Publicité : le pouvoir de lancer une révolution

Le dimanche, c’est publicitĂ© (en anglais) ! Aujourd’hui, voici une double-page de 1992 prĂ©sentant «un ordinateur avec la puissance de de lancer une rĂ©volution », le Macintosh Quadra ! Un ordinateur de rĂŞve, plus puissant que les PC 486 d’IBM, Compaq et Dell, capable de produire animations, rendus 3D, design et travail d’analyse. Un ordinateur avec un stockage immense d’un gigaoctet, et une mĂ©moire gargantuesque de 64 Mo. Des capacitĂ©s de travail en rĂ©seau (par exemple pour partager le temps de calcul sous RenderPro ou BackBurner entre plusieurs machines), le support de la vidĂ©o accĂ©lĂ©rĂ©e, et pourquoi pas un lecteur de CD. Capable de lancer toutes les applications, mais pas hors de prix. Facile Ă  installer et d’un apprentissage aisĂ©. Ce n’est pas une fiction : c’est Macintosh Quadra, modèles 700 et 950, les plus puissants des ordinateurs personnels avec leur processeur Motorola 68040, idĂ©al pour AutoCAD, MicroStation Mac, MacBRAVO! et VersaCAD. *The power to be your best*, qu’on vous dit !

Apple Macintosh Quadra 1992 Apple Ad

Surveiller son langage, de l’Apple IIc Ă  Siri

Trente-cinq ans sĂ©parent ces deux images. La première est extraite des « questions / rĂ©ponses » du manuel de l’Apple IIc, dans sa version française imprimĂ©e en 1983. La seconde est Ă©videmment une capture d’Ă©cran de Siri sur un iPhone.

Brochure de l'Apple IIc : parler Ă  mon Apple IIc

Siri : dire des gros mots Ă  son iPhone

Publicité : Apple Multimedia Program

Le dimanche, c’est publicitĂ© en anglais ! Aujourd’hui, une simple page de 1993. « Vous n’avez pas besoin d’une boule de cristal pour voir oĂą va le multimĂ©dia. Vous avez juste besoin d’une boĂ®te ». Et cette boĂ®te, c’est l’Apple Multimedia Program, qui permet aux dĂ©veloppeurs, designers, enseignants, commerciaux ou rĂ©dacteurs, de disposer d’un lien avec les meilleurs outils et les meilleurs professionnels du milieu : guides, vidĂ©os explicatives, newsletter, adresse AppleLink, Ă©tudes de marchĂ©s, et mĂŞme une prĂ©sentation des outils et services pour faire les bons choix…

1993 Apple Ad : Apple Multimedia Program

Publicité : les Workgroup Servers de 1993

Le dimanche, c’est publicitĂ© en anglais ! Aujourd’hui, voici une double-page de 1993. « Tout ce que vous attendiez de serveurs de travail d’Apple… et mĂŞme ce que vous n’attendiez pas », promettait Apple en prĂ©sentant ses Workgroup Servers 60 et 80, Ă  un prix tout Ă  fait inattendu : 2949 $ pour le premier, 5489 $ pour le second. Un petit modèle idĂ©al pour les Ă©coles et les PME, un second plus puissant, pour les clients exigeants, avec son système de sauvegarde sur bande DAT. Tous deux Ă©taient livrĂ©s avec le Système 7.1 et AppleShare 4. Et n’oublions pas le Workgroup Server 95, sous A/UX, l’Unix d’Apple, dont le prix Ă©tait soigneusement oubliĂ© (entre 7500 et 9300 dollars selon everymac.com).

Apple Workgroup Server 60 et 80 1993 ad

Quand le succès du Mac déteignait sur le Lisa

AoĂ»t 1984. Le Macintosh est commercialisĂ© depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, et cohabite au catalogue d’Apple avec le Lisa, l’Apple IIc et l’Apple IIe. En revanche, l’Apple /// vient juste d’ĂŞtre Ă©jectĂ© pour faire un peu de place sur les Ă©tagères. C’est le moment que choisit la revue InfoWorld pour publier un article très instructif intitulĂ© « Le succès du Mac dĂ©teint sur le Lisa ». Et voici ce que disait cet article.

