Ceci n’est pas un Spartacus !

On connaît bien le Spartacus, ou Twentieth Anniversary Macintosh, cet ordinateur commercialisé en série limitée en 1997, pour fêter les vingt ans d’Apple, avec un peu de retard… On connaît moins l’histoire de son développement, qui remonte à 1992, quand Apple commence à s’interroger sur la manière d’offrir un successeur au Macintosh Classic Couleur. Mais pas un simple ordinateur, non : un système qui trouverait sa place au salon, comme la télévision et la chaîne hi-fi. Cinq années de recherche s’ensuivirent, sous le nom de code Pomona. Cinq années pour boucler la boucle, imaginer dix modèles différents, et finalement reprendre le premier modèle en mousse de Robert Brunner (inspiré par le danois Bang & Olufsen), et le faire renaître en une réalisation magistrale de Jonathan Ive.

Apple 1993 Spartacus Pomona Concept

Tout cela, on l’apprend dans l’incontournable livre Apple Design : The Work of the Apple Industrial Design Group, dont on a déjà parlé ici plusieurs fois. Vous y retrouverez de nombreuses photos, parmi lesquelles celle-ci, dont la légende précise qu’il s’agit d’un concept lié au déploiement d’une famille Spartacus. Ce modèle aurait eu un petit écran de 10,5 pouces, contre 12 pouces sur le modèle de 1997.

Apple 1993 Spartacus Little Concept

La construction du siège d’Apple France

Vous avez aimé la présentation de la salle de sport d’Apple France en 1993 ? Alors vous adorerez cette vidéo « corporate » de la construction du siège d’Apple France, proposée sur le même compte YouTube. On y retrouve des musiques cataclysmiques, des effets visuels psychédéliques (bon sang, cette pomme qui se promène dans le décor !), et même des ouvriers moustachus. En deuxième partie de film, on a droit à une visite du chantier mené par Bouygues, et à un petit repas sur le pouce en compagnie de Jean-Louis Gassée. La vidéo se termine sur le bâtiment achevé, avec son stock de Macintosh Plus, son vestibule vitré, ses salles de sport et ses bureaux. Les amateurs d’Apple France auront bien sûr reconnu le bâtiment du 12, avenue de l’Océanie, aux Ulis dans l’Essonne. Mais qui saura nous dater son inauguration ? Attention, regarder cette vidéo entièrement peut donner des boutons sur les yeux.

Allez, rien que pour vous, on a aussi retrouvé un article du Monde, daté du 6 janvier 1993, dans lequel l’introduction est consacrée au siège français d’Apple : « Dès le hall d’entrée, une vaste verrière où foisonnent les plantes vertes, vous saisissez l’importance des lieux. Tout est fait pour vous mettre à l’aise. Jusqu’à l’hôtesse qui vous suggère, tous sourires, de prendre un café en attendant que l’on vienne vous chercher. Au siège d’Apple-France, aux Ulis, plaisir et convivialité semblent être au coeur du fonctionnement de l’entreprise ». Pour le lire en entier, il faudra vous abonner !

La naissance d’HyperCard

Le caractère unique et révolutionnaire d’HyperCard conduit naturellement à s’interroger sur la genèse de ce logiciel trop vite oublié par Apple. Les années passant, les anecdotes fleurissent ici ou là, qui permettent d’en savoir plus sur la manière dont les idées sont venues à son génial créateur Bill Atkinson, également papa de MacPaint et inventeur du menu déroulant.

HyperCard en français

Quand il se remémore la création d’HyperCard, bien des années plus tard, Bill Atkinson se souvient surtout d’avoir été inspiré par un trip sous LSD, sur le banc d’un parc. En observant les étoiles, puis les lampadaires, et la lumière qu’ils produisaient, il se mit à penser à toutes ces informations hétérogènes produites dans le monde : celles des poètes, celles des physiciens, des chimistes, des biologistes, des musiciens… Autant de domaines qui ignorent tout les uns des autres, puisqu’ils ne communiquent pas entre eux. Comment donner à tous les gens passionnés le pouvoir d’organiser ces informations pour en partager la connaissance ? Et comment permettre aux lecteurs d’interagir avec les informations qu’on leur transmet ?

