Bienvenue dans les Trésors de l’Aventure Apple
Ces dernières années, Apple ne nous simplifie pas la vie avec ses noms de modèles. Actuellement, deux modèles d’iPhone coexistent : l’iPhone Xr
et l’iPhone Xs, avec le r et le s écrits en « petites majuscules ».
Comme le rappelait MacGénération il y a quelques mois, ce type de caractère n’est pas toujours accessible dans les éditeurs de texte, et Apple elle-même s’en dispense parfois. Pourtant, l’utilisation des petites majuscules par la marque n’est pas récente. Nous en avons retrouvé plusieurs occurrences dans nos archives… Tenez, pas plus tard qu’hier, nous vous parlions des Quadra 840av et Centris 660av. Regardez donc comment Apple écrivait ces deux lettres signifiant Audio et Vidéo, sur cette image empruntée au site Worthpoint :

On retrouvait le même symbole sur son successeur, le PowerMacintosh 6100/60av. Mais pas sur le Performa 6110CD qui avait droit à de vraies majuscules.

Avant eux, le Macintosh IIcx avait eu le droit au même traitement. Ce n’était pas le cas des autres modèles : le IIfx ou le IIci, par exemple, étaient écrits en minuscules. Le X désignait les modèles de Macintosh équipés d’un processeur 68030 (le SE/30 aurait ainsi dû s’appeler… le SEx !), et le C un modèle plus compact (comme le IIc). Si vous avez un petit doute sur ce C de CX, allez donc vérifier sur le catalogue de polices de caractères DaFont, qui dispose de l’Apple Garamond utilisée à l’époque.

Si on remonte encore le temps, jusqu’en 1986, on peut retrouver le même type de graphie avec l’Apple IIgs. GS, comme Graphic & Sound. Le IIe et le IIc, de leur côté, étaient écrits en minuscules.
Pour une fois, pas besoin d’être très observateur pour remarquer l’apparition d’un Macintosh dans le dernier film des studios Pixar et Disney, « Coco ». Quand Miguel arrive dans le Monde des Ancêtres, la secrétaire dispose sur son bureau d’un Macintosh d’origine en parfait état de marche. Du moins, jusqu’à ce que Mama Imelda s’y attaque à coups de bottines, en le traitant de “boîte à bêtises” !
En revanche, difficile de savoir de quel modèle il s’agit : la face avant étant démunie de toute mention, il s’agit sans doute d’un Macintosh antérieur au Macintosh Plus, qui portait son nom à côté du logo Apple. L’arrière du Macintosh de Coco permet d’exclure le tout premier Macintosh, puisqu’il porte en partie haute un rappel du logo ainsi que son nom suivi de quelques caractères rouges, une caractéristique limitée aux Macintosh 128k et 512k, les versions qui succédèrent au Macintosh original en septembre 1984.
Reste un souci de taille : le modèle de Coco dispose de deux prises d’air, quand le Macintosh 128 n’en avait aucune, et le 512, une seule. Alors la conclusion s’impose : le Monde des Ancêtres dispose d’un prototype de Mac jamais vu sur Terre !
Et vous, avez-vous connu cette époque où votre Macintosh vous autorisait à l’éteindre, plutôt que de s’éteindre tout seul ? Longtemps, en effet, les Macs ont été équipés d’un véritable interrupteur (I/O) et non pas d’un bouton-poussoir de mise en veille. C’était plus écologique, c’est vrai, mais cela obligeait à éteindre soi-même l’ordinateur après avoir utilisé le menu « Rangement > Éteindre ».
Jusqu’au Système 5, le Mac affichait ce message accompagné d’une icône le représentant lui-même avec un écran noir. Dès le système 6, en 1988, c’est un Macintosh bien allumé qui se présente, reprenant l’icône des fichiers composant le système d’exploitation, tels qu’on les retrouve dans le « Dossier Système ».
Nous en parlions il y a quelques jours : la sortie d’Office 98 a été une belle surprise pour les utilisateurs du Macintosh. Les développeurs de la Macintosh Business Unit créée en 1997 par Microsoft avaient fait de l’excellent travail pour adapter leur suite bureautique au Mac. Et Steve Jobs avait obtenu de Bill Gates que la suite soit dénommée « Office 98 Macintosh Edition », là où la version PC s’appelait « Office 97 ». Ainsi, ce qui était une adaptation en retard d’un an devenait une nouvelle version exclusive ! La brochure suivante, vantant à la fois Office et le PowerMac G3, vous paraîtra peut-être banale, mais à l’époque, après dix ans de procès entre les deux marques, cet « accord parfait » n’allait pas de soi !
Si vous avez un petit millier de dollars à dépenser, il vous reste quelques heures pour acquérir sur eBay un exemplaire extrêmement rare de l’Appleline Protocol Converter (numéro de modèle A9M0307). Si vous ne savez pas quoi en faire, vous pouvez toujours nous l’offrir !

Il s’agit d’un boîtier commercialisé par Apple en 1985, au prix de 2.000 dollars, et permettant à un ordinateur (Lisa, Apple II ou Macintosh) de communiquer avec un ordinateur central (mainframe) IBM, en utilisant le protocole IBM 3270. C’est l’application MacTerminal, produite par Apple, qui permettait à l’utilisateur de se connecter à l’ordinateur central, ce boîtier se chargeant de la conversion du signal. Bref, avec cet équipement, le Macintosh se comportait comme un client IBM 3278-2, un terminal dépourvu de souris et d’interface graphique.
On peut aussi trouver quelques photos de cet objet dans cet album réalisé par un collectionneur chanceux qui en a récupéré un que son propriétaire avait glissé dans un carton de Lisa vendu aux enchères. Vous pouvez aussi découvrir d’autres images dans cet autre album, avec notamment la première page du manuel.
[edit] On nous signale que ce boîtier est basé sur le DCA Irmaprint Protocol Converter, que l’on trouve aujourd’hui pour bien moins cher : 30 dollars ici ou 50 dollars là. L’arrière du boîtier ne laisse en effet aucun doute. Et en regardant bien la face avant, on distingue les 3 leds qu’Apple a habillées des barres obliques caractéristiques de son design de l’époque.
Dans les années 80 et 90, Apple était spécialiste du rhabillage de produits tiers, auxquels elle ajoutait son logo et ses pilotes. On en fera un article à l’occasion : n’hésitez pas à partager vos idées dans les commentaires !
Source : eBay ; Vintage Computing ;
Voici une jolie trouvaille sur eBay : un brocanteur de Riorges (près de Roanne) propose une enseigne lumineuse Apple, destinée à signaler un « concessionnaire agréé » de la marque en façade. Cette enseigne porte évidemment les anciennes couleurs arc-en-ciel de la marque.

Comptez 250 euros pour une remise en main propre de ce souvenir un peu particulier, en état de marche malgré un petit accroc, d’après le vendeur qui dispose d’une très bonne évaluation sur le site d’enchères.
Sur notre site l’Aventure Apple, vous pouvez lire l’interview exclusive de Kriss Graffiti, de son vrai nom Corinne Gorse, l’une des grandes voix de France Inter. En 2004, nous lui avions posé quelques questions au sujet de la cassette de démonstration du Macintosh, dont elle assurait la voix française.
Dans le numéro 6 d’Apple le Magazine, publié en novembre 1988, Kriss Graffiti présentait sa deuxième activité en lien avec le Mac : la peinture ! Avec l’aide de ses complices Laurence Favory et Jean-Michel Pradel-Fraysse, elle redécorait les Macintosh selon sa fantaisie ou les idées des clients. Son entreprise Cocagne était installée 68 rue Saint Sabin, dans le 11ème arrondissement de Paris.
N’empêche que peindre un Macintosh avec des fleurs ou des motifs psychédéliques, c’était une idée surprenante… mais finalement juste un peu en avance sur son temps !

