Après le succès de notre premier article « Question de style » qui a permis d’identifier un démonstrateur de SEEDRIN dans une brochure de 1983, voici un autre témoignage des temps anciens, avant Whatsapp, avant AIM, avant ICQ… Avant Internet, même !
Il s’agit d’une brochure en A3 recto-verso, pour le système informatique de communication à distance Calvados (bon sang, ils n’ont même pas leur page sur Wikipedia !). Ce document n’est pas explicitement daté, mais on peut voir sur l’un des écrans un message d’un certain Alan Miller, daté du 1er mars 1985. Cette publicité présente notamment quelques Apple IIc, des Apple IIe, deux Modems Universels Apple (conçus et réalisés par la société française SECTRAD pour Apple), et de magnifiques tenues et coiffures d’époque (oh, ce pull jaune !).
Calvados offrait plusieurs services que l’on retrouve aujourd’hui sur Internet : une messagerie équivalente aux e-mails et une messagerie instantanée, un site d’annonces, des forums de discussion, un service d’échanges de fichiers, l’accès aux informations de l’AFP, un site boursier pour se renseigner et passer des ordres. Calvados proposait également des banques de données, des bibliothèques de logiciels gratuits, des jeux…
Et je ne résiste pas au gros plan sur l’équipe en couverture de cette brochure. S’agissait-il de simples figurants ou bien de tout ou partie de l’équipe de Calvados — et deux jeunes stagiaires ? Renseignez-nous dans les commentaires !
Ceux qui veulent en savoir plus sur Calvados, devenu ensuite Calvacom, pourront se rendre sur le site de Lionel Lumbroso qui a participé à cette épopée dès l’origine, en 1982, ou sur le site de de Jean-Louis Lebreton, qui a rejoint l’équipe en 1990.
Cette semaine, c’est la brochure « 35 Macintosh advantages », diffusée par Apple en 1993, qui va nous accompagner. Nous allons passer en revue quelques extraits des comparaisons opposant le Mac aux PC sous Windows 3, que l’on appelait encore à l’époque des « Compatible IBM-PC ».
Dans son introduction, Apple entrait toute de suite dans le vif du sujet : face à la démocratisation des PC offrant une interface graphique, les utilisateurs de Macs sont plus productifs et plus heureux. D’où l’intérêt de présenter ces 35 raisons concrètes, précises et démontrées.
D’ailleurs les utilisateurs ne s’y trompent pas, puisqu’ils sont deux fois plus nombreux à préférer le Macintosh, quand ils ont l’occasion d’utiliser les deux systèmes.
Vient ensuite la première raison de préférer le Macintosh : le logiciel et le matériel du Macintosh fonctionnent ensemble, un argument qui est toujours valable vingt-cinq ans plus tard.
Sans oublier que le système du Macintosh est unifié, quand Windows se compose en réalité de trois éléments : le Program Manager, le File Manager, et l’ancien DOS omniprésent.
Puis viennent ensuite quelques comparaisons entre les deux systèmes, comme la correspondance entre les icônes et leurs fonctions, ou l’usage de la Corbeille qui permet de jeter et de retrouver des fichiers.
Allez, la suite demain !
[tous les épisodes : 1, 2, 3, 4, et 5]
Le dimanche, c’est publicité ! Cette semaine : une autre publicité de 2003 pour le PowerBook G4 17 pouces. C’était le premier ordinateur portable à proposer un tel écran, et le premier à offrir un boîtier en aluminium, plus solide que le titane du modèle 15 pouces, dont la peinture avait tendance à s’effriter.
En 2006, Apple assurera même le passage de la gamme aux processeurs Intel, avec le MacBook Pro 17 pouces et son Intel Core Duo à 2.16 Ghz, pour 2899 euros. Après plusieurs mises à jour, le modèle 17 pouces disparaîtra officiellement de la gamme le 12 juin 2012.
En 2000, quand Apple présente son PowerMac G4 Cube, elle lui accole deux haut-parleurs sphériques, portant le nom d’Apple Pro Speakers. Elle les décline l’année suivante pour le PowerMac G4 « Digital Audio », puis pour son iMac G4. Ces haut-parleurs un peu particuliers bénéficiaient d’une prise propriétaire, liée à la présence d’un amplificateur intégré à ces modèles de Macintosh. Dix-huit ans plus tard, qui mieux que L’Aventure Apple pouvait organiser la rencontre entre le HomePod et l’un de ses lointains aïeux ?
