Sauver Apple, par Gil Amelio

Internet est une médiathèque formidable. Voyez ce qu’on vient d’y retrouver : une courte vidéo de Gil Amelio, tournée en 1996, alors qu’il était patron d’Apple depuis un mois. Une vidéo destinée à expliquer aux partenaires d’Apple comment il comptait offrir à la marque un avenir meilleur.

Le Docteur Amelio commençait par reconnaître qu’Apple avait trébuché, notamment à cause d’erreurs qu’il confessait honnêtement. Ainsi, Apple avait déçu les espoirs liés à ses avancées technologiques : ses équipes devaient rapidement régler les problèmes rencontrés par les utilisateurs et les développeurs. Pour cela, Apple doit se fixer une ligne stratégique claire et connue, en visant ses secteurs d’excellence ; elle doit également assainir ses finances, y compris en se séparant de certains secteurs qui ne font pas partie de sa ligne stratégique ; elle doit enfin s’organiser en interne pour mettre en place cette stratégie.

Bref, Apple doit retourner à ses racines. Apple est cette entreprise qui rend simples des technologies complexes, pour rendre les utilisateurs plus efficaces. Ses produits doivent être épanouissants et amusants. L’utilisateur doit être au centre de l’intérêt de la marque, qui l’a peut-être oublié. Et voici l’ordonnance du Docteur Amelio : simplifier la gamme tout en conservant son avance technologique ; s’attacher à la valeur ajoutée pour l’utilisateur ; délivrer un message publicitaire plus clair et plus intense ; permettre aux développeurs tiers d’être plus rentables ; et réorganiser l’entreprise et ses processus.

Les années 80 et 90 sont derrière nous. Les règles changent. Apple doit mener le changement et l’offrir à ses utilisateurs : communications, multimédia, simplification de l’interface (Amelio veut que l’ordinateur s’adapte à l’utilisateur et non plus l’inverse). Et Amelio de rassurer son public : vous pouvez continuer d’avoir confiance en nous, nous prenons en compte vos besoins, et nous continuons d’imaginer de superbes nouveaux produits.

Publicité : le PowerBook 145B, plus plus plus !

Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, voici une page de 1994 pour le PowerBook 145B, modèle sorti en mars 1993 pour occuper l’entrée de la gamme de portables d’Apple. À seulement 1300 dollars, il fut l’un des PowerBook les moins coûteux de l’histoire d’Apple, mais aussi le plus chichement équipé de l’époque, avec un processeur 68030 à 25 Mhz, 2 Mo de mémoire vive et un petit écran 10 pouces à matrice passive, en noir et blanc… Mais il faisait le job, et pour pas cher en plus !

PowerBook 145B publicité

Un G3 et un G4 dans le même Mac !

… et aussi un G1, et un G2. Désolé.

Macintosh IIsi motherboard

Il s’agissait de quatre quartz de chez Saronix, de simples composants électroniques en charge d’osciller à une vitesse déterminée pour fournir une base de temps à l’ordinateur, ici un Macintosh IIsi. Il était d’ailleurs possible de remplacer le premier d’entre-eux, cadencé à 40 Mhz, par un modèle plus rapide, afin d’accélérer le fonctionnement de tout l’ordinateur. Ainsi, un quartz à 50 Mhz permettait de passer le processeur de 20 à 25 Mhz. Si vous voulez en savoir plus, voici un article de 1994 (en anglais) qui vous renseignera.

Un prototype de Macintosh dans Coco de Pixar

Pour une fois, pas besoin d’être très observateur pour remarquer l’apparition d’un Macintosh dans le dernier film des studios Pixar et Disney, « Coco ». Quand Miguel arrive dans le Monde des Ancêtres, la secrétaire dispose sur son bureau d’un Macintosh d’origine en parfait état de marche. Du moins, jusqu’à ce que Mama Imelda s’y attaque à coups de bottines, en le traitant de “boîte à bêtises” !

En revanche, difficile de savoir de quel modèle il s’agit : la face avant étant démunie de toute mention, il s’agit sans doute d’un Macintosh antérieur au Macintosh Plus, qui portait son nom à côté du logo Apple. L’arrière du Macintosh de Coco permet d’exclure le tout premier Macintosh, puisqu’il porte en partie haute un rappel du logo ainsi que son nom suivi de quelques caractères rouges, une caractéristique limitée aux Macintosh 128k et 512k, les versions qui succédèrent au Macintosh original en septembre 1984.

Reste un souci de taille : le modèle de Coco dispose de deux prises d’air, quand le Macintosh 128 n’en avait aucune, et le 512, une seule. Alors la conclusion s’impose : le Monde des Ancêtres dispose d’un prototype de Mac jamais vu sur Terre !

Le Monsieur Macintosh flippant du CD QuickTime

Mais qu’est-ce qui m’a pris d’aller explorer les CD des premières versions beta de QuickTime ? On y trouve évidemment des tas de films dans des résolutions anémiques, avec des timelapse, des extraits de VHS, et des trucs totalement improbables, comme ce Monsieur Macintosh totalement flippant, le genre à filer des cauchemars aux enfants… Pour qu’il reste lisible sur toutes les plateformes, le voici converti en gif animé !