Nous continuons d’explorer notre collection d’astuces pour les anciennes versions des logiciels d’Apple. Voici deux astuces parues en 2003 dans la revue A Vos Mac. Quinze ans plus tard, elles sont toujours parfaitement valables !
Peut-être avez-vous dans votre bibliothèque iTunes des pistes que vous souhaitez garder, mais surtout pas entendre : effets sonores, sketches comiques, jingles… Vous avez bien sûr pensé à créer une nouvelle liste de lecture dans laquelle vous ne les avez pas glissées, mais cela vous oblige à la tenir à jour en fonction des nouveautés : pas pratique ! Pensez plutôt à décliquer la case qui précède le titre de ces pistes indésirables : une fois désélectionnées, les pistes ne seront plus lues par iTunes, sauf si vous le demandez expressément en double-cliquant sur leur ligne.
Et si vous faisiez un peu de place dans iTunes aux titres que vous n’écoutez jamais, histoire de varier un peu ? Pour cela, créez une nouvelle piste intelligente (option-clic sur le bouton « Plus » en bas à gauche de la fenêtre), puis cliquez sur l’onglet « Avancées ». Ensuite, activez le bouton « Répondre à la condition suivante », et choisissez « Compteur est 0 ». Ce n’est pas plus compliqué que ça : il ne vous reste plus qu’à donner un titre à cette nouvelle liste, comme « Les jamais-écoutés ». Au fur et à mesure de vos écoutes, elle se videra de son contenu, et sera un précieux indicateur des morceaux que vous n’écoutez jamais jusqu’au bout !
Après les épisodes 1, 2, 3 et 4, voici une dernière série d’extraits de la brochure « 35 Macintosh advantages », diffusée par Apple en 1993, qui nous a accompagnés cette semaine.
Après avoir longuement parlé du système et des applications, Apple passait encore un peu de temps à nous vanter les avantages du Macintosh sur les PC équipés de Windows 3. Au passage, la pomme se permettait de se payer la poire d’IBM, qui avait confié à une petite équipe le développement du PC, sans même disposer d’un système d’exploitation, qu’elle avait dû acquérir auprès d’une minuscule entreprise appelée Microsoft, qui elle-même était allé acheter un système nommé QDOS (acronyme dont on dit qu’il signifiait Quick and Dirty Operating System, que l’on traduirait par Système d’exploitation vite fait, mal fait…).
Après quelques paragraphes liés à l’évolutivité du Macintosh (si, si !) ou à la compatibilité des Macs entre eux, Apple expliquait comment un Mac disposait de six fois plus d’espace libre sur son disque dur, qu’un PC équipé des mêmes logiciels.
Et puis les Macs étaient beaucoup plus puissants que les PC du marché. Jugez plutôt sur ce diagramme, qui nous rappelle les plus belles heures de la guerre entre les PowerPC et les Pentium. À l’époque, on se contentait des 68040 de chez Motorola, auxquels Intel opposait ses 80486. Les tests consistaient à mesurer les temps nécessaires à diverses opérations dans des applications réelles, comme Word, Excel, PageMaker ou Illustrator.
Et tout ça, bien évidemment, pour moins cher, puisque le PC nécessitait de nombreuses et coûteuses options pour être aussi polyvalent que le Macintosh. Ainsi, le Gartner Group évaluait que sur une durée de cinq ans, en incluant le coût des logiciels, de la maintenance, et de l’apprentissage des logiciels, un Macintosh coûtait 24.824 dollars, contre 29.453 pour un PC sous Windows, et 35.233 pour un PC sous DOS. Ça faisait cher quand-même…
Cette fois-ci, c’est fini !
Quand on démonte, bricole et nettoie de vieux Macs, on finit par avoir des idées étranges. Par exemple, photographier une carte-mère en l’éclairant par en-dessous. Voici ce que ça donne avec la carte-mère du premier Macintosh.
De plus près, voici un exemple réalisé avec une carte-mère plus récente. On remarque les pistes de cuivre, qui rejoignent les pattes des composants au centre de chaque pastille. Joli, non ?
En voici encore deux exemples, réalisés avec la carte-mère d’un PowerMacintosh 6400. On la retire aisément, puisqu’elle est positionnée sur un tiroir qui s’extrait de la tour.
L’autocollant pour pare-chocs, c’est vraiment un truc typiquement américain. Personne ou presque en Europe n’aurait l’idée d’affubler sa voiture d’un gros autocollants publicitaire, humoristique ou politique. Là-bas, Apple en a imprimé quelques-uns au cours de l’Histoire.
L’un des plus anciens remonte à l’époque où la marque proposait de prêter pour une nuit un Macintosh à ses futurs clients, histoire de découvrir la machine tranquillement à la maison. C’était l’opération « Test Drive a Macintosh », qui n’a pas été un grand succès. Cet autocollant annonçait « Je préfèrerais conduire un Macintosh ». On en trouve régulièrement sur eBay.
Plus tard, la sortie de MacOS 8 fut aussi accompagnée de son « bumper sticker », annonçant « I brake for 8 ». En français, cela se traduirait par « Je freine pour 8 », mais ça ne veut rien dire : Les autocollants « I Brake for… » sont généralement des messages militants ou humoristiques, par lesquels on peut annoncer ses goûts, ses sensibilités et ses passions : Je freine pour les écureuils, Je freine pour les Schtroumpfs, Je freine pour les restos bio, voire Je freine si tu me colles de trop près…On peut trouver ces stickers sur eBay : ici, et là.
Sur eBay, on trouve également cet autre modèle qui déclare son amour à la Pomme. Ce n’est pas une création de la marque, mais de Professional Computer Marketing Associates ou PCMA, qui était un distributeur de produits Apple dans les années 80.
Nous avons aussi trouvé sur Etsy un autre modèle, que l’on retrouve également sur eBay dans cette annonce. Changer le monde, une personne à la fois, un slogan qui a peu été utilisé par Apple (on en retrouve des mentions dans la librairie de Google Books). On trouve une trace officielle de cet autocollant dans le catalogue de goodies d’Apple de la saison 1986-1987, à découvrir ici sur le site de ZDNet.
Et un dernier pour la route. Nous vous parlions dernièrement de la tournée de Janet Jackson au Japon en novembre 1990, tournée sponsorisée par Apple. Là encore, un autocollant de pare-choc avait été imprimé. On l’a également vu sur eBay avec le précédent…
Le hasard fait parfois bien les choses… Nous vous parlions il y a quelques jours du MacStation, ce support permettant d’intégrer un Mac, une imprimante ImageWriter un lecteur de disquettes, des manuels et bien d’autres choses encore, pour gagner de la place sur le bureau. Il se trouve que le propriétaire – américain – d’un tel accessoire le cède justement sur eBay pour la rondelette somme de 2170 dollars (1920 euros).
Pour ce prix-là, vous obtiendrez également le Macintosh 128 de 1984 (mis à jour en 512K, de première main), avec son clavier et sa souris, mais aussi l’imprimante, le lecteur externe de disquettes de 400 Ko, un lecteur externe de cartouches 5 Mo (Tecmar MacDrive), et le sac de transport pour le Mac. Sans oublier quelques logiciels et manuels. Attention cependant, il faudra prévoir un intermédiaire aux États-Unis car l’expédition en Europe n’est pas prévue.
Pour la petite histoire, on se souviendra que le propriétaire de ce lot l’a acheté en tant que revendeur Apple, dès sa présentation par Steve Jobs en 1984, grâce à une offre d’Apple destinée à familiariser ses revendeurs avec la nouvelle machine.
Suite à l’article d’hier sur Apple et les câbles audio, la rédaction vous propose de sauter quelques années et de passer dans l’ère de la vidéo. Avant l’Apple TV, la marque à la pomme a réfléchi, de façon visiblement assez intense, aux possibilités de développer un appareil qui deviendrait l’incontournable pour transférer vos données vers votre téléviseur. En 2004 sort l’iPod Photo. Un écran couleur est greffé sur l’iPod de 4ème génération, avec la possibilité d’y ajouter sa photothèque. Celle-ci est gérée depuis iPhoto, exactement comme la musique depuis iTunes. A priori en option, mais contenu dans la boîte, un câble composite AV complétait le dock, le câble USB et le câble firewire fournis de série. Le tout composait une des boîtes d’iPod les plus fournies, et les plus chères : près de 800 euros avec un Apple Care pour un iPod de 60 Go.

A partir de 2004 et des sorties successives des iPod vidéo, iPhone, iPod Touch et iPad, Apple en a profité pour sortir de la boîte tous ces accessoires, et les proposer au détail. Ont donc été proposés, entre autre, les accessoires suivants : iPod AV Cable, Composite AV Cable, Component AV Cable. Encore plus fort et dès 2005 (avant l’apparition des appareils photos sur les appareils Apple donc) : le iPod Camera Connector. Cet adaptateur USB femelle vers iPod dock connector 30 broches, permettait d’importer sur un iPod Photo le contenu d’un appareil photo numérique. Imaginez la scène : vous photographiez le mariage de votre meilleur ami, et le soir même, votre iPod Photo, branché via le câble Composite, projette les meilleurs clichés devant la foule en émoi. La sensation n’a pas de prix, enfin presque : 800 euros…