Si nous avions été très riches, nous aurions aussi pu faire rencontrer le modèle noir du HomePod, avec le modèle noir de l’Apple Pro Speakers, celui dédié au PowerMac G4 Cube. Mais on n’est pas très riches.
Après les épisodes 1, 2, et 3, voici une nouvelle série d’extraits de la brochure « 35 Macintosh advantages », diffusée par Apple en 1993, qui nous accompagne cette semaine.
Plusieurs pages de cette brochure étaient consacrées à la simplicité de la gestion des fichiers et des applications, là où Windows était encore assez tatillon…
Tant qu’on était dans le sujet, Apple en profitait pour en remettre une couche sur l’installation et la désinstallation des logiciels. En oubliant de préciser que les fichiers installés dans le « Dossier Système » étaient parfois particulièrement pénibles à identifier et à supprimer…
En vingt-cinquième position, arrivait l’argument-massue. Franchement, vous vous souvenez vraiment que votre Macintosh de 1993 était compatible avec DOS, vous ? Même si on pouvait lire des disquettes formatées pour DOS grâce à l’extension « Échange PC/Macintosh », la plupart des formats de fichiers étaient totalement incompatibles. Même les fichiers en texte simple étaient codés avec des formats différents. Le PDF et le JPEG étaient totalement inconnus, puisqu’inventés l’année précédente !
Allez, la suite demain !
[tous les épisodes : 1, 2, 3, 4, et 5]
Vingt-cinq ans avant de commercialiser son Apple Watch, la marque à la pomme travaillait déjà sur un projet d’appareil à porter au poignet. Évidemment, à l’époque, les technologies ne permettaient pas encore d’intégrer l’écran, la batterie et les commandes dans le format d’une montre, alors ça débordait un peu… Ce projet était mené par Robert Brunner, du groupe de design industriel d’Apple, en décembre 1990. En avance sur son temps, il intégrait déjà une connexion cellulaire pour échanger des messages et tenir à jour l’agenda de l’utilisateur.
On termine cette journée d’anniversaire avec quelques vidéos à voir ou revoir à propos du petit Macintosh de 1984.
Tout d’abord, une version 4K, totalement dopée à l’intelligence artificielle, de la publicité 1984. Sans doute pas aussi bien restaurée que si quelqu’un se décidait à sortir les rushs de son grenier, mais pas mal quand-même !
Et la fameuse vidéo introductive du Macintosh, celle où l’on voit le jeune Bill Gates, chairman of the board de Microsoft, dire tout le bien qu’il pense de cette machine à laquelle il a consacré toute une équipe de développeurs, et dont il espère tirer la moitié de ses revenus l’année suivante.
Ensuite, zappez sur la version complète du keynote de présentation (80 mn environ), dans une qualité tout à fait appréciable compte-tenu de l’âge de la vidéo et des moyens de captation de l’époque ! Les réactions de la salle à la présentation des outils de MacPaint permettent de ne pas oublier à quel point le petit nouveau était révolutionnaire. Sur la scène, on retrouve aussi l’équipe qui a créé le Macintosh : Steve Capps, Andy Hertzfeld, Randy Wigginton, Bill Atkinson, Bruce Horn, Burrell Smith, Owen Densmore, et Rony Sebok. Même les questions du public ont été conservées, comme « Est-ce que le Macintosh fait du multitâche ? ».
Et une petite dernière pour la route : la publicité « Macintosh, the computer for the rest of us », qui comparait l’épaisseur des manuels utilisateurs du PC d’IBM et du Mac…
Hé bien, ce logo sourit parce qu’il a été adopté par les fabricants de PC : DayStar Digital, Power Computing, Radius, ou encore Pioneer (dont nous avions déjà parlé ici). Préparez-vous à voir ce logo dans des publicités, sur des cartons… et au démarrage sur les écrans !
Il a aussi été adopté par les développeurs de logiciels. Ce logo permet de repérer les logiciels compatibles, comme ceux de Microsoft, Intuit, ou Novell, à retrouver sur les étagères de milliers de revendeurs.
En plus, ce logo est connu dans le monde entier ! Car Mac OS est disponible dans 140 pays, traduit en 40 langues. Ainsi, pendant vos voyages, quand vous le repérerez, vous pourrez être sûr de deux choses : les habitants du coin sont sympas, et ils parlent Mac OS couramment !
