Le clavier et la souris USB de l’iMac en 1998

Lors de la sortie du iMac, en 1998, il était impensable que cette machine au design révolutionnaire puisse être accompagnée du clavier et de la souris habituels d’Apple. Ces deux éléments subissent donc, comme tout le reste, un relookage complet. En fait, ce n’est pas seulement au design que se sont attaqués les équipes de Jonathan Ive et Steve Jobs : c’est bien le principe même de la souris qui a été revu. Avant, pour utiliser une souris, il fallait bouger tout le bras jusqu’à l’épaule : en effet, le poignet était immobilisé sur la souris. Avec la nouvelle souris ronde, le poignet ne repose plus sur la souris mais sur la table, et il devient possible de déplacer la souris du bout des doigts, sans se fatiguer. Le clavier, de son côté, est raccourci et aminci pour occuper moins de place et être mieux assorti avec l’iMac.

1998 iMac with keyboard and mouse

Voilà pour la théorie… En pratique, les premiers utilisateurs rapportent que la souris est particulièrement difficile à apprivoiser. Trop petite, elle est difficile à prendre en main. Toute ronde, on ne peut pas savoir si on la tient correctement sans la regarder, et il arrive fréquemment qu’on la tienne sur le côté en pensant la tenir droite. Si certaines personnes l’apprécient tout de même car elle est plus réactive et moins fatigante qu’une souris classique, de nombreux utilisateurs, et particulièrement les graphistes, ne la supportent pas et s’en débarrassent au profit de produits d’autres fabricants. Pour le clavier, ce n’est pas mieux : il manque des touches par rapport aux claviers étendus classique, d’autres ont été déplacées, et les touches de fonctions sont trop petites… Le pire, c’est que les équipes d’Apple avaient prédit ces problèmes, comme le raconte Leander KAHNEY, dans son livre Jony Ive – Le génial designer d’Apple : « Steve Jobs avait été informé que la souris serait un problème, mais, dans sa hâte de mettre l’ordinateur sur le marché, il ignora le conseil »…

En plus, la rumeur avait annoncé que la souris et le clavier puissent s’allumer, comme on le voyait sur les images de la présentation de l’ordinateur par Steve Jobs ! Cette perspective intéressait beaucoup les acheteurs potentiels, mais il n’en était rien : en fait, ce qui s’allumait, c’était la table, sur laquelle Steve Jobs avait posé la machine lors de sa présentation…

Image : Pinterest

Bref, pendant deux ans, tous les utilisateurs de Mac utilisèrent une souris et un clavier complètement inadaptés, et ce, même sur la version haut-de-gamme des G4 ! Jusqu’à ce qu’en juillet 2000, Apple abandonne discrètement ces deux ustensiles et les remplace par des versions “Pro”, beaucoup plus proches des périphériques conventionnels.

Les animations des années 90, c’était trop cool

Je poursuis mon exploration des CD des premières versions de QuickTime. Après le Monsieur Macintosh flippant, voici une animation tout à fait dans le style des années 90. Une époque où le bonheur d’un animateur se calculait selon le nombre d’effets visuels, de couleurs, de bruits et de textures psychédéliques qu’il ajoutait à son projet. Mark Krueger, le membre de l’équipe de développement de QuickTime qui avait animé ce logo (étrangement dénommé QuickCheese) devait être particulièrement content de lui !

Heureusement, au moment de passer aux versions commerciales, Apple avait revu sa communication. Voici justement une compilation des séquences d’introduction fournies avec les différentes versions du logiciel, trouvée sur YouTube.

https://www.youtube.com/watch?v=Jjkdm4bnn0c

Gérer les fichiers du Finder avec HyperCard

Si HyperCard est assez limité dans sa gestion du contenu des disques, il est tout de même capable de rendre certains services bien pratiques. De plus, en utilisant les capacités des commandes externes, il devient possible d’automatiser des tâches qui pourraient prendre beaucoup de temps.

Manage Finder files with HyperCard

Sans aucune commande externe, il est possible d’ouvrir un fichier et de lire son contenu avec une pile HyperCard :

on mouseUp
  global lefichier, lavariable
  answer file "Fichier à ouvrir ?"
  put it into lefichier
  open file lefichier
  repeat until it is empty
    read from file lefichier for 500
    put it after lavariable
  end repeat
  close file lefichier
end mouseUp

Le script précédent déclare deux variables, demande à l’utilisateur de choisir un fichier, puis ouvre le fichier et copie son contenu, par paquets de 500 caractères, dans une variable. Ensuite, il referme le fichier. À partir de ce moment, il est possible d’utiliser le contenu de la variable et de le modifier comme n’importe quelle suite de caractères. Ensuite, on peut inscrire le contenu de la variable dans le fichier précédent. Si la variable est vide, alors le fichier sera vidé !

open file lefichier
write lavariable to file lefichier
close file lefichier

Avec ces quelques lignes, il devient possible de créer des fichiers texte (de type SimpleText, HTML…) et même des fichiers de tout autre type (JPEG, Mov…) à condition de connaître le format de données correspondant !