Un Mac mini à près de 5000 euros ? Un iMac Pro à plus de 15000 ? Vous pensez qu’Apple est tombée sur la tête ? Oui, sûrement un peu. Mais tout dépend comment on compte, et à quoi on compare. Rapporté au salaire minimum horaire qui approche cette année des 10 euros, le Mac mini coûte environ 500 smic-horaires (brut). L’iMac Pro, trois fois plus, forcément.
En 1994, le SMIC horaire était fixé à 35,56 francs (soit 5,42 futurs euros). Le plus coûteux des appareils Apple, le WorkGroup Server 9150, coûtait 80000 F HT, soit près de 95000 francs TTC. Soit 2671 smic-horaires. Mais il s’agissait d’un serveur professionnel (présenté ici dans la revue Apple News).
L’année suivante, la gamme PowerMacintosh et PowerBook, encore toute neuve, sans atteindre ces records, n’avait pas à pâlir face à la gamme actuelle : 1000 heures de smic pour le PowerBook 540c, et plus de 1250 pour le PowerMacintosh 8100/110, avec la mémoire vive au minimum et sans écran !
Pour lui ajouter 256 Mo de mémoire vive et atteindre sa capacité maximale, il fallait compter 4400 dollars si l’on en croit cette page et le prix de la première barrette SIMM de 32 Mo… Et pour un disque dur de 4 Go supplémentaire ? 1500 dollars, d’après cette publicité en page 358 de PC Magazine. Allez, ajoutons aussi un écran Apple 20 pouces pour 2000 dollars. Soit, à l’époque, selon la règle « 1 dollar = 10 francs TTC » qui s’appliquait dans l’informatique, 79000 francs supplémentaires. Soit 3391 smic-horaires pour la version « toutes options » du PowerMacintosh le plus puissant !
À l’occasion de l’anniversaire du Macintosh Plus que nous fêtons aujourd’hui, voici quelques extraits d’une brochure éditée par Apple France en janvier 1986. « Macintosh Plus, une puissante séduction », rien que ça, annonçait la couverture !
Un petit regard dans le rétroviseur : en deux ans, Macintosh a mûri et est devenu Macintosh Plus, le fruit des désirs et des besoins de ses utilisateurs.
Oui, Macintosh Plus est très rapide, il regorge de mémoire, il a une multitude d’extensions. Mais pour Apple, la puissance n’est pas un but, c’est un moyen.
La quadruple-page suivante est intéressante, notamment puisqu’elle présente le logiciel Switcher, qui permet de basculer entre plusieurs applications. Ce geste qui nous paraît naturel était révolutionnaire, d’autant plus que le copier-coller était supporté d’une application à l’autre. De quoi créer nos propres « logiciels intégrés ». Pour la première fois, le Macintosh plus disposait également du port SCSI pour brancher des périphériques à haute vitesse, comme des imprimantes, des disques durs… ou des robots !
Et la petite blague pour terminer : il y a quand-même une chose qui demande du temps avec Macintosh Plus… énumérer ses périphériques et ses extensions : lecteur externe de disquette, disque dur 20 Mo, imprimante ImageWriter II ou LaserWriter, modems et réseau AppleTalk, sans oublier les lecteurs de disques optiques ou de codes à barres, les interfaces vidéos, les digitaliseurs d’images et les tables traçantes (une époque que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître)…
Sur l’Aventure Apple, nous privilégions les contenus en français, c’est une évidence depuis bientôt 19 ans… Mais voilà, Apple est américaine, alors on fait parfois des exceptions, comme pour cette publicité en deux pages pour le Système 7. Work less, do more : travaillez moins, faites-en plus !
Comme à chaque nouvelle version de son système, Apple pointait les avantages de cette nouvelle version, promettant de libérer l’inspiration et la motivation face à une informatique devenue trop complexe, trop agaçante. Face à Windows 3.0, Apple promouvait son Macintosh, conçu « dès la première puce » pour fonctionner comme pensent les humains, avec une interface intuitive partagée par toutes les applications. Le Système 7 facilitait la mise en réseau, offrait des Bulles d’Aides pour expliquer les éléments d’interface, et rendait le Mac encore plus simple à utiliser.
The power to be your best, le pouvoir de donner le meilleur de vous-même, concluait cette publicité de 1991 dont les petites lignes précisaient qu’elle avait été conçue et réalisée sur Macintosh : We practice what we preach : nous faisons ce que nous disons !
Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, voici une double-page de 1991 pour la LaserWriter LS, l’imprimante laser disponible à seulement 7900 francs HT soit 9369 francs TTC (la TVA était à l’époque encore à 18,6%). Une publicité d’une banalité affligeante : vous pouvez remplacer « la nouvelle imprimante » par n’importe quel produit, annoncer son prix, et conclure « en général, à ce moment-là, les gens se lèvent et applaudissent ». Une voiture à 100.000 francs, une télévision à 500 euros, ou même un sombrero à 200 pesos, tout marche ! Quand en plus on voit que CLM/BBDO citait la Révolution Française et l’abolition des privilèges pour vendre une imprimante à deux smics, on comprend que cette réclame n’ait pas marqué l’histoire…
Sous Internet Explorer, vous avez deux techniques pour conserver une URL à portée de main. Vous pouvez cliquer sur l’icône dans la barre de titre un instant, avant de la glisser sur le bureau, pour créer un petit document Internet Explorer contenant simplement l’adresse de la page. Vous pouvez aussi utiliser la fonction incluse dans MacOS, en glissant cette fois l’adresse sélectionnée dans la barre d’adresse, ce qui aura pour effet de créer un lien internet, associé à l’application de navigation de votre choix.
Vous en avez assez de voir vos pages internet ouvertes dans Explorer remplacées dès que vous lancez un fichier html, un aperçu dans votre logiciel de création de site, ou que vous cliquez sur un lien dans un e-mail ou un document ? Peut-être faudrait-il penser à activer la fonction « Ouvrir une nouvelle fenêtre du navigateur », dans les préférences d’Explorer…
Toujours dans Internet Explorer, vous pouvez taper rapidement les première lettres du texte d’un lien pour le sélectionner, puis appuyer sur retour pour l’activer. Sur la fenêtre de l’exemple, vous pourriez donc taper “A”, “AU” ou “I” pour choisir l’un des trois liens. Et n’oubliez pas que pour sélectionner les liens les uns après les autres, vous pouvez utiliser la touche Tabulation.
Ces astuces ont été publiées en 2003 dans la revue A Vos Mac.
Si vous avez utilisé un Mac dans les années 90, vous vous souvenez sans doute de sa gestion calamiteuse de la mémoire vive. Pour résumer : chaque logiciel réservait une certaine quantité de moire vive (qu’il en ait besoin ou non), et ne la libérait plus avant d’être quitté. Le souci, c’est qu’une fois installé sur son coin de mémoire, chaque logiciel n’en bougeait plus. En lançant puis en quittant plusieurs logiciels, on finissait par tronçonner la mémoire vive en plusieurs blocs inutilisés. Et chaque logiciel ne pouvait s’inscrire que dans un seul bloc : deux blocs de 10 Mo ne donnaient donc pas 20 Mo de mémoire libre, mais seulement 10 Mo. C’est pour cela que dans la fenêtre « À propos de votre ordinateur » sous Mac OS 9, votre Mac vous indiquait la taille du « Plus gros bloc inutilisé » et non pas la taille totale de mémoire vive disponible.
Sous le Système 7 et sous Mac OS 8, cette valeur n’était pas clairement indiquée. La fenêtre « À propos de votre Macintosh… » n’indiquait que la mémoire disponible, celle-ci n’étant pas forcément égale à la mémoire totale de laquelle on aurait soustrait la mémoire utilisée par chaque logiciel. Cette notion faisait partie des points les plus compliqués à expliquer aux néophytes, et c’était pourtant une donnée à maîtriser, notamment pour qui voulait utiliser des applications un peu gourmandes sur un Macintosh pas bien garni en mémoire vive.
Sérieusement, il était temps que MacOS X vienne faire le ménage là-dedans en 2001, en généralisant la gestion dynamique de la mémoire vive et le recours amélioré à la mémoire virtuelle. Ainsi, chaque logiciel dispose maintenant de la quantité de mémoire vive qu’il lui faut, et les logiciels en arrière-plan ne monopolisent plus de mémoire. Quant au concept de « plus gros bloc inutilisé », il a purement et simplement disparu.
Comme toutes les autres marques, quand elle a du mal à vendre ses nouveaux produits, Apple propose à ses clients de racheter leurs anciens modèles. C’est d’ailleurs le cas actuellement pour les nouveaux iPhones comme le rappelait récemment MacGénération. La technique n’est pas neuve. Nous vous avons déjà présenté une publicité de 1991 où Apple promettait 5000 francs en échange d’un Apple II usagé, lors de l’achat d’un Macintosh LC tout neuf.
Aujourd’hui, nous vous présentons une brochure recto-verso de 1997, où la marque propose à peu près le même tarif pour échanger un Macintosh contre un PowerMacintosh tout neuf.
Attention cependant : l’offre ne valait que pour les modèles haut-de-gamme de la marque : le Power Macintosh 8600, son équivalent gonflé en logiciels l’Apple Web Studio, ou encore le très coûteux PowerMacintosh 9600, une machine à plus de 30.000 francs… Sans compter que l’offre de reprise était calculée en fonction de la machine restituée : pour obtenir 5100 francs de reprise, il fallait rendre un Quadra 800 gavé de 16 Mo de mémoire vive et 500 Mo de disque dur, une machine qui pouvait dépasser les 50.000 francs avec son lecteur de CD…
Le dimanche, c’est publicité en anglais ! Aujourd’hui, nous vous présentons une publicité de 1995, censée être « la première dans une série », bien que nous n’ayons jamais trouvé les suivantes. « Macintosh ? Compatible ? J’ai déjà entendu ça… Vous me montrez ? ». Car le Power Macintosh 6100 DOS Compatible offrait le meilleur des deux mondes grâce à son processeur 486 DX2/66. Et grâce à SoftWindows, tous les Power Macintosh pouvaient lancer des programmes DOS et Windows ! Et ceci, tout en restant tout à fait plug and play, multimédia, puissants et si facile à utiliser !
Cette information n’est évidemment pas nouvelle, on la trouve déjà sur Wikipedia ou MacGénération. Mais j’avais envie de faire un titre en forme de piège à clic.
En 1988, quand Apple a mis à jour son Macintosh II en le dotant d’un processeur 68030, elle a ajouté un « x » à son nom, une habitude qu’elle a conservé ensuite, par exemple avec le Macintosh IIcx puis le Macintosh IIvx.
Tout naturellement, l’année suivante, quand elle a décidé d’installer un processeur 68030 dans son Macintosh SE, Apple aurait dû l’appeler… le Macintosh SEx ! Allez savoir pourquoi, l’idée n’a pas été retenue, et le petit nouveau a donc pris le nom de SE/30, une anomalie dans l’histoire d’Apple : c’est le seul Mac à processeur 680×0 disposant d’une barre oblique dans son nom. Quant à la gamme PowerPC, elle utilisera régulièrement ce caractère, mais toujours pour annoncer la vitesse du processeur, comme sur le PowerMacintosh 6100/60.
Acheter des disquettes était sans doute le truc le moins glamour qu’on pouvait faire avant les années 2000, avant que l’iMac, Internet et les clés USB les ringardisent à jamais. Et plusieurs décennies plus tard, on ne trouve toujours pas beaucoup de charme à ces petits disques et à leurs boîtes moches qu’on achetait au supermarché ou à la fnac… Et puis il y a les boîtes d’Apple, qui n’ont pas pris une ride !




Vous pensez que tout cela est bien subjectif, et qu’après tout, une disquette est une disquette ? Hé bien vous l’aurez voulu, voici la preuve que non, tous les designs ne vieillissent pas de la même manière !
Le nouveau fond d’écran proposé par Apple pour son dernier iMac vient boucler la boucle des très belles images fournies au début de Mac OS X, il y a vingt ans. Mêmes courbes, mêmes nuances, mêmes transparences… mais beaucoup plus de contraste, ou comment réinterpréter avec brio un classique indémodable !