En 1983, Le Lisa Ă©tait un vrai problème pour Apple. CoĂ»tant 10.000 dollars, utilisant des disquettes spĂ©cifiques, il ne se vendait pas bien. Quasiment un Ă©chec. Et puis le Macintosh est arrivĂ© en janvier 1984, pour 2.500 dollars, avec une lecteur de disquettes Sony standard, et Apple en a profitĂ© pour revoir le Lisa et lui offrir le mĂŞme lecteur, pour un prix largement rĂ©duit, sous le nom de Lisa 2. Pour Apple, le Macintosh est un peu comme une Volkswagen, tandis que le Lisa est une Porsche. Ou un « Big Mac ». Et les clients apprĂ©cient : le Lisa 2 est en rupture de stock dans certaines boutiques, notamment le modèle Ă©quipĂ© d’un disque dur interne de 10 Mo.

InfoWorld 1984 Lisa Apple

Le Lisa 2 est accompagnĂ© par les logiciels de la suite « Lisa 7/7 » : Lisa Write, Lisa Draw, Lisa List, Lisa Project, Lisa Graph, Lisa Calc et Lisa Terminal. Le tout pour 695 dollars, beaucoup moins cher que la suite Lisa Office System qu’elle remplace. Le copier-coller y est largement gĂ©nĂ©ralisĂ© entre les logiciels, contrairement Ă  son prĂ©dĂ©cesseur, et Lisa Write dispose maintenant d’un correcteur d’orthographe. Mieux : Lisa 7/7 est capable d’imprimer sur une imprimante en couleurs, malgrĂ© son Ă©cran en noir et blanc : la couleur de chaque Ă©lĂ©ment est choisie dans un nouveau menu dĂ©diĂ©.

Mais la sortie de Lisa 7/7 marque aussi, chez Apple, la fin du dĂ©veloppement dĂ©diĂ© au Lisa. Tout porte Ă  croire que le Lisa va se rapprocher du Macintosh, notamment grâce au programme MacWorks qui transforme le Lisa en puissant Macintosh. Il doit d’ailleurs Ă©voluer pour permettre de gĂ©rer sur le Lisa 2 les applications des deux systèmes en parallèle. Un gros travail est donc fait avec les dĂ©veloppeurs pour vĂ©rifier que leurs applications Mac fonctionnent correctement sur le Lisa avec MacWorks. Pour parvenir Ă  ses fins, Apple a fusionnĂ© les deux Ă©quipes de dĂ©veloppement, au sein de la division Apple 32 (dont nous avons dĂ©jĂ  parlĂ© par ici). Et tout le monde travaille dĂ©sormais pour le Macintosh, y compris dans le but d’assurer un jour la migration des donnĂ©es de Lisa 7/7 vers le Macintosh. On attend aussi la sortie d’Applebus, le système de rĂ©seau local peu coĂ»teux que promet la marque (et qui sera renommĂ© AppleTalk au tout dernier moment). Grâce Ă  ce rĂ©seau, un Lisa doit pouvoir devenir serveur de fichiers pour les Macs situĂ©s autour de lui. D’autant plus qu’on annonce un disque dur de 74 Mo pour bientĂ´t (comptez tout de mĂŞme 9000 dollars avec son système de sauvegarde sur bande).

InfoWorld 1984 Lisa Apple

Pendant ce temps, 250 compagnies dĂ©veloppent des logiciels pour le Macintosh, contre quelques poignĂ©es pour le Lisa, principalement dans des domaines professionnels, notamment en raison des capacitĂ©s graphiques du Lisa et de son grand Ă©cran. Mais aussi en raison de sa mĂ©moire vive, qui permet d’ouvrir des documents plus volumineux : LisaWrite gère des textes de 80 pages quand le Macintosh se contente de 10 ; LisaDraw gère quatre fois plus d’objets que MacDraw. Et surtout, le Lisa est la seule plateforme de dĂ©veloppement pour le Macintosh, dont la mĂ©moire est insuffisante pour cette tâche. Alors, que reste-t-il au Macintosh ? La gestion du son : le Lisa n’est pas Ă©quipĂ© de la puce spĂ©cialisĂ©e dans l’audio dont dispose le Macintosh, et reste muet avec les applications dĂ©diĂ©es.

