Un étrange poster ailé pour le Macintosh de 1984

Voilà un bien étrange poster, vendu récemment par RRauction. Issu de la collection d’un salarié non identifié de la marque, ce rare poster promotionnel Apple de 1984 (46 × 61 cm) représente l’archange Gabriel présentant le Macintosh 128K, avec à l’écran un exemple de MacPaint. Dans les coins supérieurs figure l’inscription « Macintosh » et « MCMLXXXIV », rappelant l’année du lancement. Ce visuel artistique est sans doute l’un des emblèmes les plus singuliers de la communication autour du premier Mac.

De notre côté, on a renoncé à tenter d’élucider le mystère de la symbolique de ce visuel. Un ange, un Macintosh, un œuf…

Apple 1984 Macintosh 128K Poster archange Gabriel archangel

Publicité – Regardez ce que vous nous avez fait faire (2)

Le dimanche, c’est publicité ! Ce dimanche, une publicité de 1990 pour le Macintosh Classic. Regardez ce que vous nous avez fait faire, clame Apple, pour vanter son Macintosh Classic, la réédition à petit prix du Macintosh Plus. Seulement 6500 F HT, mais avec un simple processeur MC68000 à 8 Mhz, 1 ou 2 Mo de mémoire vive extensible à 4 Mo, et un disque dur interne en option !

Publicité - Regardez ce que vous nous avez fait faire - Macintosh Classic

Cette publicité est la jumelle de celle que nous vous présentions la semaine dernière, pour le Macintosh IIsi.

19 ans plus tard… Mac OS X Public Beta

Il y a dix-neuf ans tout pile, le 13 septembre 2000, Apple proposait à ses clients la première version publique de Mac OS X. Une version Beta, mais proposée à tout un chacun, une première à l’époque. Et comme Apple était déjà Apple, cette version incomplète était bien évidemment payante (200 francs, soit 30 euros). Pour l’obtenir, il fallait en plus aller faire la queue à l’Apple Expo de Paris !

Dix-neuf ans plus tard, voici l’occasion de proposer quelques comparaisons entre cette première version et le Mac OS X que nous connaissons aujourd’hui. A l’époque, par exemple, pas encore d’iTunes. Pour écouter de la musique, il fallait utiliser QuickTime Player, ou ce petit lecteur MP3 dénommé Music Player, qui n’a pas survécu à cette version.

Remarquez également le menu Pomme qui était placé au centre de la barre des menus. Il ne servait à rien, et disparaissait quand les menus étaient trop nombreux. Si vous voulez savoir à quelle occasion il a rejoint son emplacement naturel à gauche de la barre des menus, plongez-vous dans notre historique complet de Mac OS X sur l’Aventure Apple !

Les dialogues d’enregistrement étaient très simples, mais l’essentiel était déjà là : une palette de dialogue accrochée à la fenêtre, qui ne bloquait plus l’utilisation de l’ordinateur, et qui offrait la navigation par colonnes inconnue sous Mac OS 9.

Cette première version Public Beta arborait donc déjà l’interface Aqua connue depuis la version Developper Preview 3. Il fallait supporter ce motif à rayures grises qui encombrait toutes les fenêtres, et qui sera maintenu jusqu’à la sortie de Mac OS X 10.4 « Tiger » en 2005.

Et comme c’était une version Beta, on rencontrait également régulièrement des problèmes de traduction ou d’ajustement d’interface, comme dans ces Préférences Système dédiées aux moniteurs.

Les liens entre Apple et Canon

Si vous deviez citer les liens qui unissent Apple et Canon, le spécialiste japonais des produits optiques, combien en trouveriez-vous ?

Oui, Canon avait embauché Jef Raskin, l’un des papas du Macintosh, qui avait quitté Apple en 1982. Chez Canon, il développa le Canon Cat, un drôle d’ordinateur sans souris sorti en 1987.

Oui, Apple a utilisé un système développé par Canon dans sa première imprimante laser, la LaserWriter de 1985. Il s’agissait du LBP-CX, également utilisé par Hewlett-Packard dans sa LaserJet quelques mois plus tôt.

Canon LBP-CX laser
Image extraite de PC Magazine, 17 septembre 1985

Oui, en 1989, Canon a investi 100 millions de dollars pour monter au capital de NeXT, l’autre entreprise de Steve Jobs, qui n’avait pourtant encore rien commercialisé mais qui prévoyait d’utiliser un lecteur CD conçu par Canon, ainsi que le même LBP-CX que dans la LaserWriter. C’est d’ailleurs à Canon que NeXT cédera sa division matérielle quand elle se recentrera sur le logiciel en 1993.

Oui, Apple a réhabillé des imprimantes Canon pour constituer sa propre gamme, sous le nom de StyleWriter, de 1991 à 1996, avant de se tourner vers Hewlett-Packard.