Bill Atkinson en 2017

Et voilà comment Bill Atkinson propose à Apple de lui laisser un congé sabbatique pour travailler sur ce concept, la marque bénéficiant en retour d’un droit prioritaire d’achat sur le logiciel qu’il mettra au point. Retiré à son domicile pour mieux se concentrer, il parvient à imaginer une pile de cartes, chacune d’elles contenant des images, des textes, et des boutons qui font quelque chose quand on appuie dessus, comme passer à une autre carte ou une autre pile. Il y ajoute une grande flexibilité, et une accessibilité aux non-programmeurs, qui ne s’intéressent pas à ce qui se passe sous le capot. Il cite notamment l’exemple, déroutant à l’époque, de l’enregistrement automatique : HyperCard sauvegarde l’état de ses piles en temps réel, et ne dispose même pas du menu « Enregistrer » !

Déjà en 1987, interrogé sur sa création, Bill Atkinson la présentait comme un « meccano » logiciel (software erector set) permettant aux non-programmeurs de rassembler des informations interactives. Au fil d’une démonstration complète, il tentait de démontrer la profondeur de son concept, dépassant l’impression première de n’avoir à présenter qu’une sorte d’agenda interactif avec son calendrier et son répertoire téléphonique. Bill Atkinson pouvait ainsi présenter sa fonction de recherche globale, permettant de trouver des chevaux en tapant « Find a Horse », ou de voir d’autres roues en cliquant sur une roue, avant d’effleurer le rôle du langage HyperTalk.

Bill Atkinson en 1987

On le dit souvent, HyperCard a influencé plus tard le créateur du World Wide Web, Tim Berners-Lee (même si le concept de lien hypertexte est bien plus ancien) tandis que le langage HyperTalk a influencé le créateur de JavaScript, Brendan Eich. Bill Atkinson note cependant que dans la philosophie d’HyperCard, les fonctions de consultation et d’édition n’étaient jamais séparées, contrairement au World Wide Web. Tout utilisateur pouvait à tout moment devenir un créateur, et visualiser le code-source des piles diffusées par d’autres créateurs pour s’en inspirer : c’était déjà de l’Open Source, ou GitHub avec vingt ans d’avance !

Quant à nous tous qui avons profité gratuitement d’une version complète d’HyperCard fournie avec chaque Macintosh, souvenons-nous que nous le devons à Bill Atkinson lui-même, qui imposa ce choix à Apple, en renonçant à une large part de ses propres royalties !

Sources :
Interview de Bill Atkinson par TwitBits (YouTube)
Interview par Computer Chronicles (YouTube)
Conférence 2012 sur Fora TV (YouTube)

Drogues Info Service

Souvenir : le tableau de bord « Planisphère »

Et vous, avez-vous connu l’époque où le Système d’Apple proposait un Planisphère parmi ses tableaux de bord, ces petits outils de réglages accessibles depuis le menu Pomme ?

Planisphère Mac OS 8

Ce tableau de bord « Planisphère » affichait une microscopique carte du monde, sur laquelle il était possible de cliquer pour sélectionner des coordonnées géographiques affichées en latitude et longitude, ainsi qu’en fuseau horaire. Ce Planisphère était également capable d’afficher les coordonnées de quelques grandes villes du monde. En cliquant sur « Fixer », il était possible de régler l’heure de l’ordinateur selon le fuseau horaire du point sélectionné. Problème : le Planisphère entrait en conflit avec le tableau de bord « Date et heure » et bouleversait les réglages de l’heure d’été ou d’hiver (comme quoi, ce problème récurent chez Apple ne date pas d’hier…).

Gros plan sur le planisphère de Mac OS

Les développeurs d’Apple avaient d’ailleurs caché une petite surprise : en cherchant « Au milieu de nulle part », le curseur se positionnait dans un recoin du sud de l’océan Atlantique, à 56 degrés de latitude sud et 2 degrés de longitude est.