Ironie de l’histoire : grâce Ă  sa mĂ©moire vive et Ă  MacWorks, le Lisa 2 sera donc le premier « Mac » compatible avec les applications dĂ©veloppĂ©es pour le futur « Fat Mac » (qui sera commercialisĂ© peu après sous le nom de Macintosh 512K). Et dĂ©jĂ , Lotus prĂ©voit que son application dĂ©diĂ©e au Macintosh (qui sera finalement dĂ©nommĂ©e Lotus Jazz) pourra tourner sur le Lisa 2 avant mĂŞme la sortie du Mac compatible !

PublicitĂ©s – Macintosh II, l’Homme et l’esprit

Le dimanche, c’est publicitĂ© ! Après la sĂ©rie de publicitĂ©s de dimanche dernier, sur le thème des inventeurs, on reste dans le sujet des mĂ©ninges, avec ces deux publicitĂ©s françaises de 1988 pour le Macintosh II.

Dans la première publicitĂ©, il est question d’Ă©volution, de crise, et d’Apple qui arrive pour redonner Ă  l’Homme ce qu’il a d’unique, et de plus fort : sa vision. Un monde. Et exploiter chaque ressource qu’il a en lui. Dit comme ça, ça pourrait surprendre, mais il s’agissait de vanter les mĂ©rites du Macintosh II, son processeur 68020 de Motorola maĂ®trisĂ©, le MultiFinder pour un système multi-tâches, son Ă©cran de 16 800 000 couleurs, sans oublier le message de « Bienvenue » colorĂ© quand on allume le Mac. Cette machine, on dirait quelqu’un. Et ça aussi c’est nouveau…

Publicité pour le Macintosh II d'Apple 1988

Dans la deuxième publicitĂ©, il est plutĂ´t question de s’ouvrir l’esprit, pour dialoguer avec le monde entier, accĂ©der aux plus grandes banques de donnĂ©es mondiales, Ă  tous les serveurs… Bref, une planète qui rapetisse. Le travail d’autrui devient le vĂ´tre. Et vice-versa. Vous ĂŞtes Ă  la fois rĂ©cepteur et source. Une première connexion de ce type est presque toujours une rĂ©vĂ©lation. L’Ă©motion passĂ©e, on se retrouve avec des ressources humaines et matĂ©rielles multipliĂ©es. Des amis aussi. Et en guise de conclusion : Il va falloir que le Minitel rose aille se rhabiller !

Publicité pour le Macintosh II d'Apple 1988

On aimerait connaître le rédacteur des longs textes de ces deux publicités, qui mêlent de manière assez rare (même chez Apple !) les envolées humanistes et les détails techniques…

Bon anniversaire, Macintosh II et Macintosh SE !

Le 2 mars 1987, Apple prĂ©sentait deux machines reprĂ©sentant une Ă©volution majeure de la vision originale du Macintosh. Évolution dans le design, puisque ces deux machines adoptaient les lignes « Snow White » qui accompagneront la gamme Apple durant toute une dĂ©cennie ; Ă©volution Ă©galement dans leur conception, puisqu’elles offraient une modularitĂ© et une extensibilitĂ© jusqu’alors inĂ©dites.

Macintosh II et Macintosh SE exploded views

Si le Macintosh SE se contentait du processeur Motorola 68000 Ă  8 Mhz du Macintosh original, le Macintosh II disposait d’un 68020 Ă  16 Mhz, bien plus puissant. Le Macintosh SE disposait de deux emplacements pour lecteur de disquette ou disque dur, et d’un port d’extension interne PDS. Le Macintosh II, lui, disposait des deux mĂŞmes emplacements, mais offrait pas moins de six ports NuBus internes ! Tous deux bĂ©nĂ©ficiaient Ă©galement du nouveau port ADB, inaugurĂ© avec l’Apple IIGS, pour brancher clavier, souris ou joystick.

Apple Macintosh SE

Les Macs de Baby Blues

Dans l’excellente bande dessinĂ©e BĂ©bĂ© Blues (en version originale Baby Blues) de Rick Kirkman et Jerry Scott, il n’y a pas que les enfants qui grandissent au fil des pages. Le père de famille,  Darryl MacPherson, dispose depuis toujours d’un Mac Ă  son travail. Comme la BD suit les personnages depuis 1990, le dessinateur s’est adaptĂ© au fil du temps, passant d’un bon vieux Classic dans les annĂ©es 90, Ă  un iMac G3 dans les annĂ©es 2000, puis Ă  un iMac Ă  Ă©cran plat.