Ensuite, pour améliorer encore la gestion des fichiers, il faut utiliser des XCMD (commandes externes) qui permettent de dépasser les limites d’HyperTalk. Parmi les externes indispensables, on trouve GetDir et SetFInfo de Frédéric Rinaldi. Voici par exemple un script qui permet de transformer tous les documents “.htm” d’un dossier en documents GoLive, quel que soit leur format d’origine (Explorer, HomePage…) :

on mouseup
  answer folder "Quel dossier voulez-vous modifier ?"
  put it into ledossier
  put getdir(ledossier,f) into lesfichiers
  repeat with i = 1 to number of lines in lesfichiers
    if line i of lesfichiers contains “.htm” then SetFInfo ledossier & line i of lesfichiers,"t=" & TEXT,"c=" & GoMk
    end if
  end repeat
end mouseup

Remarquez la quatrième ligne qui utilise la XCMD GetDir et qui permet de connaitre le contenu d’un dossier. La septième ligne, de son côté, permet de modifier le type et le créateur d’un fichier. Et voilà comment, après avoir créé 500 pages HTML avec une pile HyperCard, on les modifie en documents GoLive qui, d’un simple double-clic, s’ouvrent dans l’éditeur HTML plutôt que dans SimpleText !

Un Lisa original sur eBay !

C’est suffisamment rare pour être signalé : il y a un Lisa, premier du nom, en vente sur eBay. Bon, à 65.000 dollars, il n’est pas donné, mais nous vous avons déjà expliqué pourquoi le Lisa coûte si cher.

Un Lisa sur eBay
Un Lisa de 1983 (image : bors123 sur eBay)

Celui-ci est en parfait état de marche d’après son propriétaire. On voit d’ailleurs une photo de l’écran allumé : les habitués du Macintosh noteront les différences flagrantes entre ce Lisa OS de 1983 et le système du Macintosh, présenté l’année suivante.

Un Lisa sur eBay : LisaOS
Lisa OS (image : bors123 sur eBay)

Ses deux lecteurs de disquettes sont, comme il se doit, des modèles Twiggy spécifiques à cette machine. Ce Lisa dispose d’un disque dur ProFile 5 Mo, prévu à l’origine pour accompagner l’Apple ///.

Petite coquetterie, le clavier du Lisa est accompagné de fiches didactiques présentant le clavier et le système. Ces fiches se glissent sous le clavier pour être toujours accessibles.

Un Lisa sur eBay : les fiches du clavier
Les fiches didactiques du Lisa (image : bors123 sur eBay)

Le propriétaire, qui a l’air de s’y connaître un peu, précise que les résistances R41 et R47 sont présentes, signe que ce Lisa n’a pas été mis à jour en version 2, puisqu’il fallait pour cela couper ces deux résistances, en parallèle à un remplacement de la ROM, qui passait de la version 40 à la version 88 pour prendre en compte le lecteur 3,5 pouces Sony.

Un Lisa sur eBay : R41 et R47
Un morceau de la carte-mère du Lisa et ses résistances R47 et R41 (image : bors123 sur eBay)

Si vous pensez que ce prix est un peu élevé pour un ordinateur qui tourne à 5 Mhz, sachez qu’un de ses congénères s’est vendu aux enchères en mars dernier pour 55.300 dollars

Le bureau à domicile Apple

Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, nous vous présentons une réclame de 1996, dans la droite ligne de la publicité « Apprendre, créer, communiquer, oser ». Le bureau à domicile formait, avec le Studio de Création et le Macintosh de la famille, les trois solutions clé-en-main de la gamme Performa. Un Performa 6400 fourni avec ClarisWorks, ClarisOrganizer, Apple Telecom et vingt autres logiciels et CD-Rom, sans oublier 50% de réduction sur l’imprimante StyleWriter Couleur 2500 soit 1445 francs d’économie. Mais il fallait commander avant le 31 décembre 1996 !

