pomme de Newton et la pomme d’Apple, j’étais fait comme un rat. Et puis une souris a tout changé ! Désormais je m’ackintosh comme tout un chacun, je m’acpainte comme personne et je m’acwrite comme tout le monde. Bref, me voilà intelligent à l’extrême. Je veux dire : aussi intelligent que n’importe quel enfant de dix ans.

Ce bel hommage a été reproduit dans un autre manuel, le « Supplément aux manuels d’accompagnement du Macintosh », diffusé par Apple Canada pour adapter les manuels français aux spécificités de nos cousins francophones. Voici le paragraphe « Bienvenue dans ce monde merveilleux de Macintosh », à la première page de ce livret. Apple Canada présente le Macintosh comme une machine puissante et docile, qui se soumet à vos volontés. Un ordinateur construit et éduqué pour vous comprendre et faire ce que vous lui demandez. Et avant de vous souhaiter Bon amusement, Apple Canada reproduit la préface de Michel Audiard, présenté comme « un humoriste français ».

Macintosh user manual Apple Canada Audiard

Un ventilateur pour le premier Macintosh

Quand Steve Jobs présente son Macintosh en 1984, il insiste sur le silence exceptionnel de cet ordinateur tout-en-un. Il avait déjà fait le coup avec l’Apple III, mais la conception de celui-ci, avec sa dissipation thermique par une lourde base en fonte, s’était avérée inadaptée. Pour le Macintosh, l’erreur ne sera pas reproduite : le Macintosh se ventilera par convection naturelle, l’air chaud s’échappant par les grilles situées en haut de la machine, remplacé par l’air frais provenant des grilles du bas. Il faut croire que ce n’était pas toujours suffisant, puisque des fabricants d’accessoires proposeront rapidement des dispositifs destinés à ventiler le Macintosh en aspirant l’air chaud par les ouïes situées sous la poignée de transport. C’est ainsi que naîtront le MacFan de Blowhard Industries qui coûtait 120 dollars, ou le Kensington Saver, disponible pour 99 dollars.

Kensington Saver macintosh
Image : Apple Fritter

Ces boîtiers, en évitant la surchauffe du Macintosh, permettaient d’éviter certains soucis liés à sa carte graphique ou à son alimentation. Mieux : dans le boîtier, en plus du ventilateur, on trouvait également un fusible destiné à protéger l’ordinateur des surtensions. Le boîtier disposait donc d’un câble d’alimentation branché sur le secteur, et d’une courte rallonge destinée à alimenter le Mac lui-même (et également un disque dur externe dans le cas de Kensington). On en trouve dorénavant quelques-uns sur eBay, comme ce MacFan pour 30 euros, ou cet autre MacFan, au même prix, ou bien ce Kensington Saver pour 60 dollars seul, ou 140 dollars avec un Macintosh Plus.

Macfan Blowhard
Image : eBay

Apple ayant peu modifié le boîtier de son Macintosh, les mêmes ventilateurs sont compatibles avec les différents modèles qui lui ont succédé : Plus, SE, Classic, Classic II, Performa 200… L’intérêt est cependant limité, puisqu’un ventilateur interne apparaîtra dès le Macintosh SE.

Et si vous vous posez la question : oui, d’autres ordinateurs Apple pouvaient bénéficier du même type d’excroissance. Ainsi, toujours sur eBay, on pouvait trouver récemment ce Kensigton System Saver pour Apple II et Apple IIe ou ce modèle destiné à l’Apple IIgs, à intercaler entre l’unité centrale et l’écran.

Image : eBay
Image : AppleRescue of Denver

Publicité : Technologie CISC ou RISC ?

Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, une publicité de 1994 comparant l’avenir des processeurs CISC et celui des processeurs RISC. On pourrait discuter de la qualité des images, notamment des bosses et des rapiéçages de la chaussée représentant le processeur RISC, mais le message est clair : les processeurs CISC, comme ceux de la famille 68000, sont en bout de course, alors que l’avenir s’ouvre devant les processeurs RISC comme le PowerPC.

Apple publicité 1994 RISC, CISC

Si l’on observe de près la photo de droite, on voit clairement cinq côtes, avant que la route ne s’arrête. Avec le recul, on peut y voir les différentes générations de PowerPC, jusqu’au passage aux processeurs Intel, même si nul ne pouvait imaginer en 1994 les tourments qui accompagneraient la fin du règne des PowerPC douze ans plus tard. Et puis la notion de « générations » pour les PowerPC est assez discutable. Le G5, par exemple, n’était que la dénomination commerciale d’un processeur conçu par Apple et IBM, sans Motorola.

Apple RISC road to the future

Publicité : Macintosh IIfx, le plus puissant du monde

Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, voici une pleine page de 1990, parue à l’occasion de la sortie du Macintosh IIfx, le plus puissant des Macs, et le plus puissant des ordinateurs tout court, grâce à son processeur Motorola 68030 à 40 Mhz. Vous savez, ce processeur qu’Apple indiquait au moyen du « x » à la fin du nom de l’ordinateur (à l’exception notable du Macintosh SE/30, et pour cause…).