Baby Blues BD et les MacsBaby Blues BD et les Macs

[edit] On cherchait le modèle manquant, l’emblĂ©matique iMac Tournesol. On a fini par le dĂ©couvrir en page 113 du 21ème opus de la sĂ©rie. C’est l’ordinateur de la maison des MacPherson.

Baby Blue 21 : MacPherson's iMac
– D’abord, tu lances le Navigateur, ensuite tu cliques sur ce lien qui ressemble Ă  un parapluie. – Quand la page est chargĂ©e, tu cliques sur le menu dĂ©roulant, ensuite tu descends pour sĂ©lectionner le nom de notre ville. – Ensuite, un clic-droit sur l’onglet “MĂ©tĂ©o”, un clic sur “Aujourd’hui”, et voilĂ  : “Pluie”. – Et regarder par la fenĂŞtre, plutĂ´t ? – Pourquoi t’embĂŞter Ă  ça alors que l’ordinateur est juste lĂ  ?

Steve Jobs de retour Ă  la WWDC 1997

Aujourd’hui, nous vous prĂ©sentons une vidĂ©o passionnante, bien que pas très rĂ©cente. Il s’agit d’une session de la ConfĂ©rence Mondiale des DĂ©veloppeurs du mois de mai 1997. Steve Jobs venait Ă  peine de reprendre du service chez Apple, comme conseiller de Gil Amelio (qu’il n’avait pas encore poussĂ© vers la sortie). Lors de cette rĂ©union annuelle, Steve Jobs accepte exceptionnellement une sĂ©ance de questions-rĂ©ponses libres avec les dĂ©veloppeurs, dont certains sont très remontĂ©s contre ses premières dĂ©cisions.

Au-delĂ  mĂŞme de l’Ă©loquence lĂ©gendaire du crĂ©ateur d’Apple, qui mĂ©rite le dĂ©tour (pour les lecteurs maĂ®trisant l’anglais), cet Ă©change est un moment historique. Il pose les bases d’une nouvelle vision de la marque, et ne se gĂŞne pas pour Ă©gratigner l’Ă©quipe dirigeante et les choix des annĂ©es passĂ©es. Il dessine aussi ce que sera l’Apple des annĂ©es 2000.

Accueilli par une longue standing ovation, Steve Jobs prend le contrepied de l’orateur prĂ©cĂ©dent, et dĂ©laisse le pupitre pour s’installer (avec son jean rapiĂ©cĂ©) sur un tabouret, au plus près du public. Sans la moindre note, sans le moindre support, il prendra plusieurs fois le temps de la rĂ©flexion durant cet Ă©change, travaillant son argumentaire et ses mĂ©taphores avant chaque rĂ©ponse.

Dès la troisième minute, il explique le principe qui guide son action : faire d’excellents produits, car le marchĂ© informatique dispose encore d’Ă©normes trous qu’Apple peut combler.

WWDC 1997 - Steve Jobs Fireside Chat

La première question vise directement l’une des grandes dĂ©cisions de Steve Jobs : What about OpenDoc ? demande un dĂ©veloppeur immĂ©diatement très applaudi : qu’en est-il d’OpenDoc, cette technologie qui devait rĂ©volutionner l’Ă©criture et l’utilisation des logiciels et de leurs fichiers ? « It’s dead, right ? », rĂ©pond Steve Jobs du tac au tac : elle est morte, non ? Il se lève alors, et explique aux dĂ©veloppeurs qu’ils ont passĂ© beaucoup de temps Ă  travailler sur des technologies portĂ©es par Apple, qu’il en est dĂ©solĂ©, et qu’il compatit, mais qu’il ne poursuivra pas la gestion erratique des dernières annĂ©es, comparant les crĂ©ations d’Apple Ă  une ferme oĂą tous les animaux partent dans des directions diffĂ©rentes, « un tout infĂ©rieur Ă  la somme de ses parties »… Se concentrer sur certains produits, explique-t-il, implique de devoir dire « non ».

