Inopiné (adj) : auquel on ne s’attendait pas

On ne peut pas dire que le terme « inopiné » soit particulièrement utilisé dans le langage courant. On peut même dire que c’est un terme plutôt désuet : d’après Google, on le rencontre à peine plus d’un million de fois sur le web, contre cinq millions d’occurrences de « inattendu » et plus de vingt-et-un million d’ « impromptu » (merci la musique classique). Même « fortuit » se rencontre plus fréquemment. Et parmi ce million de résultats, une fois passées les pages dédiées aux définitions, on tombe tout de suite sur des pages relatives aux messages d’erreur de MacOS…

Et pourtant, c’est bien l’adjectif « inopiné » ou l’adverbe « inopinément » qu’Apple a choisi il y a bien longtemps pour ses messages d’alerte, en traduction de l’adverbe « unexpectedly » ou de l’adjectif « unexpected ».

L'application AppleWorks a quitté inopinément

Lors du passage à MacOS X, Apple a gardé cette traduction, jusqu’à la version 10.5 dite « Léopard ». Depuis 2009, Mac OS X annonce désormais qu’une application a quitté de manière imprévue.

Une application a quitté inopinément

Application a quitté de manière imprévue

Heureusement, le terme « inopiné » a refait son apparition dernièrement sur iOS. L’agrégé de lettres qui travaille à la traduction des messages chez Apple a dû reprendre du service…

Cet iPhone s'est éteint de manière inopinée

 

Une astuce pour Sherlock

Dans notre rubrique astuces : comment effectuer des recherches spéciales dans Sherlock, l’outil de recherches intégré à partir de MacOS 8.5 ?

Sherlock moteur de recherche MacOS 8.5 Apple

Vous utilisez souvent Sherlock (ou l’application de recherche avant MacOS 8.5) ? Savez-vous que vous pouvez aller plus loin que le menu déroulant standard (nom, dates,…) ? En appuyant sur la touche Option au moment de choisir le critère de recherche, vous pouvez rechercher des fichiers verrouillés, invisibles, ou dont l’icône est personnalisée. En combinant deux recherches (nom et visibilité par exemple), vous pouvez facilement gagner du temps.

Cette astuce a été publiée dans la revue A Vos Mac en 2000.

Bon anniversaire la Portable StyleWriter

Le 1er juin 1993, Apple commercialisait une petite imprimante portable pour accompagner ses gammes PowerBook et PowerBook Duo. L’Apple Portable StyleWriter n’était en réalité qu’une Canon BJ-10ex réhabillée (on parle de rebadgeage), dont on retrouve les boutons, les diodes et même le port parallèle (Apple fournissait un câble adaptateur pour relier le port parallèle de cette imprimante au port série du Macintosh).

La Portable StyleWriter ne pesait que deux kilos, était capable d’imprimer 1,5 pages par minute, en noir et blanc, à une résolution maximale de 360 points par pouces. Elle est restée au catalogue jusqu’en mai 1995.

Sur certains sites, il est question d’un bac de chargement de feuilles optionnel (sheet feeder en anglais). Un switch interne permettait de le faire prendre en compte par l’imprimante. On n’en trouve plus vraiment de trace aujourd’hui, sauf sur cette petite annonce sur eBay :

Portable StyleWriter sur eBay

Portable StyleWriter sur eBay, avec Sheet Feeder

Sources : Fiche technique Apple ; le Journal du Lapin ; Nefec.org

Des clones d’Apple II sur eBay

Devant le succès de l’Apple II, de nombreux constructeurs eurent l’idée de le cloner, en achetant les composants directement auprès des fournisseurs de la marque. Il ne leur restait qu’à écrire un système d’exploitation et la mémoire morte (ROM) correspondante… ou à « emprunter » ceux-ci en les copiant directement sur l’original. À l’exception de quelques modèles construits sous licence (comme celui de Bell & Howell pour les établissements scolaires), tous ces clones étaient rigoureusement illégaux et poursuivis comme tels par Apple. On en trouve aujourd’hui des brouettes entières sur eBay, en voici quelques exemples.

