Il y a vingt ans, le premier iMac

Et voilà un coup de vieux, un vrai. Il y a vingt ans tout rond, les premiers iMacs quittaient les boutiques sous les bras (musclés) des premiers clients. À l’époque, il n’y avait pas encore d’Apple Store physiques, et l’Apple Store en ligne n’avait pas un an. On ne le savait pas encore, mais c’était une nouvelle page d’histoire qui commençait à s’écrire, et qui se poursuit aujourd’hui.

Hello Again iMac 1998

L’Apple Card, avant l’Apple Card

Depuis quelques jours, l’Apple Card est disponible aux États-Unis. Il s’agit d’une carte de crédit, adossée à une application qui permet de suivre ses dépenses et d’obtenir des ristournes en échange de certains achats. Comme nous aimons bien tendre des liens entre le passé et le présent, nous sommes allés dans nos cartons, et voici ce que nous avons trouvé…

En 1983, Apple diffuse l’une de ses publicités « Inside Apple » dont nous avons déjà parlé. Dans celle-ci, il est largement question de l’Apple Credit Card, qui était toute noire à l’époque. Disponible auprès des revendeurs, elle permettait de repartir avec son matériel Apple sans le payer. On la recevait ensuite par courrier. En 1983, il fallait encore acheter au moins un ordinateur personnel pour en bénéficier, mais cette restriction sera supprimée dès 1984 pour s’étendre à tous les produits disponibles chez le revendeur. Il était possible d’utiliser ensuite la carte pour tout nouvel achat. Bien sûr, il fallait rester dans la limite du crédit octroyé : « nos revendeurs deviennent un peu nerveux quand quelqu’un commande à crédit la moitié de leur stock. Ça se comprend ». Aucune cotisation annuelle n’était exigée.

1983 Apple Credit Card

En 1984, dans une brochure que nous vous avons déjà présentée, on trouvait à nouveau en dernière page quelques lignes sur l’Apple Credit Card. Pour l’obtenir, il suffisait de présenter une autre carte de crédit (Visa, Mastercard, American Epress…) et une pièce d’identité. « Et voici notre cadeau de Noël : vous n’avez pas besoin de rembourser votre crédit. On s’en moque… Jusqu’en février. Et là, on ne s’en moquera plus. Mais alors plus du tout…».

Apple Credit Card

En 1987, il était encore possible d’acheter un Apple II à crédit à l’aide de l’Apple Credit Card devenue toute blanche. Les revendeurs Apple pouvaient octroyer jusqu’à 2.500 dollars de crédit à leurs clients, comme à John Appleseed, le fameux nom générique utilisé par Apple dans de nombreuses publications.

Apple Credit Card 1987

En 1988, Apple proposait également à ses clients professionnels une carte de crédit dite Apple Business Credit Card. Son slogan : Si vous achetez un ordinateur, ne le payez pas… En tout cas, pas pendant trente jours. Dans les petites lignes qui accompagnaient cette brochure, on apprenait que le taux annuel de remboursement s’élevait à 18% tout de même… Cette carte s’appuyait sur les services de General Electric Financial Corporation, la filiale de GE fédérant les activités financières du groupe.

Apple - If you buy a Computer, don't pay for it

35 avantages du Macintosh (3)

Après les épisodes 1 et 2, voici une nouvelle série d’extraits de la brochure « 35 Macintosh advantages », diffusée par Apple en 1993, qui nous accompagne cette semaine.

Dans ce document comparant le Macintosh aux « compatibles-PC équipés de Windows », Apple cherchait parfois la petite bête, comme dans cette comparaison des étapes à suivre pour renommer un fichier. Apple oublie de préciser qu’il fallait aussi cliquer une première fois sur le fichier, attendre que le nom soit sélectionné, puis le dé-selectionner avant de re-sélectionner la lettre à changer… Une manière de faire tellement déroutante que même Mac OS a fini par disposer d’un menu « Renommer »…

35 Macintosh Advantages Apple 1993

Un autre aspect du système qui était plutôt sympa chez Apple était sa capacité à ne pas exiger d’extension au bout des noms de fichiers. Chaque fichier se souvenait de son type et de l’application l’ayant créé (au moyen d’un code créateur qu’il était possible — mais compliqué — de modifier). Apple a finalement renoncé à ce fonctionnement lors du passage à Mac OS X, et les extensions sont maintenant monnaie courante.