Publicité : Mac OS 7.6

Le dimanche, c’est publicité en anglais ! Aujourd’hui, voici une publicité un peu bizarre de 1997, vantant la capacité du nouveau Mac OS 7.6 à suivre votre esprit partout où il ira ! Toujours plus intuitif, le nouveau système d’Apple promettait une gestion de la mémoire virtuelle permettant de lancer plus rapidement les applications et les impressions. QuickTime, Open Transport, OpenDoc et CyberDog étaient mis en avant, et comme toujours à l’époque, Apple vantait la compatibilité avec les fichiers Windows qui, promettait-elle, pouvaient être lus sans même l’application d’origine !

Apple 1997 Ad for Mac OS 7.6

Surveiller son langage, de l’Apple IIc à Siri

Trente-cinq ans séparent ces deux images. La première est extraite des « questions / réponses » du manuel de l’Apple IIc, dans sa version française imprimée en 1983. La seconde est évidemment une capture d’écran de Siri sur un iPhone.

Brochure de l'Apple IIc : parler à mon Apple IIc

Siri : dire des gros mots à son iPhone

Publicité : Mac OS, un symbole fort

Parfois, les publicités les plus discrètes sont les plus révolutionnaires. Tenez, prenez cette simple page parue en 1995. Elle ne paye pas de mine, mais elle annonçait un tournant majeur dans l’histoire d’Apple : la naissance de Mac OS, nouveau nom d’un système d’exploitation qui n’en avait pas jusqu’alors. Face à Windows 95, Apple tentait de se refaire une place au soleil, en proposant son système à d’autres constructeurs de PC comme Radius, Power Computing « et bien d’autres encore ».

Apple 1995 Mac OS ad (clones)

Rappelons qu’à l’époque, Apple était empêtrée dans le développement de son système d’exploitation. Le système 7.5, sorti en septembre 1994, ne connaîtra que des évolutions mineures jusqu’à la version 7.6 en janvier 1997. Cette stagnation avait beaucoup à voir avec le développement très ambitieux, et finalement avorté, du système Copland qui aurait dû lui succéder.

Publicité – Le PowerBook 100

Le dimanche, c’est publicité ! Cette semaine, découvrez la première publicité française pour le PowerBook, réalisée en 1991 par CLM/BBDO. Le message est très simple : le PowerBook est parfaitement adapté à votre manière de travailler, puisque les idées vous viennent brusquement, c’est-à-dire n’importe où, n’importe comment.

Publicité pour le PowerBook 100

Publicité pour le PowerBook 100

Yum ! Des iMacs de toutes les couleurs ! (votez !)

En ce matin de Pâques, dimanche oblige, c’est publicité ! Aujourd’hui, nous vous présentons une série de brochures et de publicités pour les iMacs colorés commercialisés par Apple en 1999 : fraise, citron vert, mandarine, raisin et myrtille. Avec une question existentielle, qui nous taraude depuis vingt ans : mais pourquoi diable Apple n’a-t-elle jamais traduit l’interjection « Yum ! » par son équivalent français « Miam ! », tellement plus adapté en la matière ?

Apple 1999 iMac colors Yum Miam

Apple 1999 iMac colors Yum Miam

De nombreuses publicités avaient accompagné la commercialisation de ces modèles. Ce premier exemple filait la métaphore culinaire avec l’iMac disponible en cinq parfums.

Apple 1999 iMac colors Yum Miam

Ce deuxième exemple, basé sur le même visuel, demandait de faire le choix entre cinq réponses, toutes se révélant exactes puisque l’iMac était  simple à installer, facile à utiliser, abordable (8852 francs TTC) et disponible en cinq couleurs.

Apple 1999 iMac colors Yum Miam

Enfin, ce dernier exemple mettait l’accent sur la facilité d’accès à Internet. Remarquez la pomme colorée en rouge, une facétie très rare que l’on ne retrouve que sur quelques rares publicités, comme celle qui vantait le PowerMacintosh G3 bleu à la même époque.

Apple 1999 iMac colors Yum Miam

Et vous, quel était votre parfum d'iMac préféré ?