Voici par exemple l’Ananas, modèle européen d’un clone plus connu sous son nom original de… Pineapple (Apple parviendra ultérieurement à forcer la marque à changer son nom pour Pinecom). Il s’agissait d’un clone d’Apple II+, sorti en 1982. Ce modèle est assez surprenant, au point que son vendeur se demande s’il ne s’agit pas d’un Apple II d’origine, dont seule l’étiquette aurait été modifiée. La marque est plus connue pour avoir produit un modèle moins ressemblant, avec un clavier étendu. Comptez 520 euros.

Apple II clone Ananas
Image : eBay

Plus connu, voici un clone produit par la marque Franklin, qui lui valu un procès de plus de cinq ans avec Apple. La marque ne s’était pas cachée d’avoir simplement copié la ROM d’Apple, affirmant qu’une puce informatique n’était finalement qu’une suite de contacts ouverts ou fermés, ne pouvant pas faire l’objet d’une propriété intellectuelle… Son propriétaire en demande 195 dollars.

Clone Apple II, Franklin Ace 100
Image : eBay

Moins connu, voici le modèle Base64a, lui aussi parfaitement compatible avec l’original, à tel point que l’une des photos de l’annonce présente l’écran avec la mention « Apple ][ with 64k of memory ». Ce modèle était enrichi d’un clavier étendu, avec une touche F1/F2 qui avait permis au constructeur d’assigner une fonction secondaire à chaque touche du clavier. Un logiciel basique de traitement de texte avait aussi été intégré dans la ROM. Comptez 600 dollars avec sa boîte d’origine.

Apple II Clone, Base64a
Image : eBay

Si vous êtes fortuné, vous pourrez acquérir ce clone bulgare de l’Apple II, l’IMKO 2, vendu environ 3660 euros avec son écran. Il s’agissait d’un modèle de la marque Pravetz qui, comme nous le rappelle AppleFritter, produira aussi des clones de Z80 et d’Oric Atmos, avant de se tourner vers le compatible-PC.

Clone Apple II : Imko II
Image : eBay

Dans un autre style, voici l’Intertek System IV. S’il s’agissait bien d’un clone de Z80, il pouvait être équipé d’une carte d’extension le rendant pleinement compatible avec l’Apple II. Cette carte était en fait un Apple II complet, avec son processeur, sa mémoire et sa ROM. Comptez 500 dollars pour ce modèle.

Clone Apple II : Intertek System IV
Image : eBay

Toujours pour 500 dollars, voici maintenant l’OS-21, dont on ne sait pas grand-chose. Si l’on en croit le site Epocalc, il s’agit d’un modèle produit par la firme canadienne O.S. Micro Systems Inc.

Apple II clone OS-21
Image : eBay

Évidemment, ce marché parallèle était également alimenté en accessoires de toutes sortes, comme ce joystick presque identique aux modèles d’Apple dont nous avons déjà parlé. Il s’agit d’un accessoire de la marque bulgare Pravetz. Comptez 35 dollars pour ce modèle dans sa boîte.

Apple II joystick clone, Pravetz
Image : eBay

Souvenir : les documents convertis

Et vous, avez-vous connu l’époque où votre Macintosh convertissait certains documents à la volée avant de les ouvrir ? A cette époque, à chaque fois que vous ouvriez certains de vos fichiers, un dialogue de ce genre apparaissait :

Dialogue de conversion de fichier

Cela signifiait que vous ne disposiez pas de l’application qui avait servi à créer le document, mais que vous pouviez l’ouvrir avec d’autres applications. Pour éviter ce dialogue, il fallait ouvrir votre Dossier Système, puis le dossier Préférences, et enfin le dossier “Documents convertis”.