Et comment ne pas sourire, quand des designers conçoivent pour vous des lignes de vêtements et des accessoires, pour porter fièrement vos couleurs ? Allez, n’hésitez pas, passez commande grâce au catalogue disponible sur simple appel !
Enfin, Mac OS devient populaire dans un nombre grandissant de boutiques, comme CompUSA ou Computer City, où son logo signale les rayons où vous découvrirez les ordinateurs, logiciels et périphériques compatibles.
Et voilà, il fallait bien que ça arrive. On fête aujourd’hui les vingt ans de la première bêta publique de Mac OS X. Une vraie révolution à l’époque, le fruit du mariage entre Apple et NeXT, après presque quatre ans de travail, comme nous l’expliquons par ailleurs sur la page dédiée à Mac OS X de l’Aventure Apple. Et un impact renforcé par la nouvelle interface Aqua, qui dépoussiérait sérieusement tout ce qui se faisait à l’époque dans l’informatique, avec ses transparences, ses couleurs et ses effets visuels. Pour se remettre dans l’ambiance, il suffit de regarder les couvertures de quelques magazines de l’époque.
À l’occasion de cet anniversaire, et alors qu’Apple s’apprête à tourner symboliquement la page avec Mac OS 11, nous allons nous replonger dans nos souvenirs sur MacGénération durant la journée. Pour vous, nous avons ressorti du placard ce bon vieux iBook, et nous avons réinstallé la toute première bêta publique du système d’exploitation qui nous accompagne depuis deux décennies.
Dans notre rubrique Astuces, aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, voici comment tricher dans l’excellent jeu Fury of the furries, une production des studios Kalisto en 1994.
Voici une technique pour changer le niveau et le nombre de vies dans les parties enregistrées. Avec ResEdit, ouvrez le fichier “FURY Prefs” situé dans le dossier Préférences du Dossier Système. Ouvrez la ressource QSTT numéro 128. Ensuite, modifiez-la en utilisant les informations ci-dessous.
Les deux caractères en bleu représentent le nombre de vies de chaque partie sauvegardée, en hexadécimal. Sans entrer dans le détail, vous pouvez taper deux caractères au choix entre 0 et 9 et entre A et F (0 étant le plus petit, F le plus grand). Par exemple, tapez 11 pour obtenir 17 vies ou bien A0 pour obtenir 160 vies. Les deux caractères en rouge désignent le niveau. Pour changer celui-ci, voici la liste :
Dernier conseil: Si vous utilisez un Mac très récent, il se peut que le jeu plante au lancement. Dans ce cas, redémarrez avec toutes les extensions désactivées (touche Majuscule appuyée pendant le démarrage) pour régler le problème.
Cette astuce a été publiée dans la revue A Vos Mac en 2000.
Jef Raskin n’a pas inventé le Macintosh tel qu’on le connaît aujourd’hui. S’il est bien à l’origine du projet Macintosh, il a quitté l’aventure dès 1982. Grâce aux archives d’Apple conservées par l’Université de Stanford, nous pouvons nous plonger dans la genèse du Macintosh, tel que Raskin le voyait à l’origine.
Jef Raskin est au centre (Steve Jobs est derrière lui ; Steve Wozniak est à droite)
Au mois de mai 1979, Jef Raskin rédige un mémo « Réflexions sur la conception d’un ordinateur philanthrope » (antropophilic, dans sa version d’origine). Un ordinateur que Raskin destine à « monsieur Tout le Monde », agréable à utiliser, ne nécessitant aucune connaissance, et pourtant rentable à produire pour Apple. Un ordinateur que l’utilisateur n’aura pas besoin d’ouvrir, avec des périphériques qui se suffisent à eux-mêmes (sans carte d’extension). Et Raskin dresse la liste des tabous : voir les entrailles de l’ordinateur, connecter des cartes, ajouter des milliards de touches au clavier, utiliser le jargon informatique, imprimer de gros manuels (synonymes de logiciels mal fichus), proposer plusieurs configurations, laisser des trous visibles (là où les tournevis, les liquides, les doigts et les perce-oreilles vont se nicher)… Jef Raskin préfèrerait même développer un système en vieux Français plutôt que de voir des câbles dépasser de sa machine ! Et tiens, dix points de plus si l’équipe parvient à faire disparaître le câble d’alimentation !