Une deuxième question concerne la vision d’Apple qu’ont les journalistes, toujours prĂŞts Ă  critiquer. Steve Jobs compare cette situation Ă  celle de chacun d’entre-nous : nous changeons, et pourtant les gens s’adressent Ă  nous sans tenir compte de ces changements. Mais les choses changent petit Ă  petit : si elle prĂ©sente de bons produits, Apple obtiendra l’adhĂ©sion des clients et des dĂ©veloppeurs, et elle s’apercevra que la presse et l’action en bourse suivront.

WWDC 1997 - Steve Jobs Fireside Chat

La troisième question concerne la capacitĂ© d’Apple Ă  initier les rĂ©volutions, Ă  imposer ses standards. Steve Jobs rĂ©pond avec l’exemple de l’accès Ă  Internet : le Mac, Ă  force d’utiliser ses propres standards, s’est coupĂ© lui-mĂŞme du rĂ©seau. Apple ne doit donc pas chercher Ă  tout prix Ă  crĂ©er ses standards, mais rĂ©flĂ©chir aux technologies extĂ©rieures qu’elle doit adopter. Ne serait-ce que parce qu’il y a aussi beaucoup de gens intelligents qui ne travaillent pas chez Apple. Apple ne doit pas chercher Ă  tout prix Ă  ĂŞtre « diffĂ©rente », mais « bien meilleure ».

Steve Jobs revient ensuite sur son expĂ©rience chez NeXT, avec une gestion optimale des serveurs de sauvegardes. Dès la fin des annĂ©es 1980, NeXT disposait ainsi d’un rĂ©seau prenant en charge de manière transparente les sauvegardes de donnĂ©es, et Steve Jobs indique n’avoir jamais perdu un seul fichier en sept ans, sans jamais avoir eu besoin de lancer une opĂ©ration de sauvegarde. Il explique ensuite que chacun de ses ordinateurs chez NeXT, chez Pixar, ou Ă  la maison, partagent les mĂŞmes fichiers. Avec l’arrivĂ©e de l’intranet Ă  un gigabit/seconde, les ordinateurs pourront bientĂ´t se passer de disque dur ! Et qui mieux qu’Apple, une sociĂ©tĂ© verticalement intĂ©grĂ©e, qui fabrique l’ordinateur, conçoit le logiciel, et maĂ®trise l’interface utilisateur, peut y parvenir ? Avant de voir le monde PC mener cette rĂ©volution, on pourrait attendre le troisième millĂ©naire !

Ă€ ce participant qui demande ce qu’Apple fera pour les dĂ©veloppeurs, Steve Jobs rĂ©pond par une pirouette : qu’attendent les dĂ©veloppeurs pour travailler sur Rhapsody, le futur système d’exploitation issu des technologies de NeXT : Adobe n’a pas encore portĂ© Photoshop, Microsoft n’a encore rien annoncĂ©… La place est libre pour vendre des bizillions de logiciels ! « What are your waiting for ? ». Steve Jobs cite l’exemple de Concurrence, un logiciel de prĂ©sentation dĂ©veloppĂ© par la petite Ă©quipe de Lighthouse, qu’il utilise lui-mĂŞme pour ses prĂ©sentations. Avec dix-huit dĂ©veloppeurs, Lighthouse avait conçu une suite de cinq logiciels, dont chacun Ă©tait le meilleur dans son domaine, selon Steve Jobs. Et la proposition de Steve Jobs pour les dĂ©veloppeurs, c’est de leur fournir le système d’exploitation qui leur permettra Ă  leur tour d’ĂŞtre les meilleurs. Il ne le sait pas encore, mais Steve Jobs remplacera quelques annĂ©es plus tard ce logiciel (rachetĂ© et abandonnĂ© par Sun) par son hĂ©ritier chez Apple, Keynote.

WWDC 1997 - Steve Jobs Fireside Chat

Steve Jobs s’Ă©tend un petit peu sur la force des petites structures, expliquant que les multinationales telles Adobe et Microsoft, Ă  force d’agglomĂ©rer toujours plus de dĂ©veloppeurs, finissent par s’Ă©crouler sous leur propre poids. « L’Ă©nergie nĂ©cessaire pour communiquer avec un dĂ©veloppeur supplĂ©mentaire finit par effacer le bĂ©nĂ©fice de son arrivĂ©e ». Grâce aux outils fournis par Apple, 90% des ennuis traditionnellement gĂ©rĂ©s par les dĂ©veloppeurs, sont rĂ©glĂ©s Ă  l’avance dans le système.