35 Macintosh Advantages Apple 1993

Après ces comparaisons logicielles, venait le moment de comparer les logithèques respectives du Mac et de Windows. Croyez-le ou non, à l’époque, il y avait plus de programmes pour le Mac ! On imagine que le calcul ne prenait pas en compte les applications pour DOS, bien plus nombreuses…

35 Macintosh Advantages Apple 1993

Tout cela, sans même parler de l’incohérence des applications Windows, qui utilisaient des raccourcis-claviers différents…

35 Macintosh Advantages Apple 1993

Allez, la suite demain !
[tous les épisodes :  12, 34, et 5]

Bon anniversaire, iPod+HP !

Il y a quinze ans, le 8 janvier 2004, Carly Fiorina, présidente de la marque HP, présentait à la surprise générale un modèle spécial d’iPod. Il s’agissait d’un iPod de troisième génération, doté par HP d’une couleur particulière, décrite comme un « bleu pale ». La présidente d’HP indiquait même avoir le droit de personnaliser à sa guise la couleur du baladeur !

Carly Fiorina, iPod HP Apple

Finalement, au moment de la commercialisation sept mois plus tard, c’est un simple iPod de quatrième génération qui est présenté par HP, dans sa couleur originale, en 20 ou 40 Go, et porteur du logo HP sur son dos. Pour le reste, c’était un iPod comme un autre, avec même le logo Apple au démarrage…Cet accord commercial entre les deux entreprises ne durera que dix-huit mois, au cours desquels HP adaptera l’iPod mini, l’iPod Photo, et l’iPod shuffle. En parallèle, les PC d’HP étaient livrés avec iTunes pré-installé.

l'iPod Mini+HP
Un iPod mini+HP de la collection de l’Aventure Apple

Cet accord ne sera pas un grand succès pour HP : au plus fort du programme, HP ne dépassera pas les 5% de parts de marchés face à Apple. Au point que des sources bien informées considèrent que Steve Jobs a profité de l’incompétence de Carly Fiorina pour réussir un coup double : faire entrer gratuitement iTunes sur des millions de PC face au Windows Media Store, et engranger ensuite les bénéfices de la vente de musique. Certains considèrent même que le bénéfice moyen lié à iTunes était supérieur à la marge que HP pratiquait sur chaque PC !

Nous avons déjà eu l’occasion de vous parler de cet accord dans un précédent article du blog. Mais nous ne vous avions alors pas dit le plus beau : grâce à cet accord, l’iPod était devenu personnalisable ! HP avait en effet prévu des « tattoos » adaptés à chaque modèle, que l’on pouvait acheter ou imprimer soi-même grâce à des feuilles vierges prédécoupées… Car oui, HP est aussi un fabricant d’imprimantes… La marque avait aussi signé un accord avec Universal Music Group pour proposer des « tattoos » basés sur des pochettes de CD à la mode.

iPod+HP tattoos

Si vous avez quelques euros à dépenser, et un ancien iPod à décorer, vous pouvez encore trouver ces feuilles vierges sur eBay. En voici par exemple un paquet de 10 feuilles pour l’iPod 4G, pour 18 dollars ici ou 20 dollars là.

HP printable tattoos for iPod
Image : eBay

Et si vous avez beaucoup d’argent de côté, vous pouvez envisager de faire une offre pour ce modèle d’iPod+HP 20 Go sur eBay, dans sa boîte jamais ouverte.

iPod + HP 20 GB on eBay
Image : eBay

Liens : BusinessWire ; The Mac Observer ; OperationGadget ; MacWorld ;
[article mis à jour le 13/01/18 avec les informations de Wired, merci PM !]

Une petite astuce de la part d’Alan Kay (ou pas)

Au détour des pages de la revue MacWorld de septembre 1984, nous sommes tombés sur cette sympathique astuce qui permettait de dessiner de manière plus naturelle avec le tout premier MacPaint. Ce qui a attiré notre attention, c’est le nom de l’auteur de l’astuce : s’agit-il du même Alan Kay qui a fêté dimanche ses 80 ans ? L’un des théoriciens les plus prolifiques de l’histoire de l’informatique, fervent défenseur de l’utilisation des interfaces graphiques, père du projet Dynabook, un « manipulateur de connaissance » de la taille d’un livre ordinaire, avec un clavier et un écran. Probablement pas, car l’intéressé n’a sûrement pas émigré au Texas au moment où il rejoignait Apple après un long séjour au Palo Alto Research Center de Xerox… L’astuce n’en reste pas moins très sympathique, avec même une petite explication technique : alors que le crayon produisait un trait continu (si nécessaire en comblant le vide entre deux points si la souris bougeait trop vite), la duplication d’un simple point (avec l’outil lasso et les touches Commande et Option) n’était effectuée par l’ordinateur qu’à intervalles réguliers, permettant de produire un dessin plus naturel, avec des points plus proches ou plus espacés selon la vitesse de déplacement de la souris.