Amusante, cette publicité qui semble réduire l’ordinateur à une super machine à écrire. On y voit un Apple IIc vendu comme « Apple IIc TypeWriter Plus system », autrement dit, le meilleur outil pour la dactylographie. Le message principal de la publicité joue habilement sur les mots : en anglais, « the error of your ways » est une expression qui signifie « vos mauvaises habitudes » mais la publicité détourne le mot error, qui fait référence directement aux erreurs de frappe sur une machine à écrire.
D’après nos recherches, il s’agirait d’un poster imprimé en 1986 et destiné aux revendeurs Apple. On y voyait donc un Apple IIc, une imprimante ImageWriter II, et le logiciel pfs:write.
Puisque vous ne connaissez sans doute pas ce logiciel PFS:write, voici la page de publicité que son distributeur français Sonotec avait payée pour lui dans la revue Golden d’avril 1985. « Il ne s’appelle pas Hercule mais il est capable d’accomplir beaucoup de travaux ». Ce logiciel rejoignait une famille constituée de PFS:fichier et PFS:graphe. C’était un peu l’Office ou le Claris Works de l’époque.
Ces derniers temps, la maison Drouot a vendu aux enchères plusieurs séries de petits objets publicitaires aux couleurs d’Apple (1, 2, 3, 4). De bien jolies petites choses ! Entre autres, vous pouvez chercher dans les photos suivantes une pochette de CD du réseau Apple Consultants, un marque-page en laiton, un porte-mine « Macintosh for Design », des stylos Newton, des stylos « Learn & Earn Program » (qui formait les revendeurs à mieux vendre les produits Apple et les récompensait par des cadeaux à mesure qu’ils progressaient), des souvenirs du Macintosh, du Macintosh Plus, du Lisa, de l’iMac, de l’Apple IIc, du PowerBook 5300, des MacWorld et AppleFest, du Company Store, de l’Apple Support, du système 7.5, d’HyperCard et At Ease, du Power Macinotsh, de QuickTime, de l’Apple IIe, de Wheels for the Mind, Apple Tutorial, AppleCare, Apple Insider, Apple Service, Test Drive a Macintosh, You, a Mac, the World, mais aussi des lacets de chaussures, des pin’s, des trombones, des lanières, des porte-clés, des autocollants, des cartes de vœux, un cendrier (qui est une « œuvre d’art » plutôt qu’un goodies officiel), un coffret scellé de 20 CD audio de la biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson…
Nous vous présentions hier une brochure vantant les mérites de la gamme PowerBook Duo d’Apple. Celle-ci était notamment caractérisée par la présence d’une imposante prise située à l’arrière de l’ordinateur portable, destinée à le connecter à une station d’accueil Duo Dock ou à des barres d’extension telles le MiniDock. Apple nommait cette technologie PowerLatch (latch signifiant loquet ou verrou en anglais), un terme recouvrant à la fois la prise au sens matériel (avec son système de verrouillage et d’éjection) et les modalités de communication via cette prise, ainsi que les outils du système d’exploitation s’adaptant à l’environnement du PowerBook Duo, par exemple pour monter automatiquement les disques partagés accessibles sur le réseau.

On trouve assez peu de littérature au sujet de cette prise, connue sous le petit nom de JX20-152BA-D1LTH, et qui n’a pas survécu à la gamme PowerBook Duo (1992-1997). Elle avait été documentée par Apple qui l’avait ouverte aux autres fabricants de périphériques.
Il s’agissait donc d’un connecteur à 152 broches : un record, sans aucun doute, puisque même la norme SCSI interne ne dépassait pas 80 broches ! Ce connecteur permettait à la station d’accueil Duo Dock d’accéder directement aux bus du processeur 68030 (bus de données et bus d’adresses en 32-bits), mais pas seulement, puisque le PowerLatch transmettait plusieurs lignes de courant (24 volts pour alimenter et recharger le PowerBook, 5 volts pour le modem et la sortie son…), des masses, des signaux de synchronisation, et différents signaux électriques : l’appui sur le bouton on/off du dock ou du clavier, l’appel du modem externe, le signal du microphone, la sortie son…

Les échanges entre la carte-mère du Duo Dock et celle du PowerBook étaient intensifs. Tout se passait comme si les deux cartes n’en faisaient plus qu’une : le Duo Dock complétait la configuration du portable avec un coprocesseur arithmétique 68882 pour épauler le processeur, deux ports NuBus pour cartes d’extensions, des ports SCSI, ADB, série, un port pour le lecteur de disquettes externe, et même un circuit dédié à un écran externe, avec sa mémoire vidéo supplémentaire.

Contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer, le bus PowerLatch ne se contentait pas de prolonger les broches des différentes prises, à la manière d’une rallonge, car il en aurait fallu plusieurs centaines : trente pour le SCSI, quatre pour l’ADB, deux fois huit pour les ports série, dix pour le modem, cinquante pour le disque dur interne, sans parler de la partie vidéo ou du port NuBus avec ses 96 broches ! En réalité, seules 32 broches étaient consacrées au bus de données, et 32 au bus d’adresses : tous se passait comme si la carte-mère était prolongée vers l’extérieur.

Ainsi, les échanges étaient transparents, tant du côté du processeur, que du côté des composants du Dock. Les uns comme les autres ne s’apercevaient même pas qu’ils étaient séparés par un connecteur inhabituel ! Pour cela, Apple avait développé une puce spécialisée (de type ASIC, qui se rapproche d’un système-sur-puce) dédiée au traitement de la vidéo pour l’écran externe, sous le nom de VSC, pour « video subsystem controller » (sous-système de contrôle de la vidéo). Cette puce intégrée au Duo Dock gérait les différentes résolutions de l’écran externe, de 512×384 à 832×624. Elle ne s’arrêtait pas là : elle gérait également directement le port dédié au lecteur de disquettes externe, et contrôlait les autres puces liées aux ports série et au SCSI !
Comme pour beaucoup de Macs à l’époque, un fichier « System Enabler » était nécessaire pour adapter le système d’exploitation à ce nouveau dispositif. On y trouvait notamment le message d’alerte en cas de tentative de connexion d’un Dock à un PowerBook en veille : le PowerBook Duo ne pouvait être inséré ou éjecté que quand il était éteint. Pas question à l’époque de reconfigurer à la volée un système pour se passer du coprocesseur, de la mémoire vidéo supplémentaire, ou des périphériques connectés !

Pour la même raison, chaque périphérique compatible PowerLatch disposait de son propre numéro d’identification, permettant à un ordinateur sortant de veille de s’assurer qu’il n’avait pas été connecté à un autre Dock. Dernière précision : dans ses Developer Notes, Apple indiquait que le système était garanti pour 5000 cycles d’insertion/éjection.
Il y a quelques jours, nous fêtions les trente ans du Macintosh IIcx, avec un c comme compact, et un x pour le processeur 68030. Aujourd’hui, nous fêtons les 29 ans de son grand frère, le Macintosh IIfx, avec un f comme fast. Ce Mac était grand dans tous les sens du terme : son boîtier était celui du Macintosh II, énorme, avec ses six ports internes NuBus et ses huit emplacements pour mémoire vive ; son prix était était tout aussi énorme (à partir de de 9.000 dollars) ; et ses performances étaient exceptionnelles, grâce au Motorola 68030 à 40 Mhz (contre 16 Mhz pour le modèle qu’il remplaçait) et ses 32 ko de mémoire cache, une première pour un Macintosh.
Avec cette machine, Apple s’attaquait clairement au marché des stations de travail, comme on appelait à l’époque ces ordinateurs surpuissants mais encombrants, destinés au marché professionnel. Face à lui, cependant, les stations de Sun, IBM ou DEC, dont certaines étaient déjà équipées de processeurs RISC, n’ont pas beaucoup tremblé, comme le notait six mois plus tard cet article de la revue ComputerWorld. Il faudra attendre encore quelques années pour que les performances de nos ordinateurs personnels fassent oublier le concept même de station de travail…
Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, une publicité de 1994 comparant l’avenir des processeurs CISC et celui des processeurs RISC. On pourrait discuter de la qualité des images, notamment des bosses et des rapiéçages de la chaussée représentant le processeur RISC, mais le message est clair : les processeurs CISC, comme ceux de la famille 68000, sont en bout de course, alors que l’avenir s’ouvre devant les processeurs RISC comme le PowerPC.
Si l’on observe de près la photo de droite, on voit clairement cinq côtes, avant que la route ne s’arrête. Avec le recul, on peut y voir les différentes générations de PowerPC, jusqu’au passage aux processeurs Intel, même si nul ne pouvait imaginer en 1994 les tourments qui accompagneraient la fin du règne des PowerPC douze ans plus tard. Et puis la notion de « générations » pour les PowerPC est assez discutable. Le G5, par exemple, n’était que la dénomination commerciale d’un processeur conçu par Apple et IBM, sans Motorola.
Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, c’est une double-page de 1985 que nous exhumons. Elle vante les mérites du tout nouveau logiciel Jazz, développé par Lotus spécifiquement pour le Macintosh 512 Ko. Grâce à cette quantité impressionnante de mémoire vive, il devenait possible de faire plusieurs choses au sein d’un même logiciel : tableur, grapheur, gestionnaire de fichiers, traitement de texte, et programme de communication : bref, c’était un peu comme Claris Works avant l’heure!
Nos lecteurs les plus attentifs se souviendront qu’Apple avait teasé le lancement de ce logiciel quelques mois auparavant, dans sa brochure présentant le Macintosh 512 à ses revendeurs. Elle précisait alors que Lotus travaillait sur un logiciel fantastique, en phase de test, dont elle ne pouvait rien dire, à part qu’il serait réservé au Macintosh 512K !
Nous avons eu l’occasion de passer un peu de temps dans l’impressionnante documentation de développement de l’Apple IIgs, connu sous le nom de Cortland avant son lancement le 15 septembre 1986. Pourquoi Cortland ? Peut-être tout simplement parce qu’il s’agissait d’une variété de pomme, connue pour avoir détrôné les variétés qui l’avaient précédées, notamment la fameuse McIntosh !
Ce nom de code, on le retrouve partout dans les documents que nous avons pu consulter, répartis dans six gros classeurs. Une somme de plus de deux-mille pages, distribuée aux développeurs avides de tout savoir sur ce nouveau représentant de la famille Apple II. Un dernier représentant, reprenant plusieurs des caractéristiques de ses prédécesseurs, et faisant quelques pas dans la direction ouverte par le Macintosh, commercialisé deux ans plus tôt.
La présentation du petit nouveau était présenté ainsi par la marque : un ajout à haute performance dans la famille Apple II. “Comme Janus, le dieu des portes, Cortland regarde dans deux directions. D’abord, il regarde vers le futur : avec ses nombreuses fonctionnalités performantes, comme l’affichage amélioré en couleurs, la gestion moderne du son, le microprocesseur 16-bit, et sa mémoire élargie, Cortland permet aux futurs logiciels d’être plus puissant. Ensuite, Cortland regarde vers le passé : comme il dispose des fonctions de l’Apple IIe et de l’Apple IIc, il peut faire tourner la plupart des logiciels écrits pour ces ordinateurs”.
Si les classeurs portent la marque d’Apple Computer France et le nom du futur modèle, toute la documentation émane de la maison mère, elle est rédigée en anglais, et ne se réfère au futur ordinateur que par son nom de code. Si la plupart des documents sont datés des derniers mois précédant la sortie de la version définitive, tous ne sont pas au même stade de leur rédaction : certains sont en version finale, voire déjà mis en page selon les standards de la marque à l’époque, tandis que d’autres ne sont que des version alpha, voire de simples messages rédigés à la machine à écrire ou à l’imprimante matricielle.