Ă€ un dĂ©veloppeur qui lui demande s’il pense pouvoir affronter les grands monopoles comme Microsoft et Intel, les seuls Ă  bien faire leur boulot selon le Wall Street Journal, Steve Jobs lui raconte l’histoire d’Apple, lancĂ©e Ă  une Ă©poque oĂą IBM rĂ©gnait en maĂ®tre sur l’informatique, bien plus qu’Intel et Microsoft. Pourtant, faute peut-ĂŞtre d’avoir lu le Wall Street Journal, quelques types ont créé l’ordinateur qu’ils voulaient, sans avoir peur des grandes compagnies. Steve Jobs donne ensuite un autre exemple : le client Mail intĂ©grĂ© Ă  NeXT et Rhapsody est le meilleur du monde, alors qu’Apple utilise Eudora, qui est le plus mauvais. Pourquoi certains utilisent-ils de mauvais logiciels ? Il n’y a pas de rĂ©ponse Ă  cette question. Mais cela ne doit pas empĂŞcher de vouloir crĂ©er les meilleurs produits.

Steve Jobs enchaĂ®ne avec l’une des phrases qui marquera son retour, et sa nouvelle manière de voir les choses : il faut en finir avec l’idĂ©e que pour qu’Apple gagne, Microsoft doit perdre. Ă€ l’Ă©poque oĂą l’on parlait du procès anti-monopole initiĂ© par le gouvernement fĂ©dĂ©ral contre Microsoft, Steve Jobs prend fait et cause pour son concurrent, ne serait-ce que parce que « le gouvernement fĂ©dĂ©ral lui-mĂŞme est un monopole » ! Steve Jobs fait le pari que Microsoft rĂ©alisera que le Mac est aussi un marchĂ© profitable. Steve Jobs annonce mĂŞme dĂ©jĂ  Ă  demis-mots l’accord entre les deux sociĂ©tĂ©s qui sera annoncĂ© l’Ă©tĂ© suivant.

Steve Jobs est ensuite interrogĂ© sur le marchĂ© des clones de Macintosh. Il explique qu’il ne s’y oppose pas, et propose mĂŞme de ne plus imposer de contraintes matĂ©rielles aux cloneurs, pour pouvoir se concentrer sur le logiciel, et vendre celui-ci au juste prix. Il explique avoir proposĂ© une nouvelle politique, n’imposant plus de redevance sur le matĂ©riel, mais organisant une facturation selon le nombre de systèmes installĂ©s… mais prĂ©cise qu’il ne prend pas les dĂ©cisions !

WWDC 1997 - Steve Jobs Fireside Chat

Ă€ un dĂ©veloppeur qui l’interroge sur la possibilitĂ© que les ordinateurs se mettent plus au service des utilisateurs, Steve Jobs oppose une vision plus rationnelle : sur NeXT, il utilise une vingtaine d’applications, qui communiquent entre-elles et lui permettent d’avancer, sans avoir Ă  se soucier des questions techniques. Bien mieux qu’il n’a pu le voir sur Mac ou sur Windows. La tâche d’Apple, durant les trois ou quatre prochaines annĂ©es, sera d’apporter ces technologies aux utilisateurs, avant de vouloir rĂ©inventer le monde… Steve Jobs fait le parallèle avec les technologies du Xerox PARC, oĂą quelques milliers de personnes ont dĂ©couvert des technologies que le Mac a offert Ă  des millions d’autres.

Il revient ensuite sur la question de la productivitĂ© des dĂ©veloppeurs. PlutĂ´t que de s’orienter vers des solutions permettant de crĂ©er un logiciel sans ligne de code (aucune solution n’ayant trouvĂ© grâce Ă  ses yeux), Apple prĂ©fère proposer un système qui Ă©limine la nĂ©cessitĂ© de 90% des lignes de code pour laisser les dĂ©veloppeurs se concentrer sur leur partie du boulot.