Fichiers convertis sous Mac OS 8

Vous y trouviez toutes les versions “traduites” de vos documents (depuis le dernier démarrage), dans le format de l’application de votre choix ! Il s’agissait soit du document complet, soit d’un simple raccourci, parfois même d’un modèle de document. Il était possible de récupérer ces fichiers pour les conserver, afin qu’ils s’ouvrent directement et sans délai dans l’application souhaitée.

Pomme expo ou Apple expo ?

Si vous êtes de passage en Lorraine ces jours-ci, peut-être profiterez-vous de l’occasion pour visiter l’Apple Expo la Pomme expo organisée par les Jardins Fruitiers de Laquenexy, près de Metz. C’est en tout cas le sous-titre indiqué sur les visuels annonçant les festivités de ce week-end.

Évidemment, seuls les plus acharnés parmi les fans français d’Apple repèreront le clin d’œil au logo Apple expo des années 2000 : même police, mêmes couleurs, et même thème (enfin, presque).

Haanadar • CC BY-SA 3.0

L’année dernière, les organisateurs de cet événement avaient recréé un véritable Apple Store présentant de vraies pommes, dans un décor plus vrai que nature (si l’on peut dire).

Apple + BMW, la brochure de 1997

Au coeur de ce mois d’août, voici une très belle brochure de 1997, dans la série des Masters of Media, l’une de ces lubies de l’Apple qui cherchait alors des lignes directrices tous azimuts. Sur vingt pages de papier blanchi au chlore, Apple vantait son savoir-faire dans tous les domaines : texte, photos, vidéos, 3D, réalité virtuelle et pages internet. Plus précisément, cette brochure expliquait comment BMW et ses partenaires avaient tiré parti des technologies Apple : ColorSync, AppleScript, QuickTime, sans oublier la puissance du processeur PowerPC intégré dans les Network Server, les Workgroup Server, les Power Macintosh et les PowerBook.

DigiSign, la signature électronique d’Apple

Il y a quelques jours, au détour d’une brochure sur le Système 7.5, nous sommes tombés sur la mention de DigiSign, la technologie de signature électronique embarquée par ce système. N’ayant pas le souvenir d’en avoir déjà entendu parler, nous sommes allés nous replonger dans nos vieux magazines. Dans un SVM Mac de 1994, Jean-Pierre Curcio nous apprend que DigiSign s’intégrait depuis le Système 7 Pro dans l’Apple Open Collaboration Environment, cet ensemble de technologie dont la clé de voute était l’extension PowerTalk.

PowerTalk

Grâce à l’Apple Open Collaboration Environment, le Macintosh permettait aux développeurs d’application de doter celles-ci de facultés de communication, en prenant en compte toutes les basses-œuvres nécessaires aux échanges de fichiers ou de messages sur le réseau, y compris le trousseau de mots de passe et l’outil de messagerie. Si tout cela nous paraît tout à fait naturel aujourd’hui, il en allait autrement en 1993, avant la démocratisation d’Internet, quand la quasi-totalité des flux de transmission d’informations en entreprise reposait encore sur le papier.

Apple Office

DigiSign était la brique de cet ensemble en charge de s’assurer que les données échangées n’étaient pas altérées entre l’expéditeur et le destinataire. Chaque utilisateur PowerTalk pouvait donc disposer d’une signature, sous forme d’un fichier dont les données étaient combinées avec les informations à transmettre, permettant au destinataire de s’assurer tout à la fois de l’identité de l’expéditeur et de l’intégrité des données. L’encryptage reposait sur l’algorithme RSA, qui était encore sous brevet du Massachusetts Institute of Technology (MIT) à l’époque et commercialisé par RSA Data Security Inc. sous le nom de Public Key Cryptosystem. Et voici comment MacUser expliquait cette technologie en avril 1994 :

Tout comme une véritable signature permet de vérifier la validité d’un chèque, les signatures électroniques de PowerTalk permettent de vérifier qu’un message ou un fichier n’a pas été modifié depuis son expédition. Après avoir obtenu une signature avec l’application DigiSign, vous pourrez l’utiliser pour signer vos messages (en cochant la case adéquate) ou vos fichiers (en les glissant sur l’application). Le destinataire devra cliquer sur le bouton « Vérifier » pour les authentifier.