1984 Alan Kay MacPaint Tip

Publicité – L’Apple III

Le dimanche, c’est publicité ! Cette semaine, une réclame de 1980 annonçant la naissance de l’Apple III. Et comme à l’accoutumée, Apple n’y allait pas avec le dos de la cuillère : il vient de se passer quelque chose dans le monde de l’ordinateur personnel. Virtuellement, nous avons tout fait, tout donné à l’Apple III. Avec lui, sous vos doigts, vont se résoudre une infinité de problèmes professionnels. Plus simplement et plus vite que n’auriez imaginé.

Dis papa, c’était comment les mises à jour, avant ?

Aujourd’hui, pour mettre à jour votre système d’exploitation, c’est facile : une visite sur l’App Store, un clic sur la dernière version du système, et l’ordinateur se charge de tout le reste. Le temps d’une grosse copie et d’un redémarrage un peu plus long que d’habitude, et le tour est joué.

La boîte du Système 7 d'Apple - recto

Mais il y a 27 ans, le 13 mai 1991, quand Apple a commercialisé le Système 7, il en allait tout autrement. Le kit de mise à jour vers le système 7, c’était une boîte de deux bons kilogrammes, 12 disquettes et plus de 600 pages de documentation (Référence de Macintosh, Nouveautés du logiciel système 7, Guide d’installation, Guide des réseaux et Initiation à HyperCard). Et il n’était pas possible de faire autre chose pendant la mise à jour : il fallait rester devant l’écran pour introduire les disquettes l’une après l’autre !

La boîte du Système 7 d'Apple - verso

Gérer les fichiers du Finder avec HyperCard

Si HyperCard est assez limité dans sa gestion du contenu des disques, il est tout de même capable de rendre certains services bien pratiques. De plus, en utilisant les capacités des commandes externes, il devient possible d’automatiser des tâches qui pourraient prendre beaucoup de temps.

Manage Finder files with HyperCard

Sans aucune commande externe, il est possible d’ouvrir un fichier et de lire son contenu avec une pile HyperCard :

on mouseUp
  global lefichier, lavariable
  answer file "Fichier à ouvrir ?"
  put it into lefichier
  open file lefichier
  repeat until it is empty
    read from file lefichier for 500
    put it after lavariable
  end repeat
  close file lefichier
end mouseUp

Le script précédent déclare deux variables, demande à l’utilisateur de choisir un fichier, puis ouvre le fichier et copie son contenu, par paquets de 500 caractères, dans une variable. Ensuite, il referme le fichier. À partir de ce moment, il est possible d’utiliser le contenu de la variable et de le modifier comme n’importe quelle suite de caractères. Ensuite, on peut inscrire le contenu de la variable dans le fichier précédent. Si la variable est vide, alors le fichier sera vidé !

open file lefichier
write lavariable to file lefichier
close file lefichier

Avec ces quelques lignes, il devient possible de créer des fichiers texte (de type SimpleText, HTML…) et même des fichiers de tout autre type (JPEG, Mov…) à condition de connaître le format de données correspondant !

Ensuite, pour améliorer encore la gestion des fichiers, il faut utiliser des XCMD (commandes externes) qui permettent de dépasser les limites d’HyperTalk. Parmi les externes indispensables, on trouve GetDir et SetFInfo de Frédéric Rinaldi. Voici par exemple un script qui permet de transformer tous les documents “.htm” d’un dossier en documents GoLive, quel que soit leur format d’origine (Explorer, HomePage…) :

on mouseup
  answer folder "Quel dossier voulez-vous modifier ?"
  put it into ledossier
  put getdir(ledossier,f) into lesfichiers
  repeat with i = 1 to number of lines in lesfichiers
    if line i of lesfichiers contains “.htm” then SetFInfo ledossier & line i of lesfichiers,"t=" & TEXT,"c=" & GoMk
    end if
  end repeat
end mouseup

Remarquez la quatrième ligne qui utilise la XCMD GetDir et qui permet de connaitre le contenu d’un dossier. La septième ligne, de son côté, permet de modifier le type et le créateur d’un fichier. Et voilà comment, après avoir créé 500 pages HTML avec une pile HyperCard, on les modifie en documents GoLive qui, d’un simple double-clic, s’ouvrent dans l’éditeur HTML plutôt que dans SimpleText !