Steve Jobs parle ensuite de Jon Rubinstein, qui l’a suivi de NeXT Ă  Apple en tant que responsable du matĂ©riel. Sa spĂ©cialitĂ©, c’est de rendre abordables des systèmes performants. Son rĂ´le, c’est d’emmener le hardware d’Apple en haut de la chaĂ®ne alimentaire ! L’occasion de rappeler qu’Apple ne garde pas de bonnes technologies sous le coude pour le plaisir, et que les Ă©quipes en charge de la stratĂ©gie des produits ont toute sa confiance. InterrogĂ© Ă  ce sujet, Steve Jobs explique qu’elle ne doit pas encore communiquer au moyen de spots tĂ©lĂ©visĂ©s, très coĂ»teux, mais garder son argent pour faire son boulot. Et quand ce boulot sera fait, la presse se chargera d’annoncer en première page : « Apple is Back » ! En attendant, elle se contentera de publicitĂ©s papier.

Après cinquante minutes d’Ă©change, survient un moment de tension. Un dĂ©veloppeur apostrophe Steve Jobs, en le flattant tout d’abord, provoquant une rĂ©action de l’intĂ©ressĂ©, mimant le dresseur de lions se protĂ©geant avec son tabouret. Puis le ton change :

— Mister Jobs, vous ĂŞtes un homme brillant et influent. Mais sur les sujets que nous venons d’aborder, il est clair que vous ne savez pas de quoi vous parlez. Expliquez-nous par exemple en quoi Java peut rivaliser avec les concepts dĂ©veloppĂ©s par OpenDoc. Et quand vous aurez terminĂ©, peut-ĂŞtre pourriez-vous nous expliquer ce que vous avez fait personnellement durant les sept dernières annĂ©es ?

WWDC 1997 - Steve Jobs Fireside Chat

Murmures mĂŞlĂ©s de soutien, de rĂ©probation et de gĂŞne dans le public. La rĂ©ponse de Steve Jobs mĂ©rite d’ĂŞtre Ă©tudiĂ©e par tous ceux qui doivent faire face Ă  un contradicteur :

— Vous savez, on ne peut pas plaire Ă  tout le monde. Le plus compliquĂ©, quand on veut changer les choses, c’est qu’il y a des gens — comme ce monsieur — qui ont en partie raison.

Il reconnaĂ®t alors qu’il y a sĂ»rement des aspects d’OpenDoc qu’il ne connaĂ®t pas bien, peut-ĂŞtre meilleurs que tout ce qui existe par ailleurs. Mais comment faire en sorte que cette technologie s’intègre dans une vision cohĂ©rente ? Dans un ensemble qui se vendra pour 8 ou 10 milliards de dollars par an ? La volontĂ© de Steve Jobs, c’est de remettre l’utilisateur au centre des prĂ©occupations d’Apple, et d’en tirer les technologies utiles. Pas de crĂ©er des technologies pour ensuite tenter de les vendre au consommateur.

J’ai moi-mĂŞme souvent commis cette erreur, plus que quiconque dans cette pièce. Mes cicatrices le prouvent. Et lĂ  [pour OpenDoc], je sais que c’est le cas.

Puis il s’excuse auprès des dĂ©veloppeurs pour les technologies qu’il fera disparaĂ®tre. Il reconnaĂ®t que des erreurs seront faites. Mais que ses Ă©quipes travaillent dur pour crĂ©er les meilleurs produits. Et qu’elles mĂ©ritent d’ĂŞtre encouragĂ©es. Car les choses sont bien mieux ainsi qu’auparavant.

Un dĂ©veloppeur l’interroge ensuite sur les arguments qui permettraient de convaincre son employer de continuer Ă  dĂ©velopper pour Mac. Steve Jobs lui promet alors qu’Ă  l’avenir, il pourra concevoir un logiciel pour Mac bien plus rapidement, et le dĂ©ployer sur PC grâce Ă  Rhapsody pour Intel.

Un participant lui demande ensuite ce qu’Apple va faire de Newton… Steve Jobs explique alors ĂŞtre en minoritĂ© au sein d’Apple. Il pense qu’une entreprise peut difficilement commercialiser avec succès trois systèmes d’exploitation. MacOS et Rhapsody occuperont le devant de la scène, et Steve Jobs ne voit pas comment poursuivre le dĂ©veloppement de NewtonOS, quelles que soient ses qualitĂ©s. Il poursuit en expliquant qu’un outil informatique nĂ©cessite un clavier, et doit ĂŞtre connectĂ© Ă  Internet. Il ne veut pas d’un « truc pour griffonner ».