Pour en savoir un peu plus, on peut se reporter à cet ancien article dans les archives de MacTech : on y trouve une explication technique très précise rédigée par Pablo Calamera, développeur chez Apple (et qui passera ensuite chez WebTV, AT&T et Danger, avant de revenir gérer MobileMe). Il y est question du Digital Signature Manager et de son API (interface de programmation), de clé privée et de clé publique, de somme de contrôle sur 16 octets obtenue à l’aide de la fonction de hachage MD5, et de signature enregistrée dans les resources du fichier. Bref, de la littérature pour développeurs motivés.

Petit détail intéressant : les technologies d’encryptage des données n’étaient à l’époque pas autorisées en France, et l’AOCE des versions françaises du Système 7 était donc privé de l’AppleTalk Secure Data Stream Protocol. Les échanges de messages et de fichiers étaient possibles, mais sans ces fonctions.

Publicité : Le LC 475

Le dimanche, c’est publicité ! Il y a quinze jours, nous vous présentions une offre plutôt intéressante sur le LC 475. En voici une autre, pour la même machine, mais diffusée quelques mois plus tôt. Le LC 475 était alors présenté en mode économique : l’écran Performa Plus, de sinistre mémoire, n’avait pas encore laissé sa place à l’écran Apple Trinitron, et la compatibilité avec le processeur PowerPC n’était pas encore mise en valeur. Remarquez également qu’il s’agissait encore de l’ancien boîtier, avec le lecteur de disquettes rectiligne et le nom du modèle inscrit directement sur le plastique.

Publicité LC 475 petit prix

Comprendre les Utilitaires de Mac OS 9 et MacOS X

À l’occasion de  l’anniversaire de MacOS X, nous nous intéressons aux principales différences entre ce système et son prédécesseur Mac OS 9. Nous avons déjà abordé aujourd’hui plusieurs thèmes :  les bureaux, les menusles Préférences, puis les Raccourcis-claviers : voici maintenant un autre extrait de la revue A Vos Mac, publié en 2003. Il s’agissait cette fois-ci d’un article sur les utilitaires fournis avec le système.

Le passage de MacOS 9 à MacOS X a été l’occasion pour Apple de rénover sa gamme de logiciels, avec lesquels on avait pourtant commencé à prendre nos petites habitudes. Pour les nouveaux venus qui se demandent encore avec quoi ils vont bien pouvoir ouvrir leurs fichiers, voici un petit récapitulatif de ce qui est arrivé aux utilitaires fournis avec le système Apple.

Mac OS 9 et MacOS X Les utilitaires

Pour commencer, certains ont survécu au passage : le lecteur QuickTime, Sherlock, DiskCopy (devenu Images Disques), le clavier (devenu Touches), le lecteur DVD, font partie des survivants. Simple ravalement de façade ou nouvelles fonctionnalités, vous devriez vous y retrouver sans problème.

D’autres ont disparu pour de bon : le Lecteur CD, le Sélecteur, l’Album, n’ont pas survécu au passage à MacOS X. Il faut dire que le premier est avantageusement remplacé par iTunes, le deuxième laisse la place à différents panneaux de réglage et au Centre d’Impression, tandis que l’absence du dernier pourra être comblée par des sharewares (comme ScrapX).

Enfin, certains utilitaires ont été profondément remaniés ou repensés. En particulier, on notera le nouvel utilitaire Aperçu qui reprend le rôle du défunt PictureViewer, mais étend le concept à tous les formats de fichiers, en particulier le PDF. De son côté, TextEdit, loin d’être une simple mise à jour de SimpleText, s’ouvre à la mise en page, au format RTF et même, sous MacOS X 10.3, au format Word ! Tous ces logiciels se retrouvent bien rangés, dans le dossier « Applications » et le sous-dossier « Utilitaires » sur le disque de démarrage. Ne cherchez plus dans le menu Pomme, aucune application n’y a gardé sa place !