Nous avons déjà discuté du « Hello » lancé par le Macintosh lors de sa présentation au public, et complété à plusieurs reprises par ses successeurs, qui présentaient un « Hello (again) ». En voici un autre exemple. Un « Hello » plus formel, plus pro, comme la clientèle que visait ce Macintosh aux stéroïdes. Notez également la mention, plutôt rare, de Texas Instrument comme dépositaire de la marque NuBus (le port d’extension interne des Macs de l’époque).

Apple Macintosh IIfx ad

Un Lynx et un Cougar chez Apple

Vous connaissez bien le puma, le jaguar, la panthère, le tigre, le léopard et le lion, tous ces gros chats qui ont donné leur nom aux versions de Mac OS X, de 2001 à 2012. Mais savez-vous qu’Apple aurait pu aussi utiliser les noms de Lynx et Cougar, qu’elle a même déposés en 2003 ? On trouve leur enregistrement sur le site de l’office américain des marques déposées : ici pour le Lynx, et là pour le Cougar (qu’on appelle d’ailleurs Puma en France, mais pas au Québec, d’après Wikipedia). Faute d’avoir été renouvelés, ces dépôts sont caducs depuis 2007 et 2008.

On ne sait pas vraiment pourquoi Apple a utilisé des noms de félins pour désigner les mises à jour majeures de son système d’exploitation. Il y a peu de doutes sur le fait qu’il s’agissait à l’origine d’un nom de code interne, puisque la mention « Cheetah » de Mac OS X 10.0 n’apparaît nulle part dans la communication interne d’Apple. Ce n’est qu’avec la version 10.2 qu’Apple commencera à accoler le nom du félin au numéro du système, allant même jusqu’à habiller le logo du système avec le pelage de l’animal.

Mac OS X 10.2 Jaguar

Lors du lancement de MacOS X Mavericks, Craig Federighi plaisantera à ce sujet, expliquant avoir été contraint de renoncer à utiliser les noms de félins pour son système, ne souhaitant pas être la première équipe de développeurs retardée par un manque de gros chats, après avoir un temps envisagé de poursuivre la série du Lion et du Mountain Lion (qui est aussi un puma en France, où l’on manque décidément d’imagination), avec le Sea Lion (lion de mer), pas très vendeur…

Un prototype d’eMate 300 sur eBay

Voilà un cadeau qui ne sera pas livré pour Noël. Mais pour « seulement » 9999,99 dollars, vous pourrez vous offrir un prototype d’eMate 300, le fameux ordinateur portable dérivé de la plateforme Newton.

eMate 300 prototype

D’après le vendeur, qui ne donne pas beaucoup d’informations sur l’origine de cette machine, elle n’est plus en état de fonctionner. On remarque évidemment que le clavier et le stylet sont gris au lieu de vert, et que le capot ne porte que la pomme multicolore, sans le nom du modèle. Au verso, l’étiquette précise bien qu’il s’agit d’un prototype, interdit à la revente (hum hum…).

Apple eMate 300 prototype

[mise à jour du 28/12/2018] : l’annonce est de retour sur eBay, à 2500 dollars « seulement » !

Les invitations pour Apple Expo

Aujourd’hui, nous vous présentons quelques-unes des invitations à Apple Expo que nous avons conservées dans notre collection. Nous avons sélectionné celles qui ont marqué le tournant vécu par Apple au retour de Steve Jobs.

Voici donc l’invitation à l’Apple Expo de 1997. Encore très « ancien monde », avec beaucoup de couleurs, beaucoup de polices, et beaucoup de blabla. Pourtant, mis à part son Twentieth Anniversary Macintosh et un MacOS 8 pas si révolutionnaire que ça, il n’y avait pas grand chose à se mettre sous la dent en 1997. Et ce « pas grand chose » portait le nom très éphémère de New Macintosh dont nous avons déjà eu l’occasion de parler.

Invitation Apple Expo 1997

En 1998, les choses changent. La marque se cherche encore, avec des couleurs variées et l’une des dernières apparitions du logo coloré, mais le slogan « Think Different » est là. Et la marque invite en même temps à la conférence de présentation de iMac. Oui, on disait comme ça, à l’époque. iMac n’était pas encore devenu un nom commun. On utilisait le terme iMac comme on utilise un prénom, sans déterminant. On présentait iMac, comme on présente Monique ou Bruno.

Invitation Apple Expo 1997

Invitation Apple Expo 1998 iMac

En 1999, l’invitation est épurée. Le logo arc-en-ciel a disparu. Plus de blabla, plus de slogan, presque plus de couleurs. Reste ce gros rond rouge sorti de nulle part. On aurait pu croire à une foire thématique sur le Japon…

Invitation Apple Expo 1999

L’épurement atteint son paroxysme en 2000 et 2001. On ne cite même plus Paris Expo, et il n’y a même plus le logo Apple. La police Apple Garamond vit ses dernières heures : dès 2003, elle sera remplacée dans la communication d’Apple par la police Myriad, y compris dans le logo Apple Expo.

Invitation Apple Expo 2000

En 2001 d’ailleurs, l’exposition est annulée au dernier moment, en raison des craintes liées aux attentats du World Trade Center survenus quelques jours plus tôt. Apple, une icône du capitalisme américain, n’a voulu faire courir aucun risque aux visiteurs de son exposition.

Invitation Apple Expo 2001