Oui, il s’est dit au milieu des années 90, quand Apple était moribonde, que Canon était sur le point de la racheter, ce que la firme japonaise avait démenti.

Mais ce n’est pas tout : l’imposante firme japonaise a été pour Apple un simple revendeur de 1983 à 1998. On trouve ainsi des brochures d’époque, vantant la gamme d’Apple, avec les logos de Canon et d’Apple côte à côte. La branche Canon Sales, en charge de cette activité, avait choisi en janvier 1998 de s’éloigner d’Apple et de ses ventes déclinantes, pour se rapprocher de Compaq. Huit mois plus tard, Apple lançait l’iMac, tandis que Compaq s’apprêtait à sombrer (son PDG Eckhard Pfeiffer démissionnera à l’été 1999). Y’a des jours, comme ça, il vaudrait mieux se casser une jambe…

Brochure Apple Canon JaponBrochure Apple Canon Japon

Brochure Apple Canon Japon

Sources :
ComputerWorld, 24/10/1983 : “a contract that will allow Canon to sell Apple microcomputers”
NY Times, 13/06/1989 : “The Tokyo-based company already sells the Apple Macintosh”
Japan Times, 30/01/1998 : “We have been selling Apple’s products for nearly 15 years”

Souvenir – de MacOS 9 à MacOS X

Et vous, avez-vous connu la transition entre MacOS 9 et MacOS X ? En 2000, il était possible de faire tourner sur nos Macs les deux versions du système d’Apple, l’ancienne s’intégrant parfaitement dans la nouvelle. Ici, la version Public Beta de MacOS X, dans laquelle on a lancé le Finder de MacOS 9 ! Cette manipulation contre-nature fut rendue impossible dès les premières versions définitives du nouveau système : plus question de contourner l’interface (et les sécurités) de MacOS X avec l’ancien Finder.

MacOS 9 Finder in Mac OS X Public Beta
Les Finder de Mac OS 9 et de MacOS X mélangés, ce n’était pas beau à voir

Pour les bricoleurs du dimanche — ou des jours fériés —, on rappellera que ce blocage pouvait tout de même être contourné dans les versions ultérieures de MacOS X. Il suffisait de dupliquer le Finder (dans le Dossier Système), d’ouvrir cette copie dans ResEdit et de changer son Code Type en APPL et son Code Créateur en XXXX ou tout autre code que celui d’origine. Ainsi, le système était dupé et ne bloquait pas le lancement de ce qui lui apparaissait dorénavant comme une simple application.

Des disquettes spéciales pour PowerBook

Voici peut-être l’une des idées les plus farfelues dans la longue liste des produits auxquels seul Apple pouvait penser. Non mais sérieusement, qui a donc bien pu avoir l’idée de créer une disquette spécialement adaptée aux ordinateurs portables ?

Apple Notebook disks

Car c’est bien ce que l’on trouve sur eBay ces jours-ci : une bête boîte de 10 disquettes 3″1/2 de 1.4 Mo. Des disquettes grises comme le PowerBook, avec une surface anti-poussière, anti-statique, et des matériaux plus résistants aux vibrations, aux chocs et aux changements de température et d’humidité…

Apple Notebook disks

Attention cependant : à 650 euros la boîte, on approche des 45 millions d’euros le Téraoctet, ce qui n’est pas forcément une bonne affaire… Mais quand on aime, on ne compte pas !

Une batterie bien entretenue dure un an

Vous avez aimé l’affaire des batteries d’iPhone, qui commencent à perdre de la vigueur au bout de deux ou trois ans, obligeant le système à limiter les performances du processeur ? Alors vous auriez adoré l’époque des premiers PowerBooks ! À l’époque, au moins, Apple annonçait clairement la couleur dans son manuel utilisateur :

PowerBook 100 user manual, battery life

Je résume pour les moins anglophones d’entre-vous : la gamme Apple utilisait à l’époque deux types de batteries. Pour les modèles nickel-cadmium, il convenait de procéder à une décharge complète tous les 90 jours. La batterie au plomb du PowerBook 100, elle, ne devait jamais être déchargée. Bien traitées, les batteries de PowerBook pouvaient durer au moins un an. Et après ça ? Hé bien si vous vous aperceviez qu’elles ne tenaient plus la charge, il n’y avait plus qu’à les remplacer ! Heureusement, à cette époque, il n’était pas nécessaire de jouer au sèche-cheveux, au médiator et au tournevis pentalobe pour ouvrir les portables d’Apple : les batteries étaient amovibles !