Apple Performa Le Bureau à Domicile

Une armée de Macs sur eBay

Avez-vous, par hasard, 4900 euros (minimum) à dépenser ? C’est la somme à laquelle débute une vente aux enchères d’un lot de 32 ordinateurs Apple vendus par un passionné de Namur, en Belgique. Outre d’assez classiques Apple II et Apple III, on y trouve une belle collection de Macs monoblocs, dont un Macintosh ED et un Macintosh Plus ED (les versions dédiées au monde éducatif), et un grand nombre de déclinaisons du Macintosh SE : FDHD, 1/20, 1/40, Hyperdrive… Sans oublier des manuels, des lecteurs de disquettes et des disques durs externes. De quoi monter un cybercafé 80’s complet ! Ha oui, comptez tout de même 2.000 euros pour la livraison en France. La mise en scène façon « armée de terre cuite » chinoise est du plus bel effet.

Lot de 32 Macs sur eBay

L’héritage de The Keyboard Company

A l’occasion de l’apparition d’un Apple Cursor /// sur eBay, nous avons eu l’occasion il y a quelques temps de revenir sur l’histoire de The Keyboard Company, une société spécialisée dans la fabrication de claviers informatiques, rachetée par Apple au début des années 80.

Aujourd’hui, nous vous présentons un autre produit que cette firme avait conçu, et qu’Apple a intégré à sa gamme : le pavé numérique pour Apple II. Issu de notre collection, voici le modèle pour Apple IIe.

Apple II numeric keypad

Apple II numeric keypad

Ce clavier était une version modernisée du modèle conçu et commercialisé par The Keyboard Company, dont on trouve des photos sur le site Deskthority :

Apple II numeric Keypad par The Keyboard Company
Image : Deskthority.net
Apple II numeric Keypad par The Keyboard Company
Image : Deskthority.net

L’iPod, dans un manuel de 1966

Qui a inventé l’iPod, et notamment sa fameuse roue de navigation ?  Jonathan Ive, Tony Fadell, Moby, Kane Kramer ? Hé bien non : notre surprise fut grande de découvrir dernièrement que le véritable créateur du design de l’iPod original, reconnaissable entre tous, est Pierre Poignon, un dessinateur industriel, créateur d’un ouvrage de référence dont l’édition de 1966 ne laisse aucun doute sur ses talents de visionnaire. Tout y est : la forme aux bords arrondis, l’écran, la molette et son bouton central…

Le plus vieil iPod de l'histoire de l'humanité

La WristMac de Seiko, vingt-cinq ans avant l’Apple Watch

Il y a un an, sur le club iGen, j’ai proposé deux articles s’inscrivant dans une série dédiée à l’Apple Watch : un historique des montres intelligentes depuis leur apparition dans les bandes dessinées, et une galerie des premières montres Apple, de l’époque où il ne s’agissait que d’objets publicitaires aux couleurs de la marque.

Dans la longue litanie des montres plus ou moins intelligentes et plus ou moins connectées, il y en a une qui m’avait échappé : la WristMac, fabriquée par Seiko en 1989. Il s’agissait de la version Mac de la PC-Datagraph, également connue sous le nom de RC-4500. Une montre dotée d’un écran qui affichait l’heure, mais aussi deux lignes de 12 caractères.

WristMac Seiko RC-4500
Image : Neo Gizmo sur Twitter

Elle se connectait sur le port série du Macintosh, au moyen d’un adaptateur venant se fixer sur la montre. Le logiciel WristMac — en réalité, une simple pile HyperCard ! — venait compléter le système et permettait d’enregistrer et modifier de très courts textes stockés dans la mémoire de la montre. Le site Macintosh Repository permet de télécharger ce logiciel.

WristMac Seiko RC-4500
Image : Buxton collection

Pour voir la montre en action, direction la page Flickr de Pinot & Dita. Pour lire le mode d’emploi, rendez-vous dans la Buxton Collection, hébergée sur le site de Microsoft ! Vous y apprendrez que la  WristMac permettait d’associer des textes de 12 caractères à des alarmes, au besoin répétées chaque jour ou chaque semaine, mais aussi de créer un répertoire associant des noms et des numéros de téléphone, ou encore de créer de simples textes groupés par thèmes.

Seiko WristMac sur Macintosh Repository

La montre avait été proposée en trois modèles (la WristMac à 225 dollars, l’Executive WristMac étanche à 295 dollars et la Pocket WristMac qui avait rejoint la gamme un peu plus tard). Malgré l’enthousiasme de certains chroniqueurs, MacWorld avait élu la WristMac « produit le plus inutile de l’année » dans son édition de janvier 1990. La montre avait disparu des radars courant 1992.