Mister Macintosh Animated GIF

Le plus dingue, c’est que la plupart des films QuickTime sont aujourd’hui illisibles dans le lecteur QuickTime sur un ordinateur récent : seuls les quelques exemples fournis au format MPEG sont encore exploitables sans passer par une solution de virtualisation et un vieux Mac OS…

Bon anniversaire « Test drive a Macintosh »

Le 8 novembre 1984, devant les ventes décevantes du Macintosh, le PDG d’Apple John Sculley lance la campagne « Test Drive a Macintosh » : un « essai sur route » comme on les connaît dans le domaine de l’automobile, pour permettre aux particuliers d’emmener un Mac chez eux pour l’essayer durant 24 heures, avec une disquette de démonstration et un guide enregistré sur une cassette audio. L’espoir de Sculley : qu’un maximum d’entre-eux préfère acheter la machine plutôt que la ramener au magasin.

Apple Test Drive a Macintosh 1984 ad
Un extrait de la campagne de publicités du numéro de novembre/décembre 1984 de Newsweek

Une simple visite chez le revendeur du coin, un numéro de carte bancaire en garantie, et 200.000 amateurs participent à l’opération aux Etats-Unis. Beaucoup de paperasse pour les revendeurs, des Macs qui se baladent de testeurs en testeurs pendant que les véritables clients attendent leurs livraisons, et finalement, peu de testeurs convaincus : comme le rappelle Owen W. Linzmayer dans Apple Confidential 2.0, cette opération fut un véritable échec.

La vie était belle en numérique… en 2003

Voici une brochure que les nostalgiques de l’Apple des années 2000 apprécieront à sa juste valeur. Elle n’est pas bien grande, puisqu’elle occupe le tiers d’une feuille A4, mais elle présente certains des produits les plus emblématiques de l’époque : le magnifique iMac G4 « Tournesol », le tout petit PowerBook 12 pouces, l’iPod (de deuxième génération), le grand iBook 14 pouces, un Mac OS X encore tout velu, la borne AirPort Extreme en format OVNI, et même l’eMac, dernier écran cathodique de l’histoire d’Apple !

Brochure Apple 2003, la vie est belle en numérique

Brochure Apple 2003, la vie est belle en numérique

Les guides de l’utilisateur Macintosh Plus

Nous l’avons dit à l’occasion de l’anniversaire du Macintosh Plus, que nous fêtons aujourd’hui : avec 1826 jours au catalogue, ce modèle a connu plusieurs évolutions dans la gamme et le marketing d’Apple. Tout naturellement, son manuel utilisateur a évolué lui aussi, reflétant les choix graphiques de la marque.

Apple Macintosh Plus owner's guides 1986 / 1988

En 1986, son premier manuel présentait une photo en couleurs, écran allumé. En 1988, l’image était passée en noir et blanc, comme sur les cartons (à la différence près que, sur les cartons, la pomme était toute rouge). Entre les deux, il y avait également eu cet autre modèle que vous pouvez retrouver sur eBay (ici à 40 dollars, là à 86 dollars canadiens).

Apple Macintosh Plus owner's guide
Image : Pinterest

La brochure française de Mac OS 8

Cela faisait un moment que nous n’avions plus publié de brochure française. On va essayer de se rattraper, et on commence avec ces quatre pages vantant les mérites du tout nouveau Mac OS 8, commercialisé en 1997. Une bien belle mise à jour, d’ailleurs, et attendue de longue date après les mésaventures du Système 7. Mac OS 8, c’était vraiment toute une époque de bouleversements pour Apple. Bien sûr, il y avait Rhapsody en préparation, mais aussi les dernières apparitions de Claris avant son retour dans le giron de la maison-mère. Dans le même style, on trouvait aussi ce dépliant reprenant les principaux arguments pour choisir Mac OS 8 et cette publicité vantant un Mac OS 8 aphrodisiaque.

Parmi les nouveautés de Mac OS 8, on trouvait évidemment une nouvelle interface, mais aussi un Finder multitâche optimisé pour le processeur PowerPC, les fenêtres-tiroirs, les dossiers à ouverture automatique, les menus contextuels, et l’intégration de Java pour utiliser des applications « universelles ». Internet Explorer et Netscape Navigator étaient tous les deux du voyage, tout comme les traducteurs MacLink Plus intégrés pour ouvrir toutes sortes de fichiers sans disposer de l’application d’origine — et notamment des fichiers venant de Windows. Et spécialement pour nous, France Télécom avait conçu un kit de connexion Wanadoo 3.0 pour se connecter facilement à Internet.