Trois publicités : les inventions historiques

Aujourd’hui, nous vous partageons un souvenir de Mike, un de nos lecteurs, qui a longtemps collectionné les objets et publicités en lien avec Apple. Dans ses archives, il a remis la main sur ces photographies de trois publicités pour le Macintosh Plus, le Macintosh SE et le Macintosh II, établissant un parallèle entre des inventions anciennes et les promesses du Mac :

  • Comme la voiture, le Mac est pour « ceux qui désirent aller plus vite, plus loin et en toute liberté »
  • Comme avec le pédalier du vélo, « il suffit parfois d’amplifier les capacités de l’homme pour qu’il parvienne à un rendement idéal »
  • Tout comme le téléphone a rendu inutile l’apprentissage du code Morse, « un outil qui ne respecte pas l’homme mais qui lui demande un effort d’adptation est voué à l’échec ».

Avec nos yeux de 2025, on sourira en lisant que « le champion du monde d’échecs, par exemple, ridiculise le plus génial des ordinateurs ».

 

 

Souvenir : QuickTime Pro, l’option payante !

Et vous, avez-vous connu l’époque de QuickTime Pro ? Il s’agissait d’une option payante, apparue avec la version 3.0 de QuickTime en 1998. Jusqu’alors, QuickTime était fourni gratuitement avec tous les Macs : il était même possible d’aller le copier chez le revendeur du coin, avec une simple disquette vierge, comme nous l’avons vu dans une publicité il y a quelques mois. Mais voilà, en 1998, Apple a besoin d’argent et veut rentabiliser son outil multimédia.

Apple QuickTime 5 Pro

Elle scinde donc les fonctions en deux parties : d’un côté, les fonctions de lecture, qui restent gratuites ; de l’autre, les fonctions d’édition et d’exportation, qui nécessitent dorénavant un code de licence, à obtenir sur Internet. Même le mode plein écran deviendra une option payante durant quelques versions ! Sur MacOS 9, comme sur MacOS X ensuite, tous les menus de la version payante sont grisés à l’écran…

Apple QuickTime Pro menus
Bon sang, mais que c’était frustrant, ce truc !

L’arrivée de QuickTime X en 2009 mettra fin à cette version Pro, en supprimant purement et simplement les options de copier-coller dans le logiciel, qui devient un simple lecteur, également capable d’exporter (gratuitement) les vidéos dans plusieurs formats, avec cependant des options moins poussées qu’auparavant.

Souvenir – ResEdit

Et vous, avez-vous connu l’époque où ResEdit était incontournable pour tout amateur de bidouille sur Mac ? Avant Mac OS X, les logiciels et leurs documents embarquaient un certain nombre d’éléments sous forme de ressources, organisées selon des règles intangibles, par opposition à leurs données, stockées selon le bon vouloir du créateur du logiciel. Ainsi, on trouvait parmi les ressources : les curseurs, icônes, les boîtes de dialogue, les menus, certains sons ou images, et les informations apparaissant dans les fenêtres « Lire les Informations » ou « À propos » du menu Pomme.

L'interface de l'application ResEdit

Avec ResEdit, l’éditeur de ressources gratuit fourni par Apple, on pouvait aisément bricoler dans ces ressources, les modifier, les copier… Certaines ressources étaient directement manipulables (comme les icônes, les menus ou les curseurs), quand d’autres étaient affichées sous forme hexadécimale. Dans tous les cas, mieux valait travailler sur une copie du document ou de l’application, pour éviter d’endommager le fichier.

Hypercard ICONs ressources dans ResEdit

ResEdit permettait aussi de modifier le « code type » et le « code créateur » de chaque fichier. Le premier décrivait la nature du fichier (APPL pour une application classique, cdev pour les Tableaux de bord,  INIT pour les extensions, TEXT pour du texte seul, MooV pour les films QuickTime, PICT, JPEG, MPG3…), tandis que le deuxième indiquait au système quel logiciel devait ouvrir le fichier (8BIM pour Photoshop, MSWD pour Microsoft Word, BOBO pour ClarisWorks et AppleWorks, ttxt pour TeachText puis SimpleText, WILD pour HyperCard…). Grâce à ces deux codes, le système savait à quel type de fichier il avait affaire, et quel logiciel devait l’ouvrir. En l’absence du logiciel d’origine, les autres logiciels compatibles savaient reconnaître le fichier.