Raskin envisage la vente de logiciels comme un élément important de la rentabilité de sa machine, puisqu’il ne renonce pas à en faire un ordinateur performant, avec un processeur 8-bits, 64 Ko de mémoire vive, un langage Basic intégré, une horloge temps-réel, sans oublier l’écran, le clavier et le lecteur de disquettes intégré, tout en restant léger (moins de 10 kg) et compact (pour être embarqué comme bagage à main dans un avion).
Bref, en un mot : faire un ordinateur abordable, dans tous les sens du terme.
Dès septembre 1979, dans un second mémo, Jef Raskin répond à une proposition de ne plus utiliser des noms féminins pour les projets d’Apple, mais des variétés de pomme. Il choisit alors le nom Macintosh. Une décision qui tient en une ligne et qui marquera l’informatique pour les décennies à venir.
Très organisé, Raskin prévoit dès l’origine l’archivage de tous les documents relatifs au Macintosh, afin de disposer à tout instant d’un catalogue des informations pertinentes pour son développement. Chaque document doit être conservé selon son numéro de version, et chaque paragraphe doit être numéroté. Mieux : ces documents doivent être archivés sous forme informatique, en respectant un formalisme précis, afin de faciliter les futures mises à jour.
Le même jour, Raskin définit les nouveaux objectifs de son projet. Il veut créer le premier ordinateur portable : un ordinateur personnel, très abordable et simple à utiliser. Il voit déjà une poignée pour le transporter, une offre en plusieurs couleurs, un écran rétractable… Raskin se positionne non seulement face à la concurrence, mais également au sein de la gamme d’Apple, pour atteindre un volume de vente inédit. Raskin espère le vendre 500 dollars, et même 300 dollars après 18 mois de production.
Pour y parvenir, le Macintosh doit être fiable, simple à produire, à tester et à réparer, esthétiquement parfait, bien documenté, aisément compréhensible. Une batterie devait être disponible, pour tenter d’atteindre six heures d’utilisation nomade. Raskin le voulait également évolutif : de nouveaux logiciels devaient pouvoir y être installés sans nécessité de modifier le matériel. À ce titre, la mémoire devait par exemple être définitivement fixée pour que l’utilisateur n’ait pas à s’interroger sur la compatibilité de son système avec les logiciels proposés. Parmi les logiciels souhaités par Raskin : un livre de compte, de nombreux jeux, un traitement de texte, des protocoles de communications, des logiciels éducatifs, un agenda électronique, un répertoire de contacts, des logiciels professionnels, une calculatrice scientifique…
Tout le reste était encore en réflexion. Pour l’écran, Raskin en faisait presque un élément secondaire : à l’époque, l’idée d’intégrer une imprimante plutôt qu’un écran le travaillait encore, avec la possibilité d’intégrer une connexion pour relier le Macintosh à la télévision. Pour le stockage : disquettes, mémoire à bulles, cassettes ? Pour l’interface : un clavier, bien sûr, mais aussi un microphone, un joystick, une tablette graphique ? Très en avance sur son temps, Raskin envisageait même la présence de capteurs de pression, d’humidité et de température. Quant aux périphériques optionnels, comme des haut-parleurs, des lecteurs de cartes ou de disque optique, ils devaient pouvoir être solidarisés avec le Macintosh, afin que celui-ci reste transportable.
Et le tout devait être prêt pour l’automne 1981, avec un délai raccourci de 6 mois pour arrêter le design définitif de l’ordinateur, puis un an de développement sur les prototypes. Jef Raskin quittera finalement l’aventure dès 1982, car son idée originale, basique et peu coûteuse, lui avait échappé pour devenir une machine innovante et coûteuse sous la férule d’un Steve Jobs un peu despotique.
Le dimanche, c’est publicité ! Cette semaine, voici une première réclame de 1995 pour le Performa 5200. Nous en diffuserons trois autres au cours des prochaines semaines, sur le même thème du village mondial. Remarquez le slogan, qui sonne presque comme une excuse : L’important n’est pas ce que l’ordinateur peut faire, mais ce que vous pouvez en faire. Comme si ce Performa, pourtant bien équipé, avait un peu honte de ne pas être à la hauteur des PC de l’époque…