Évidemment, on trouve ça et là des paragraphes ou des illustrations à compléter. Des “TBD” (to be done, à faire), des “TBC” (to be completed, à compléter), et même quelques révisions manuscrites de dernière minute ! Certains rédacteurs (car ils étaient nombreux à se partager la tâche) partageaient même des avis personnels, des questions, ou des suggestions.




Ici ou là, on trouvait aussi des textes et des illustrations qui relevaient plus de l’ébauche, attendant sans doute que les personnes dont c’est le métier les reprennent de manière plus professionnelle.

D’autres parties étaient clairement recopiées d’autres manuels de la marque, et sans doute en attente d’une actualisation ou d’une adaptation pour le petit dernier, comme les pages sur l’interface graphique, directement issues des manuels du Macintosh.
A ce sujet on remarque aussi que le système d’exploitation n’a pas tout de suite bénéficié d’un nom à lui. Apple a-t-elle pensé à un moment garder le nom de Cortland, comme elle avait gardé le nom de Macintosh deux ans plus tôt ? Peut-être, comme semble le prouver ce paragraphe, qui traite à égalité “le Macintosh” et “le Cortland”.
En tout cas, au moment où le système d’exploitation prend finalement le nom de ProDOS 16, le terme de Finder, un temps envisagé pour nommer l’interface de ce système comme sur le Macintosh, disparait de la documentation.

Une lecture attentive permet aussi de voir apparaître quelques secrets de fabrication, comme la puce Mega II, une sorte d’Apple II complet rétréci à l’échelle d’une seule puce électronique, chargée notamment d’assurer la compatibilité avec les logiciels 8-bits.
Bien sûr, les développeurs n’échappaient pas aux petits bugs et autres soucis, comme cette puce de gestion du son qui nécessitait une modification manuelle sur les premières cartes-mères de pré-production (reconnaissables à leur couleur verte contrairement aux prototypes en général de couleur rouge). Une manipulation qu’Apple réservait aux bricoleurs compétents. “Si vous ne l’êtes pas, trouvez quelqu’un qui l’est” !
Et si vous vous posez la question : oui, on trouve aussi des chapitres entiers auxquels on ne comprend rien, mais qu’il a bien fallu que quelqu’un rédige, et que d’autres lisent pour s’approprier le fonctionnement de ce nouvel Apple II.
NB : Si ces documents vous intéressent ils sont aux enchères sur eBay ici : https://www.ebay.com/itm/166139332398
Et vous, avez-vous connu l’époque où l’on pouvait ajouter aisément des éléments dans le menu Pomme ? Entre le système 7 et Mac OS 9, le dossier Système contenait un dossier intitulé « Menu Pomme » ou, en version originale, « Apple Menu Items ». Il était possible d’y créer un dossier contenant tous les alias souhaités (applications, documents, disques…), éventuellement répartis dans des sous-dossiers. Tous ces raccourcis apparaissaient ensuite sous forme de menu dans le Menu Pomme. Comme toujours avec les présentations par liste alphabétique, il suffisait de mettre un espace avant son nom, pour le faire apparaître au début de la liste.
Si vous trouvez que le nouveau Mac Pro, tout juste présenté par Apple, est un peu cher, vous en trouverez une version beaucoup plus abordable sur eBay. Même pas 5 euros.

Voilà un article qui pourrait être un copier-coller d’un précédent, paru l’année dernière à la même époque. En même temps, c’est les vacances, alors on espère que nos lecteurs tolèreront un peu de laisser-aller… Nous avons en effet trouvé dans un lot de paperasses un autre message de remerciement des équipes d’Apple Manufacturing, en charge de la fabrication des Macintosh. Celui-ci accompagnait les manuels d’un Macintosh Plus (produit de 1986 à 1990).
La photo et la signature ont été modifiées par rapport au précédent exemplaire, et celui-ci est daté du 23 février 1989, mais pour le reste, il s’agit toujours des remerciements de cette équipe adressés au nouveau client. Cette équipe, consacrée à la perfection, invite l’utilisateur à faire part de ses remarques et suggestions, car elle voulait qu’il fasse partie de la famille Apple pour les années à venir !
Le dimanche, c’est publicité ! Comme on a déjà parlé de la Révolution dans une précédente publicité, on se contentera en ce 14 juillet d’une publicité de 1994 pour la gamme de serveurs Workgroup Servers : les modèles à processeurs 68k (AWS 60, 80 et 95) et ceux à processeurs PowerPC (AWS 6150, 8150 et 9150). Ces serveurs, et le système qui les animait, permettaient d’aller au-delà des limites habituelles des réseaux AppleTalk : serveur d’impression, messagerie, sauvegarde, sans oublier Apple Remote Access pour rejoindre le réseau local grâce à un accès distant.
Et vous, avez-vous connu l’époque de QuickTime Pro ? Il s’agissait d’une option payante, apparue avec la version 3.0 de QuickTime en 1998. Jusqu’alors, QuickTime était fourni gratuitement avec tous les Macs : il était même possible d’aller le copier chez le revendeur du coin, avec une simple disquette vierge, comme nous l’avons vu dans une publicité il y a quelques mois. Mais voilà, en 1998, Apple a besoin d’argent et veut rentabiliser son outil multimédia.

Elle scinde donc les fonctions en deux parties : d’un côté, les fonctions de lecture, qui restent gratuites ; de l’autre, les fonctions d’édition et d’exportation, qui nécessitent dorénavant un code de licence, à obtenir sur Internet. Même le mode plein écran deviendra une option payante durant quelques versions ! Sur MacOS 9, comme sur MacOS X ensuite, tous les menus de la version payante sont grisés à l’écran…
L’arrivée de QuickTime X en 2009 mettra fin à cette version Pro, en supprimant purement et simplement les options de copier-coller dans le logiciel, qui devient un simple lecteur, également capable d’exporter (gratuitement) les vidéos dans plusieurs formats, avec cependant des options moins poussées qu’auparavant.
Aujourd’hui, quand on achète un produit Apple, on s’enregistre auprès d’Apple sans même s’en rendre compte. Il suffit de relier son nouvel iPhone, ou son iMac, à son compte Apple/iCloud, pour qu’il soit enregistré auprès d’Apple. Mais comment faisait-on il y a quarante ans ? Hé bien on envoyait un formulaire par courrier, tout simplement. Un formulaire qu’on avait auparavant rempli au stylo, avec des numéros de série et des informations personnelles.
Apple en profitait pour proposer un exemplaire de découverte d’Apple Orchard, son premier magazine, dont le titre signifiait « Verger de pommes » (magazine auquel succèdera Apple on Apples). Et quitte à faire d’une pierre trois coups, Apple rappelait aussi les conditions d’application de sa garantie pièces et main d’œuvre de 90 jours.
Connaissez-vous Alps, cette société japonaise spécialisée dans l’équipement électronique de précision, les potentiomètres, les capteurs et interrupteurs, ou encore les surfaces tactiles ? Ce fabricant est encore aujourd’hui l’un des fournisseurs de pièces d’Apple, comme l’indique ce relevé de février 2018.
En août 1985, alors qu’Apple cherche à réduire ses coûts de production et à se concentrer sur la recherche et le développement, elle décide de se séparer de son usine en charge des claviers et souris pour le Macintosh et les Apple II. Elle vend donc son usine de Garden Grove (Californie) à Alps Electric USA, qui était déjà le fournisseur d’une partie des pièces assemblées dans cette usine. Alps Electric USA acquiert ainsi sa première usine sur le sol américain. Cette acquisition était estimée à l’époque à cinq millions de dollars. Un article de ComputerWorld aborde cette acquisition le 2 septembre 1985.
La boucle était ainsi bouclée : la division « Accessory Products Group » d’Apple, issue du rachat par celle-ci de l’entreprise « The Keyboard Company » dont nous avons déjà parlé ici, prenait à nouveau son indépendance pour redevenir un fournisseur parmi d’autres.
Liens : Le site de Alps ; Reference for Business ;
Nous avons déjà parlé de Clarus le Dogcow sur ce blog. Il s’agit de ce drôle d’animal, mi-chien mi-vache, apparu sur le Macintosh à l’occasion de la modification un peu hâtive d’une icône de chien. L’icône de base avait été créée par Susan Kare, créatrice d’une grande partie des icônes et des polices du premier Mac. Devenu une véritable star auprès des développeurs d’Apple, le Dogcow fait régulièrement des apparitions dans le monde du Macintosh. Un petit site personnel, le Moof Museum, retrace ces apparitions successives, depuis le dialogue d’impression de la LaserWriter en 1986 jusqu’au Jardin des Icônes de l’ancien siège d’Apple à Cupertino.