WWDC 1997 - Steve Jobs Fireside Chat

La dernière question aborde le rĂ´le de Steve Jobs au sein d’Apple. Il rappelle qu’il est revenu pour conseiller les dirigeants d’Apple, ce qu’il a fait en accompagnant la rĂ©organisation d’Apple, autour d’un organigramme simple et efficace, avec notamment Avie Tevanian Ă  la tĂŞte du logiciel, Jon Rubinstein au matĂ©riel, et Fred Anderson aux finances. De quoi remĂ©dier au principal problème d’Apple : le manque de vision et de management.

Puis il invite les développeurs à essayer Rhapsody, pour se laisser convaincre. Nous avons une chance de faire quelque chose de vraiment bien, dit-il avant de quitter la scène.

PublicitĂ© : Newton, l’ordinateur de poche qu’on peut vraiment utiliser

Le dimanche, c’est publicitĂ© ! Et cette annĂ©e, c’est publicitĂ© en anglais… Aujourd’hui, nous vous prĂ©sentons une publicitĂ© de 1997 pour le Newton MessagePad 2000, l’avant-dernier modèle de la gamme, prĂ©sentĂ© en mars 1997 (le dernier, numĂ©rotĂ© 2100, sortira en novembre de la mĂŞme annĂ©e). Ă€ l’Ă©poque, bien qu’on imagine que la dĂ©cision d’abandonner la gamme Ă©tait dĂ©jĂ  dans toutes les tĂŞtes Ă  Cupertino, Apple Ă©tait fière de prĂ©senter « le premier ordinateur de poche que l’on peut vraiment utiliser ». Un Ă©cran rĂ©troĂ©clairĂ© Ă  16 niveaux de gris qui permet de lire une page web ou un fax pleine page, utilisable verticalement et horizontalement ; un processeur RISC Ă  160 Mhz ; deux ports PCMCIA ; trois Ă  six semaines d’autonomie sur deux piles AA ; un micro et un haut-parleur ; un clavier optionnel ; et plein de logiciels !

1997 MessagePad 2000 Apple Newton Ad

A l’intĂ©rieur de l’eMac

L’eMac, dont nous fĂŞtons aujourd’hui l’anniversaire, Ă©tait une merveille d’ingĂ©nierie. Plus encore que celle de l’iMac, sa conception Ă©tait un tour de force, pour rĂ©ussir Ă  caser tous les Ă©lĂ©ments autour de l’Ă©cran 17 pouces.

Inside a G4 eMac of Apple

L’intĂ©rieur de la machine, totalement invisible de l’utilisateur (contrairement Ă  l’intĂ©rieur de l’iMac translucide), mĂ©rite le dĂ©tour. Chaque pièce a Ă©tĂ© minutieusement dĂ©coupĂ©e, pour aligner chaque Ă©lĂ©ment avec la coque en plastique de l’ordinateur : une sĂ©rie de ports lĂ©gèrement incurvĂ©e, des pièces transparentes pour la beautĂ© de l’art, un dissipateur thermique taillĂ© en biseau, des pièces mĂ©talliques joliment ajourĂ©es…

L’Aventure Apple devient Dell’Aventure !

VoilĂ  dĂ©jĂ  presque un an que ce blog vous raconte, jour après jour, l’histoire d’Apple. Nous pensions que l’histoire d’Apple Ă©tait une source permanente d’inspiration. Nous pensions pouvoir continuer ainsi plusieurs annĂ©es. Mais nous nous sommes trompĂ©s : en fait, en moins d’un an, nous avons fait le tour ! Le moment est venu de passer Ă  l’Ă©tape suivante : après Apple, place Ă  Dell ! L’histoire de Dell est une source permanence d’inspiration. Nous pensons pouvoir continuer ainsi plusieurs annĂ©es. Tous les articles sur notre nouvelle passion sont Ă  lire sur notre page d’accueil !

Le blog Dell Aventure (ex- Aventure Apple)

 

[mise Ă  jour le 02 avril] : vous l’aurez compris, ce changement d’identitĂ© Ă©tait notre poisson d’avril. Nous avons encore beaucoup Ă  raconter ! Nous avons bien aimĂ© aussi le poisson du Journal du Lapin : une Pippin Atmark Classic, dans la droite ligne des Super Nintendo Classic ou NES Classic.

Pippin Classic sur le journal du Lapin
Image : le Journal du Lapin