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Bon anniversaire MacOS 8.1 !

Le 19 janvier 1998, Apple présentait Mac OS 8.1, une mise à jour pas si mineure que ça d’un système d’exploitation tout juste âgé de six mois. Bien sûr, Mac OS 8 avait largement révolutionné l’usage du Mac, avec son interface platinum, son Finder multitâche, ses menus contextuels, ses fonds d’écran en plein format, ou encore le défilement en temps réel du contenu des fenêtres. Mais il restait du boulot à Mac OS 8.1 pour poursuivre la modernisation d’Apple : c’est ce système qui inaugura le format de fichier HFS+, qui ne sera remplacé qu’en 2017 par le format APFS ; c’est aussi lui qui supporta, pour la première fois, les applications « Carbon » prévue pour fonctionner sous le futur système Mac OS X, qu’on appelait encore à l’époque Rhapsody.

Dépliant Mac OS 8.1 français

Mac OS 8.1 ne sera disponible en Europe qu’en mars 1998. Ce dépliant nous replonge dans une époque aujourd’hui totalement révolue. Ainsi, Apple mettait en valeur la compatibilité avec Windows 95 et Windows 3.1, chantait les louanges de ClarisWorks 5.0 et Internet Explorer, et glissait même une discrète mention au logiciel HyperCard (qui n’avait pourtant pas connu de mise à jour majeure depuis 1990).

Dépliant Mac OS 8.1 français

Remarquez qu’à l’époque, le nouveau format HFS+ ne savait gérer que des disques durs de 2 To au maximum. Il faut dire qu’en 1998, un disque dur de 4 Go était déjà tout à fait convenable. Il faudra attendre MacOS 10.2 pour voir cette limite passer à 8 To, puis à 16 To sous MacOS 10.3, et enfin à 8 Exaoctets (soit 8 millions de Téraoctets) sous MacOS 10.5.3…

Le Monsieur Macintosh flippant du CD QuickTime

Mais qu’est-ce qui m’a pris d’aller explorer les CD des premières versions beta de QuickTime ? On y trouve évidemment des tas de films dans des résolutions anémiques, avec des timelapse, des extraits de VHS, et des trucs totalement improbables, comme ce Monsieur Macintosh totalement flippant, le genre à filer des cauchemars aux enfants… Pour qu’il reste lisible sur toutes les plateformes, le voici converti en gif animé !

Mister Macintosh Animated GIF

Le plus dingue, c’est que la plupart des films QuickTime sont aujourd’hui illisibles dans le lecteur QuickTime sur un ordinateur récent : seuls les quelques exemples fournis au format MPEG sont encore exploitables sans passer par une solution de virtualisation et un vieux Mac OS…

Un clavier d’évangéliste sur eBay

Amusante, cette trouvaille sur eBay : un clavier Apple Extended Keyboard II, portant des autocollants du service « Apple Evangelism ». Si le clavier a une apparence tout à fait classique du côté pile, quelques autocollants font tout son intérêt du côté face. On y trouve donc la mention « Property of  Evangelism » et un autocollant le rattachant à Debbi Perez, poste 4-6521, au service APPLE-EVANGELISIM (faute de frappe d’origine…), au sein de la Recherche & Développement, 3 Infinite Loop à Cupertino…

Apple Evangelism Keyboard

Malgré nos recherches, nous n’avons pas trouvé de trace de Debbi Perez chez Apple. Mais ce clavier nous rappelle cette époque où Apple disposait d’un « service d’évangélisme » : une unité chargée de porter la « bonne nouvelle », de convaincre les développeurs d’écrire pour le Macintosh, puis de faciliter les relations entre eux et les équipes d’Apple.

Apple Evangelism Keyboard

Le premier d’entre-eux fut Mike Boich, de l’équipe Macintosh ; le plus connu fut sans doute son collègue Guy Kawasaki, que l’on voyait partout jusqu’au milieu des années 90, et qui obtint même le grade envié d’Apple Fellow, une fonction de guide spirituel au sein de l’entreprise, offert en reconnaissance de la contribution de l’intéressé au développement de l’informatique.