Même si Steve Jobs a fait disparaître ce Jardin des Icônes peu après son retour aux affaires, le souvenir de Clarus ne s’est jamais vraiment éteint. La preuve avec son apparition la plus récente. En 2014, quand Apple documente son nouveau langage de programmation Swift, l’un des rédacteurs du chapitre dédié aux variables utilise un exemple très parlant pour expliquer comment les variables peuvent s’écrire avec n’importe quel caractère unicode, y compris des émoticones :
Ce n’est pas le seul clin d’œil au passé repéré dans l’univers de Swift. L’une des icônes utilisées par les projets créés avec ce langage rend un discret hommage à la publicité « Think Different » de 1997, en citant quelques extraits du texte « Here’s to the crazy ones ». Nous vous en avions parlé en septembre dernier dans cet article.
Le dimanche, c’est publicité ! Après le Power Macintosh 9500/200 de la semaine dernière, on reste dans le haut de gamme avec cette page A4 vantant les mérites du Power Mac G4. On remarque un style très inhabituel pour la marque, qui ressemble plus à un communiqué de presse qu’à une publicité : Le Power Mac G4 est tout simplement l’ordinateur le plus rapide jamais conçu pour l’utilisation des applications graphiques. Il tire son incroyable puissance du processeur PowerPC G4 avec Velocity Engine.
Le temps passe, le temps passe, et pourtant on trouve encore des publicités d’Apple France qui nous avaient échappé. Cette semaine, deux publicités pour le Macintosh SE. La première parle d’écrire, et la seconde, de compter.
À l’époque, en effet, dans le monde de la publicité, on savait écrire : « Gutenberg est vraiment un sérieux dur à cuire ! Mais sa presse en bois a pris un léger coup de vieux » car « Pour Macintosh, écrire une idée c’est aussi disposer d’une dizaine de caractères, italiques ou ombrés et de pouvoir passer du corps 9 au corps 24 d’un coup de souris » !
« Quelle que soit la puissance dont vous disposez, elle ne sert à rien si elle ne permet pas d’exploiter avant tout votre façon intuitive de gérer l’argent. Peu à peu, devant vos collègues médusés, vous trouverez une idée cachée sous une courbe, aussi sûrement qu’un limier dressé trouve une truffe enfouie au pied d’un vieux chêne.”
Si vous nous lisez sur MacGeneration, vous vous souvenez sans doute de cet article sur la voiture Power Macintosh Racing aux couleurs d’Apple, qui participait à des compétitions dans les années 90 (sinon, il est toujours temps de bien faire et de vous abonner au Club iGen). Si je vous dis cela, c’est parce qu’en fouillant dans les archives, j’ai trouvé une publicité de 1995 pour MacAcademy, un système de formations sur cassettes vidéos pour apprendre à maîtriser le Macintosh et ses logiciels. Pour illustrer sa publicité, et insister sur la vitesse d’apprentissage, MacAcademy avait justement choisi une photo de la voiture Power Macintosh Racing.
Vous disposez d’une vidéo dans un format différent du 4/3 habituel (par exemple, une bande-annonce en 16/9ème). Vous souhaitez la transformer en format DV pour l’intégrer à un projet iMovie, mais quand QuickTime l’exporte, il se contente d’en changer la taille, sans respecter le rapport hauteur/largeur. Comment faire pour créer des bandes noires en haut et en bas de la vidéo, afin de conserver l’aspect d’origine de la vidéo ?
La réponse nous est apportée par, une fois n’est pas coutume, un logiciel Microsoft : PowerPoint 2001. Lancez ce dernier, créez un nouveau document, une première diapositive vide, et sélectionnez le menu “Arrière-plan” pour choisir la couleur noire. Ensuite, importez votre vidéo et aggrandissez-la de sorte à ce qu’elle occupe toute la largeur de votre diapo. Il vous suffit maintenant d’utiliser le menu “Faire une vidéo”, de régler les paramètres (la taille de la vidéo en 720 pixels sur 576, la meilleure qualité).
Ouvrez le fichier ainsi créé avec QuickTime Player, et exportez-le à nouveau, en choisissant le format “DV”. Vous obtiendrez ainsi une vidéo au format DV, avec les marges noires traditionnelles du format cinéma ! Vos actrices préférées vous remercieront !
Cette astuce a été publiée dans la revue A Vos Mac en 2001.
Intéressante, cette publicité de 1986 trouvée au verso d’une réclame pour l’Apple IIGS. L’entreprise PC Technologie proposait en France un logiciel conçu par Symantec, permettant de constituer des bases de données et de les interroger en langage naturel (par écrit, hein, faut quand-même pas rêver). Une publicité pas du tout datée, sur le fond comme sur la forme…
Près de vingt-cinq ans avant Siri, Symantec avait développé là son premier logiciel, tenant de la base de données et du traitement de texte, et intégrant les récents concepts de l’intelligence artificielle, sous le nom de Q&A (Question & Answers), devenu en français Q&R (Questions & Réponses). Wikipedia nous apprend au passage que Q&A n’a finalement jamais été adapté au Macintosh… Pourtant le logiciel avait quelques atouts, comme ses 600 mots de vocabulaire, ou son affichage WYSIWYG qui permettait d’obtenir à l’impression ce que l’on voyait à l’écran.
L’idée de répondre à des questions en langage naturel a été reprise par des sites comme Ask Jeeves (1996) ou Google Questions and Answers (2007), ou des systèmes comme Sherlock sous Mac OS 8.5 (1998). On retrouve dorénavant ce concept dans tous les assistants vocaux : Siri, Cortana, Alexa… Q&A faisait même mieux que Siri sur un point : il était capable de comprendre plusieurs questions enchaînées !
Le dimanche, c’est publicité en anglais ! Aujourd’hui, voici une très belle double-page de 2006, aux couleurs du nouvel iPod nano. Ces modèles colorés succédaient à deux modèles beaucoup plus sages, habillés de plastique noir ou blanc. Gris, bleu, rose, vert et noir, de 2 à 8 Go de stockage, avec même une version rouge en série Product(Red).
Sur Mac comme sur PC, tous les logiciels et leurs documents disposent d’un code créateur qui permet au système de les associer entre eux. Ce code créateur est composé de quatre caractères choisis par le développeur, et composent une chaîne qui ne doit pas avoir déjà utilisée pour un autre logiciel. Certains de ces codes sont tout à fait logiques, comme MPNT pour MacPaint, MSWD pour Microsoft Word, VtPC pour VirtualPC ou SITx pour Stuffit Expander. Mais comment expliquer qu’HyperCard utilise le code créateur « WILD » ?
Ce logiciel, véritable environnement révolutionnaire de développement, de multimédia et d’automatisation, fut livré avec tous les Macs dès 1987. C’est Bill Atkinson, le génial papa de QuickDraw et MacPaint, qui imagina ce logiciel qui, encore aujourd’hui, n’a pas d’équivalent. Il offrait des fonctions dignes d’un outil de script et de programmation, d’une base de données, d’un logiciel de diaporamas, d’un navigateur web, d’une bibliothèque d’images, d’un logiciel de dessin, d’un tableur…
Quand il commence à développer son logiciel, Bill Atkinson lui donne le nom de « WildCard », ou Joker. Mais au moment où le projet prend vraiment forme, Apple est en procès avec une entreprise qui commercialise une carte d’extension pour l’Apple II, justement appelée « Wild Card », permettant de dupliquer des disquettes en contournant toutes les mesures de sécurité anti-copie.
Dans ces conditions, il était évidemment compliqué de solliciter l’entreprise poursuivie, pour obtenir de sa part un accord sur l’utilisation de la marque déposée « WildCard »… C’est ainsi que Chris Espinosa, l’un des premiers employés d’Apple, propose le nom d’HyperCard. Et la marque déposée « HyperCard » voit le jour le 22 juillet 1987. Le code créateur, déjà profondément inscrit dans l’application et dans ses piles, reste quant à lui inchangé.
Sources :
Bill Atkinson lui-même (Fora TV sur YouTube)
La marque déposée HyperCard à l’office américain des brevets
Dans un article qu’il a publié sur le blog MondayNote (en anglais) il y a quelques jours, Jean-Louis Gassée est revenu sur les origines d’Apple France. Celui qui fut un temps à la tête de la branche mondiale Apple Produits, en charge de la recherche et du développement, se livre pour la première fois sur les circonstances qui l’ont mené à créer et diriger la filiale française d’Apple.
À l’automne 1980, Jean-Louis Gassée travaille pour l’analyste Gartner. En remerciement de ses bons et loyaux services, son responsable lui propose d’investir dans le capital qu’Apple s’apprête alors à ouvrir au public, mais il refuse. Surpris de ce refus, ce même responsable lui confie alors qu’un de ses amis, qui n’est autre que le président d’Apple Europe, Tom Lawrence, cherche quelqu’un pour lancer la branche française de la société. Jean-Louis Gassée saute sur l’occasion, et rencontre rapidement Lawrence. Le contrat est signé le 12 décembre 1980. Hasard du calendrier, c’est le jour de l’introduction en bourse d’Apple…
Jean-Louis Gassée se souvient qu’à l’époque, peu de gens croyaient vraiment en l’avenir commercial d’Apple. Les grands fabricants de l’époque regardaient en souriant cette petite entreprise qui ne disposait d’aucun outil sérieux : pas de système CP/M, pas de disquettes 8 pouces, et un écran limité à 40 caractères par ligne ! Pourtant, il se lance dans l’aventure avec quelques hommes de confiance rencontrés dans ses responsabilités précédentes : Gille Mouchonnet, son directeur financier chez Data General et chez Exxon ; Michel Delong, expert en logistique chez HP ; et Jean Calmon, directeur des ventes chez IBM.
Habitué aux grandes structures, Jean-Louis Gassée s’envole rapidement pour San Francisco, afin de se rendre à la maison-mère à Cupertino. Il espère bénéficier d’un programme de stage, ou d’un cursus de découverte, mais rien de tel. Pas même un Apple II disponible pour essayer en vrai cette machine dont il avait étudié la documentation technique, et remarqué l’élégante simplicité. Il lui faudra finalement emprunter la machine d’un employé et l’emmener à son hôtel ! Après avoir posé l’ordinateur sur le lit de la seule chambre disponible (la suite nuptiale…), son premier coup de cœur est pour VisiCalc. Lui qui avait déjà un peu programmé, remarque tout de suite la qualité de l’affichage et l’utilisation des formules. Une perfection qui le subjugue à tel point que, perdu dans ses pensées le lendemain, il brûle un stop et se fait arrêter. Pensant bien faire, il sort du véhicule, les mains ouvertes le long du corps en signe d’apaisement. Échappant de peu au tir sans sommation qui attend habituellement les citoyens américains oubliant de mettre les mains en l’air, il ne devra finalement l’indulgence du policier qu’à l’amusement de celui-ci devant le visage d’adolescent de sa photo de permis de conduire.
Arrivé au Bandley 3, sur le Bandley Drive, il rencontre pour la première fois Steve Jobs, en train de se curer les ongles de pieds. Voilà ! se dit-il, adieu les carcans rigides, je suis arrivé chez les geeks déséquilibrés… avant de subir un discours plutôt convenu sur le thème de « Nous sommes notre propre ennemi »… Puis vient le moment de visiter les entrepôts de la marque. Jean-Louis Gassée découvre alors qu’Apple vend plus de traitements de texte en un mois, que tout le reste de l’industrie en un an ! [rappelons qu’à l’époque, les traitements de texte se vendaient sur des disquettes, dans des boîtes en papier cartonné transportées par palettes…]
Pas de doute, il avait pris la bonne décision.
De retour en France, Jean-Louis Gassée s’attache à mettre en place un système de distribution tout aussi fluide. Mais c’était compter sans le gouvernement français et sa Direction du Trésor, chargée de protéger l’industrie informatique française, son TO7 et son R2E Micral, contre leurs concurrents américains. La firme a alors l’idée de profiter du marché commun (l’ancêtre de l’Union Européenne), et fait transiter ses ordinateurs par les Pays-Bas, nation plus conciliante avec le commerce international. Un petit arrangement avec la réglementation, traditionnellement plutôt prévu pour le commerce des fruits et légumes. Jean-Louis Gassée crée alors SEEDRIN (les trois dernières lettres de son nom, les quatre dernières lettres du nom de sa rue), qui obtient l’exclusivité de la distribution des produits Apple en France, en provenance d’un entrepôt situé aux Pays-Bas. SEEDRIN, avec seulement 20 000 francs de capital, n’est donc jamais propriétaire du stock, elle n’est qu’un intermédiaire payé à la commission !
Il ne restait plus qu’à trouver des locaux, ce qui fut fait avec une location de bureaux délaissés par la compagnie pharmaceutique Choay, dont le PDG apprécia le tour de passe-passe de SEEDRIN, et offrit les meubles gracieusement ! Un petit accord avec Sonotec, précédemment en charge de la distribution des produits Apple en France, et le tour était joué.
Merci Sylvain !
Voici une trouvaille intéressante sur le site d’enchères eBay : un clavier tout neuf, mais datant de l’époque de l’Apple I, et tout à fait compatible avec celui-ci. Evidemment, 3500 dollars, c’est pas donné pour un clavier à 53 touches, mais avouez que ça ferait chic avec l’Apple I que vous gardez au grenier…