WristMac HyperCard stack pile

Une petite astuce de la part d’Alan Kay (ou pas)

Au détour des pages de la revue MacWorld de septembre 1984, nous sommes tombés sur cette sympathique astuce qui permettait de dessiner de manière plus naturelle avec le tout premier MacPaint. Ce qui a attiré notre attention, c’est le nom de l’auteur de l’astuce : s’agit-il du même Alan Kay qui a fêté dimanche ses 80 ans ? L’un des théoriciens les plus prolifiques de l’histoire de l’informatique, fervent défenseur de l’utilisation des interfaces graphiques, père du projet Dynabook, un « manipulateur de connaissance » de la taille d’un livre ordinaire, avec un clavier et un écran. Probablement pas, car l’intéressé n’a sûrement pas émigré au Texas au moment où il rejoignait Apple après un long séjour au Palo Alto Research Center de Xerox… L’astuce n’en reste pas moins très sympathique, avec même une petite explication technique : alors que le crayon produisait un trait continu (si nécessaire en comblant le vide entre deux points si la souris bougeait trop vite), la duplication d’un simple point (avec l’outil lasso et les touches Commande et Option) n’était effectuée par l’ordinateur qu’à intervalles réguliers, permettant de produire un dessin plus naturel, avec des points plus proches ou plus espacés selon la vitesse de déplacement de la souris.

1984 Alan Kay MacPaint Tip

Apple dans le pétrin en 1996

Ces derniers temps, nous avons abordé à plusieurs reprises l’état de santé d’Apple au milieu des années 90. Alors que les fans inconditionnels de la marque s’extasiaient encore devant les appareils photo numérique QuickTake ou les assistants personnels Newton MessagePad, le monde entier voyait un géant prendre l’eau de toutes parts.

Voici par exemple un article extrait de la revue InfoWorld du 5 février 1996. C’est le moment où Gil Amelio, qui faisait déjà partie du Conseil d’Administration de la marque depuis 1994, en prend la tête en remplacement de Michael Spindler. Quand les journalistes écrivent leur article, cette décision n’est pas encore officielle, mais c’est un secret de polichinelle.

La situation d’Apple à l’époque n’est pas bien jolie. Depuis plusieurs mois, on fait état de négociations en vue d’un rachat par Sun Microsystems, le créateur de Java, qui est en pleine forme à l’époque. Pire : les journalistes citent plusieurs sources indiquant le désintérêt manifeste d’IBM dans la plate-forme PowerPC, qu’elle avait pourtant contribué à créer avec Apple et Motorola, et de laquelle dépendait toute la stratégie d’Apple. IBM venait juste d’annoncer qu’elle ne développerait pas de version complète de son système OS/2 pour le PowerPC, certains cadres de l’entreprise ne considérant même plus ce processeur comme viable pour l’informatique personnelle. Et ce n’est pas tout : comme le note le journaliste Pieter Hartsook, si IBM se désintéresse du PowerPC, les fabricants de clones vont également s’en éloigner, et les clients verront l’offre de compatibles Mac OS se réduire.

Autant de problèmes qui avaient amené Sun à proposer le rachat d’Apple pour seulement 2,7 milliards de dollars. Un comble pour une entreprise disposant d’une base de vingt millions d’utilisateurs, de technologies de qualité, d’un milliard de dollars de trésorerie et ayant réalisé un chiffre d’affaire de onze milliards de dollars en 1995 ! Bref, le problème d’Apple à l’époque, c’était de faire vraiment des affaires. Telle était la mission de Gil Amelio.

On note aussi le bref rappel de la succession des précédents PDG : Steve Jobs, évincé pour s’être opposé à l’évolution du Macintosh ; John Sculley, écarté après avoir soutenu le Newton ; et Michael Spindler, incapable de fédérer l’entreprise au moment du succès du PowerPC.

Network Server, le serveur Apple qu’on peut oublier

Nous poursuivons notre série de brochures publiées par Apple France. Aujourd’hui, voici un beau dépliant qui vous apprend que, grâce au Network Server d’Apple, « vous pouvez enfin faire ce que vous avez toujours voulu faire avec un serveur… l’oublier ! ». Et il faut dire que cette gamme tournant sous AIX, l’Unix d’IBM, avait tout ce qu’il fallait pour simplifier la vie des administrateurs réseau : des baies remplaçables à chaud (tout comme les ventilateurs et les alimentations redondantes), un accès aisé à la carte-mère, et un astucieux système de porte qui pouvait laisser l’accès aux lecteurs amovibles tout en interdisant le retrait des périphériques internes.

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