Pour tout savoir sur ResEdit, vous pouvez encore aisément vous procurer des ouvrages d’occasion (par exemple ici sur Amazon.fr). Vous y découvrirez en détail l’utilitaire et ses secrets, avec de nombreuses copies d’écran qui fleurent bon le Système 6… Par exemple, vous (re)découvrirez la méthode pour changer le raccourci-clavier d’un menu, en modifiant la ressource « MENU ». Oui, parce qu’à l’époque, Apple n’avait pas encore inventé les Préférences Systèmes « Clavier » pour gérer les raccourcis personnalisés…

Publicité : Power to the people

Le dimanche, c’est publicité en anglais ! Aujourd’hui, nous vous présentons une réclame de février 1997, diffusée par la filiale britannique d’Apple. « Power to the people », Le pouvoir au peuple, car Apple proposait des ordinateurs plus puissants que jamais, à des prix toujours plus bas (une notion toujours très relative pour la marque). Apple venait en effet de présenter son Power Macintosh 9600 équipé du processeur Power PC 604e pouvant atteindre les 233 Mhz et le PowerBook 3400, avec son PowerPC 603e à 200 Mhz. Pour le côté populaire, il faudra repasser, car le Power Mac dépassait les 4000 dollars (sans écran), tandis que l’autre star de cette publicité, le PowerBook 3400, dépassait les 5000… Remarquez que l’étiquette du Power Mac était vierge : Apple changeait les noms de ses modèles tellement fréquemment à l’époque, qu’elle préférait pouvoir réutiliser ses visuels malgré les changements de gamme…

Power to the people Apple 1997 ad

Souvenir : le chargeur de pile Apple

Et vous, avez-vous connu l’époque où Apple commercialisait un chargeur de batteries AA ? Ce chargeur, modèle A1360, fut inscrit au catalogue de la marque de 2010 à 2016, une période où les claviers, souris et trackpads sans fils de la marque étaient conçus pour être utilisés avec des « piles rechargeables », avant que la marque se convertisse aux batteries inamovibles. Vu de l’extérieur, le chargeur ressemblait fortement aux chargeurs d’iPods de tous poils.

Chargeur de piles AA d'Apple

Chargeur de piles AA d'Apple

Les piles s’avéraient être de simples modèles fabriqués chez Sanyo, les Eneloop HR-3UTG, 1.2V et 1900mAh. Des piles dont Apple disait, je cite : « Contrairement à bien des piles réutilisables, celles-ci ont une extraordinaire durée de vie pouvant atteindre 10 ans. Vous allez enfin pouvoir arrêter d’acheter et de jeter des piles alcalines toxiques à usage unique. Les piles fournies avec le kit Chargeur de piles Apple affichent également un minuscule taux de déperdition d’énergie. Stockées pendant un an au fond d’un tiroir, elles conservent 80 % de leur puissance. Vous ne manquerez donc plus jamais de jus quand vous en aurez besoin ».

Chargeur de piles AA d'Apple
Chargeur iPhone 18W 2019, Chargeur iPod 5W, Chargeur de batteries AA, chargeur d’iPod FireWire

Apple expliquait à qui voulait l’entendre que son chargeur était dix fois plus économe que les modèles concurrents. Là encore, je cite le site : « Lorsque le Chargeur de piles Apple recharge vos piles, il en optimise les performances et la durée de vie tout en conservant de l’énergie. Doté d’un système intelligent de gestion de l’énergie, le Chargeur de piles Apple réduit sa consommation une fois que vos piles sont rechargées. C’est donc une des solutions d’alimentation les plus économes en énergie jamais proposées ».

Chargeur de piles AA d'Apple, le site web

Le DogCow n’a pas été oublié

Nous avons déjà parlé de Clarus le Dogcow sur ce blog. Il s’agit de ce drôle d’animal, mi-chien mi-vache, apparu sur le Macintosh à l’occasion de la modification un peu hâtive d’une icône de chien. L’icône de base avait été créée par Susan Kare, créatrice d’une grande partie des icônes et des polices du premier Mac. Devenu une véritable star auprès des développeurs d’Apple, le Dogcow fait régulièrement des apparitions dans le monde du Macintosh. Un petit site personnel, le Moof Museum, retrace ces apparitions successives, depuis le dialogue d’impression de la LaserWriter en 1986 jusqu’au Jardin des Icônes de l’ancien siège d’Apple à Cupertino.

Clarus, Apple Icon Garden, Cupertino
Image : 512pixels.net

Même si Steve Jobs a fait disparaître ce Jardin des Icônes peu après son retour aux affaires, le souvenir de Clarus ne s’est jamais vraiment éteint. La preuve avec son apparition la plus récente. En 2014, quand Apple documente son nouveau langage de programmation Swift, l’un des rédacteurs du chapitre dédié aux variables utilise un exemple très parlant pour expliquer comment les variables peuvent s’écrire avec n’importe quel caractère unicode, y compris des émoticones :

 

Clarus dogcow SwiftCe n’est pas le seul clin d’œil au passé repéré dans l’univers de Swift. L’une des icônes utilisées par les projets créés avec ce langage rend un discret hommage à la publicité « Think Different » de 1997, en citant quelques extraits du texte « Here’s to the crazy ones ». Nous vous en avions parlé en septembre dernier dans cet article.