Les remerciements d’Apple Manufacturing

Nous avons déjà présenté une brochure d’Apple Manufacturing, la branche d’Apple en charge de la fabrication des ordinateurs. On y voyait notamment la chaîne de production du Macintosh II, et des cartons de Macintosh SE sur leurs palettes.

Aujourd’hui, nous vous présentons un autre document d’Apple Manufacturing : les remerciements de cette équipe adressés au nouveau client d’un Macintosh. Cette équipe, consacrée à la perfection, invite l’utilisateur à faire part de ses remarques et suggestions, car elle veut qu’il fasse partie de la famille Apple pour les années à venir !

Thanks for choosing Macintosh - Apple Manufacturing

En revanche, il ne nous a pas été possible de déterminer l’origine de ce document, qui nous est parvenu parmi d’autres originaires du Japon. Saurez-vous nous renseigner ?

Avec AOL et Apple, 50 heures d’Internet gratuites !

Si vous n’êtes pas né de la dernière pluie, sans doute avez-vous connu cette courte période, entre 1995 et 2000 environ, où les fournisseurs d’accès à Internet rivalisaient d’investissements pour vous attirer dans leur filets (le jour où l’Aventure Apple sera traduite en anglais, tout le monde appréciera le discret jeu de mot glissé dans cette phrase). Un mois, on vous promettait deux heures gratuites avec Infonie, et le mois d’après, AOL vous en offrait cinq, puis dix. Club Internet en donnait vingt, puis Wanadoo surenchérissait avec trente heures. En 1997, à l’achat d’un Power Macintosh G3 en France, on en était déjà à 50 heures gratuites grâce à Apple et AOL.

Apple AOL 50 heures

Par la suite, on avait même vu des offres à cent ou deux-cents heures gratuites — mais généralement à consommer dans le mois de l’activation du compte. Évidemment, avec l’arrivée de Liberty Surf, Freesurf et Free en 1999, tout ce beau business s’était effondré. En attendant, il fallait toujours installer et configurer pas mal de choses pour profiter d’Internet sur son Mac. Les opérateurs cherchaient donc les opportunités d’être pré-installés sur les machines pour gagner des clients potentiels.

Apple AOL 50 heures

La réduction des fenêtres sous Mac OS 8

Et vous, avez-vous connu l’époque où l’on pouvait réduire les fenêtres de Mac OS 8 (puis de Mac OS 9) à leur barre de titre ? À l’époque, le Dock n’avait pas encore été inventé, et c’était une manière élégante de dégager l’espace à l’écran, pour visualiser l’arrière-plan sans fermer ni déplacer la fenêtre active. On pouvait même réduire ainsi toutes les fenêtres affichées à l’écran en appuyant sur la touche Option avant de cliquer sur l’icône de réduction, située en haut à droite de chaque fenêtre.

Barre de titres sous Mac OS 8

Souvenir – La galère TCP-IP

Et vous, avez-vous connu l’époque où l’accès à Internet sur Mac nécessitait de trouver un fournisseur d’accès compatible, puis de développer des trésors d’ingéniosité, de jongler entre extensions et tableaux de bord, de manier Open Transport, Mac PPP, Config PPP, TCP/IP, Remote Access, et tutti quanti ?

Mac PPP, TCP/IP et compagnie

Mac PPP, TCP/IP et compagnie

Mac PPP, TCP/IP et compagnie

Mac PPP, TCP/IP et compagnie

Mac PPP, TCP/IP et compagnie

Même avec un mode d’emploi comme celui de Basecomac, pas sûr qu’on serait encore capable aujourd’hui de connecter un Macintosh sous Système 7.5 à Internet, en imaginant que des fournisseurs d’accès soient encore compatibles avec les modems 56k… Non, décidément, c’était pas mieux avant…