Ce clavier, fabriqué par l’entreprise Clare-Pendar, en 1973, portait le petit nom de Teletypewriter modèle K353. Oui, à l’époque, il y avait des boîtes qui fabriquaient des claviers, comme ça, et leur donnaient des noms. Son propriétaire l’a testé pour vérifier le fonctionnement de chaque touche, à l’aide d’une carte électronique bricolée à la maison. La notice indiquant les concordances de chaque touche avec la norme US ASCII a sûrement facilité ce travail.

Si vous êtes observateur, vous avez sûrement remarqué une touche qu’on ne voit plus de nos jours : la touche « HERE IS ». Située juste au-dessus de la touche retour, elle devait avoir son importance, mais laquelle ? Nous avons lu et relu le blog de Dave Cheney, mais nous n’avons toujours pas bien compris : c’est une histoire de communications et d’answerback entre un terminal et un serveur connectés entre eux, afin de s’identifier mutuellement.
Clare-Pendar était une entreprise américaine basée dans l’Idaho, issue de la fusion de Clare & Company et de la branche américaine de l’entreprise française Pendar, en 1966.
Aujourd’hui, dans notre rubrique d’astuces, voici comment accéder aux sons dans des fichiers ou des applications avant MacOS X, par exemple pour récupérer un son pour une application ou un diaporama personnel, ou simplement réécouter vos musiques de jeux préférés !
Tout d’abord, un petit rappel : il existe de nombreuses manières de stocker des sons. Certains logiciels stockent leurs sons sous forme de ressources. Quand c’est le cas, pour y accéder, il faut utiliser ResEdit (ou un autre éditeur de ressources comme Resorcerer), ou passer par des applications capables de travailler sur les ressources (c’est le cas de SoundEdit 16 ou SoundExtractor).
D’autres logiciels utilisent le format de « Son Système », apparu avec le système 7. Ce format permet de lire les sons directement sur le Finder, sans passer par une autre application. D’autres applications traitent directement des films QuickTime. Dans ce cas, il suffit de les ouvrir avec Lecture QuickTime. Enfin, beaucoup d’applications utilisent d’autres formats de sons, la plupart n’étant lisibles que par l’application d’origine… Néanmoins, il est toujours possible d’essayer de les récupérer avec SoundEdit ou d’autres applications qui, avec un peu de chance, sauront traduire ces formats ! Par exemple, les fichiers MIDI pourront être lus avec PlayerPro ou QuickTime.
Pour retrouver les sons d’une application, commencez par observer son dossier : si l’application est seule, les sons sont forcément inclus dedans. Il se peut qu’il y ait un dossier “Musique”, “Sons” (ou les équivalents en autres langues). Dans ce cas ouvrez-le pour voir ce qu’il contient.
Après avoir repéré d’où peuvent provenir les sons, essayez d’ouvrir le fichier “suspect” avec un éditeur de sons ou avec ResEdit, ou même essayer avec l’application “SimpleSound” du menu Pomme. Si vous utilisez un éditeur de sons, la liste des sons disponibles va s’afficher. Ensuite, il ne vous reste qu’à les sélectionner et à les exporter dans le format désiré (système 7, QuickTime…).
Si vous utilisez ResEdit, la manipulation est un peu plus compliquée. Commencez par ouvrir le fichier dans lequel se trouvent les sons (l’exemple pris ici est SimCity 2000). Vous obtenez alors la liste des ressources. Un seul type nous intéresse : la ressource “snd”. Vous pouvez double-cliquer dessus pour accéder à la liste de tous les sons contenus dans le fichier. Pour les écouter, cliquez une fois dessus et tapez Pomme-T (qui correspond au menu “Try Sound”).
Maintenant que nous avons trouvé des sons, nous pouvons les enregistrer, tout d’abord au format système 7 : répétez la manœuvre suivante pour tous les sons qui vous intéressent. Créez un nouveau fichier ResEdit, auquel vous donnerez le nom que vous voulez. Copiez un son (un seul !) depuis le fichier d’origine vers ce nouveau fichier ResEdit.
Puis, pour transformer ce fichier en son lisible depuis le Finder, changez son type et son créateur : utilisez le menu “Get Info for this file” (dont le nom change en fonction du fichier ouvert !). Dans le champ “Type”, entrez “sfil” et dans le champ “Creator”, entrez “movr”, tout en minuscule !