Brochure française Apple Mac OS 8

Brochure française Apple Mac OS 8

Brochure française Apple Mac OS 8

Brochure française Apple Mac OS 8

Les dessins vectoriels d’Apple

Se plonger dans de vieux documents CD d’Apple est souvent un peu déprimant quand on veut faire vivre un blog plutôt visuel. Jusqu’au début des années 2000, la marque se donnait peu de mal pour proposer de belles images d’illustration. Sur des écrans en 800×600, n’importe quelle image lilliputienne paraissait déjà tout à fait convenable. Ce n’est qu’à partir de l’iMac que la marque a vraiment pris soin de communiquer des images en haute définition de ses produits. Et quand elle proposait un document PDF, elle compressait généralement les photos pour qu’elles s’affichent à la résolution de l’écran de l’époque, interdisant tout réemploi sur nos écrans gigantesques et hautement définis.

PowerBook 2400c

Mais parfois, on a une bonne surprise : dans certains de ses documents, Apple avait recours à des illustrations vectorielles, qui ont traversé le temps (presque) sans encombre et s’affichent en pleine résolution sur nos écrans Retina. Voici par exemple le PowerBook G3 et le Power Macintosh 6500 de 1997 :

PowerBook G3 vectorielle

Power Macintosh 6500

Souvenir de l’époque où Apple apposait son logo sur des imprimantes fabriquées par des spécialistes du secteur pour mieux les vendre à ses clients, voici les Color StyleWriter 2500 et 4100 :

Apple StyleWriter imprimantes

Moins connue, voici la LaserWriter 800/810, un monstre basé sur la Fuji Xerox XP 20, avec ses trois bacs à papier. Un modèle de 1993, atteignant les 800 points par pouces et les 20 pages par minute, au prix d’une consommation de 560 watts et d’un poids de 36 kg !

LaserWriter 810

Autre monstre, le Quadra 950, fleuron de la gamme avant le passage aux processeurs PowerPC. Celui-ci était équipé d’un Motorola 68040 à 33 Mhz, il pouvait accepter 256 Mo de mémoire vive, et avait accueilli en son temps le premier disque dur de 1 Go !

Apple Macintosh Quadra 950

Et pour finir, voici l’emblématique tout-en-un du milieu des années 90, le Power Macintosh 5500, dernier représentant de cette gamme qui a fait le bonheur de tant de familles et d’établissements scolaires avant l’arrivée de l’iMac.

Power Macintosh 5500

Des GIF animés des années 2000

Au gré de nos pérégrinations sur l’extraordinaire site Wayback Machine de Archive.org, nous avons récupéré quelques-unes des bannières animées qui égayaient la page de bandes-annonces QuickTime (dont nous vous parlions hier) durant les années 2000. Des couleurs, des formes… tant de souvenirs !

En 2001, la marque mettait en valeur ses produits, ses logiciels, non sans vanter au passage quelques produits tiers : appareils photos, caméscopes, organisateur Palm, discman… L’iPod n’arrivera qu’à la toute fin de l’année !

Bannière software store

Bannière iMacBannière New iBook

En 2002, Apple est toute tournée vers sa campagne publicitaire « Switch », qui présentait des utilisateurs de Windows ayant basculé vers le Macintosh.



En 2003, Apple a l’occasion de présenter quelques nouveaux services et produits : l’iTunes Music Store, Final Cut Pro 4, une nouvelle petite réduction sur Office, et les silhouettes noires de l’iPod !

À partir de 2004, les bannières prennent un peu d’ampleur. En 728 pixels de large, Apple vante iTunes, iPhoto, iMovie, et ses services de musique et de podcasts.

Fin 2005, les bannières larges disparaissent du site d’Apple, au profit de publicités en marge. La marque disposant d’un catalogue de plus en plus fourni, ses pages sont l’occasion de vanter ses produits auprès de ses visiteurs.

Puis les publicités disparaissent du site QuickTime Trailers, devenu en 2010 iTunes Movie Trailers…

Bon anniversaire la Portable StyleWriter

Le 1er juin 1993, Apple commercialisait une petite imprimante portable pour accompagner ses gammes PowerBook et PowerBook Duo. L’Apple Portable StyleWriter n’était en réalité qu’une Canon BJ-10ex réhabillée (on parle de rebadgeage), dont on retrouve les boutons, les diodes et même le port parallèle (Apple fournissait un câble adaptateur pour relier le port parallèle de cette imprimante au port série du Macintosh).

La Portable StyleWriter ne pesait que deux kilos, était capable d’imprimer 1,5 pages par minute, en noir et blanc, à une résolution maximale de 360 points par pouces. Elle est restée au catalogue jusqu’en mai 1995.

Sur certains sites, il est question d’un bac de chargement de feuilles optionnel (sheet feeder en anglais). Un switch interne permettait de le faire prendre en compte par l’imprimante. On n’en trouve plus vraiment de trace aujourd’hui, sauf sur cette petite annonce sur eBay :

Portable StyleWriter sur eBay

Portable StyleWriter sur eBay, avec Sheet Feeder

Sources : Fiche technique Apple ; le Journal du Lapin ; Nefec.org