Au bout de quelques instants, vous verrez sur le Finder que votre fichier prend l’icône des fichiers-sons, et vous pouvez alors le lire simplement en double-cliquant dessus ! Ensuite, vous pouvez transformer ce son avec Lecture QuickTime ou un autre éditeur de sons (SoundApp par exemple), pour l’utiliser dans un autre format.
Remarque importante : travaillez toujours sur des copies des fichiers ou applications que vous explorez ! Autre remarque importante : les sons restent la propriété intellectuelle de leurs auteurs et vous ne devez en aucun cas les diffuser ou les utiliser pour une utilisation commerciale. Cette astuce a été publiée en 2000 dans la revue A Vos Mac.
Aujourd’hui, ce n’est pas seulement l’anniversaire de l’eMate 300, cet ultime représentant de la lignée des Newton. C’est aussi celui du Macintosh IIcx, lancé le 7 mars 1989 avec trois écrans dédiés à la gamme Macintosh II. Avec ces nouveaux venus, la gamme de moniteurs se composait en 1989 des modèles suivants :
– un écran en couleurs, 13 pouces, 640×480, disponible depuis 1987 ;
– un écran en niveaux de gris « haute résolution », 12 pouces, 640 x 480 soit 80 pixels par pouce (on était loin du Retina…) ;
– un écran double-page en niveaux de gris, 21 pouces en 1152 x 870 pixels ;
– un écran en mode portrait de 15 pouces en 640 x 870 pixels.
Ces deux derniers écrans nécessitaient leur propre carte graphique équipée d’une prise particulière (comme le rappelle le site Lowe End Mac ici et là). Les voici tous les quatre présentés dans une brochure d’Apple Japon.
Vous pouvez revivre la présentation de ce Macintosh IIcx et de ses nouveaux écrans par Jean-Louis Gassée, grâce à cette vidéo de l’Apple User Group Connection, exhumée par la chaîne YouTube The ReDiscovered Future. Comme il aimait le faire, Jean-Louis Gassée avait assemblé l’ordinateur devant le public, pour présenter chaque élément de cette machine conçue pour être compacte (c’est le c de cx), plus puissante (c’est le x, dédié au processeur 68030), et plus silencieuse que le Macintosh II. Le Macintosh IIcx offrait à la gamme Macintosh un modèle modulable d’entrée-de-gamme, permettant de choisir son écran sans pour autant devoir se ruiner (à 5469 dollars, il coûtait 2300 dollars de moins que le Macintosh IIx).
Dernier détail : il s’agissait du premier Macintosh II conçu pour être utilisable verticalement à la manière d’une mini-tour, ses ventilateurs faisant circuler l’air de l’avant vers l’arrière, et non plus vers les côtés.
Suite à la mise aux enchères d’un exemplaire de joystick Apple Cursor /// sur eBay, dont nous avons parlé mardi, une petite polémique a éclaté. Alors que le vendeur d’eBay parle d’un exemplaire unique et jamais-vu, un certain Yesterbits a publié sur Twitter une photo de sa propre collection qui contient non pas un, mais deux Cursor ///, et avec leurs cartons !
Sauf qu’en y regardant de plus près, ce produit qui porte le même nom que celui d’Apple, et qui lui ressemble à s’y méprendre, n’est pas une production de la marque à la pomme, mais d’une autre marque, The Keyboard Company, une entreprise qui n’a pas survécu jusqu’à nos jours. Si une entreprise du même nom vend toujours des souris et des claviers, elle n’a été créée qu’en 1989. Celle qui produisait le joystick Cursor /// avait été créée dès 1978 par Michael Muller, à l’invitation de Steve Jobs qui cherchait un sous-traitant pour les claviers de l’Apple II. Dès l’été 1980, The Keyboard Company avait été rachetée par Apple, pour devenir l’Accessory Products Division (APD), non sans avoir entre-temps imaginé le fameux joystick Cursor ///, qu’Apple avait choisi de commercialiser dans son propre réseau. Si l’on en croit le récit qu’il en fait lui-même, Michael Muller avait supervisé ensuite la création de l’ImageWriter, de l’écran de l’Apple III (et du support qui permettait de l’adapter à l’Apple II), avant de gérer la production des souris et claviers du Lisa et du Macintosh.
Une recherche permet aisément de trouver d’autres photos du Cursor ///, comme ces deux vues. L’étiquette inférieure n’est pas celle d’Apple, le logo de la marque est manquant sur le dessus, et l’un des deux boutons est remplacé par un levier.


Un petit détail coince cependant dans le récit de Michael Muller. Comme souvent, c’est Google Books qui nous offre cette petite trouvaille, un article d’InfoWorld paru le 23 novembre 1981 et annonçant la commercialisation du Cursor /// et de son clone, le Joystick II. Or, à l’époque, l’entreprise était censée avoir disparu…
Les sites enregistrant les marques déposées, comme Trademarkia ou Justia, indiquent également des dates discordantes, comme un dépôt du logo en août ou en décembre 1981,après une première utilisation en février 1980. Un lecteur pourra-t-il nous en dire plus ?
Aujourd’hui, cela n’étonne plus personne n’acheter une voiture sur Internet, après l’avoir configurée directement sur le site du constructeur. Mais en 1988, c’était encore – presque – de la science-fiction, comme le rappelle cet article déniché dans un vieux SVM de 1988. Il y est question de l’installation en cours de centaines de Macintosh II, le fleuron de la gamme à l’époque, dans les concessions Peugeot, pour aider les clients à configurer et financer leur nouvelle voiture.
Comme toujours à l’époque, c’est l’incontournable et regretté logiciel HyperCard qui était à la manœuvre, avec l’aide d’un modem permettant de connecter la pile aux serveurs du constructeur. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’on fait un lien entre les deux marques dans notre blog : nous avions déniché en 2018 un poster Peugeot de 1987 mettant en scène une 104 devant une boutique Apple.
16 avril 1977 : l’Apple II, le premier ordinateur d’Apple conçu et produit de manière industrielle par la toute jeune entreprise, est présenté lors de la West Coast Computer Faire à San Francisco. Apple en proposa deux versions, équipées de 4 ou 48 ko de mémoire vive, facturées respectivement 1298 $ et 2638 $, et livrées à partir du 10 juin 1977. Ses successeurs resteront au catalogue jusqu’en novembre 1993.
C’est tout le paradoxe des années 2000 : pour vendre des services en-ligne, il fallait les faire entrer dans des boîtes en carton. Comme de simples logiciels, ou des films, ou de la musique. Ainsi, en 2009, Apple proposait un an d’abonnement à son nuage MobileMe sous forme d’une petite boîte cartonnée, disponible sur les étals entre son système Mac OS X 10.6 et sa suite de logiciels iWork.
MobileMe, présenté le 9 juillet 2008, succédait aux offres iTools lancées en 2000 et déjà renommées .Mac en 2002. Il s’agissait d’un ensemble de services accessibles depuis le Mac, l’iPhone et Windows : du stockage en ligne (20 Go extensibles), la synchronisation des contacts et calendriers, une bibliothèque partagée pour les photos et vidéos, un espace pour publier son site sur me.com, ou encore l’incontournable Find My iPhone pour géolocaliser son téléphone, y afficher un message ou l’effacer à distance.
L’abonnement d’un an coûtait 79 euros pour un compte, ou 119 euros pour l’abonnement familial à partager avec quatre autres utilisateurs. L’accès à MobileMe se faisait par le site www.me.com précédemment occupés par Job1 Group puis par Holiday Channel, Small Seed et bien d’autres……
Le service fermera ses portes le 30 juin 2012, laissant la place à son successeur iCloud, devenu gratuit pour les utilisateurs de macOS et iOS (à l’exception de certains services optionnels comme iTunes Match). Au passage, certaines fonctions disparaîtront, comme l’iDisk (un disque virtuel accessible depuis le Mac comme une simple clé USB), la publication web et la Galerie de photos que l’on pouvait partager avec des tiers.
Internet est vraiment un village mondial. Jugez plutôt : d’un clic, un Français peut y acheter, auprès d’un Anglais, un produit d’une firme américaine présenté dans sa version néerlandaise ! Alors si vous maîtrisez la langue de Vondel, lancez-vous, faites une offre !
Le PowerCD, pour ceux qui l’ont oublié ou qui sont nés trop tard, était un lecteur de CD-audio, de CD-Rom et de PhotoCD, rebadgé par Apple à partir d’un lecteur Kodak. Il pouvait fonctionner de manière autonome comme un simple lecteur CD avec une prise casque, et disposait même pour cela d’une batterie intégrée. Mais il pouvait aussi se connecter à un Mac par le port SCSI pour devenir un lecteur CD-Rom externe. On peut dire, sans exagérer, que ce produit n’a pas rencontré un succès phénoménal.
Si vous vous demandez ce que peut bien valoir un Twentieth Anniverary Macintosh (ou Spartacus) dans sa boîte d’origine, alors voici la réponse : 1375 $. Un tel modèle vient en effet de se vendre sur le fameux site d’enchères eBay. Cet ordinateur d’exception a marqué les vingt ans de la marque à la pomme, en 1997 (la commercialisation avait pris un peu de retard, puisqu’Apple avait fêté ses 20 ans en 1996…). Vendu à l’origine 7500 dollars, il fut rapidement bradé. 12.000 exemplaires furent produits, avant que le moule soit volontairement détruit pour garantir le caractère limité de cette série.

Ce type de vente n’est pas exceptionnel : rien que ces dernières semaines, on a vu passer sur eBay un modèle upgradé en G3 400 Mhz, remporté aux Pays-Bas pour 1750 euros, et un autre aux Etats-Unis pour 840 dollars. Un vendeur a même proposé un Spartacus dans son carton neuf, jamais ouvert, en février dernier : les enchères sont montées à 3350 dollars !
[mise à jour du 30/05/2019] Un autre Spartacus en très bon état vient de se vendre sur eBay, complet avec son carton, son manuel utilisateur et deux stylos. Il a atteint 1675 dollars, soit environ 1500 euros.
Comme tous les ordinateurs, les iMacs finissent par vieillir, par tomber en panne, et ne plus rien valoir (ou presque) sur le marché de l’occasion. Alors plutôt que de les déposer à la déchetterie, certains préfèrent leur offrir une deuxième vie. En voici quelques exemples pour vous donner des idées !
Jake Harms, par exemple, a transformé son ancien iMac G4 (le fameux Tournesol) en une lampe de bureau du plus bel effet. Il en a fait un véritable business, et a étendu le concept, puisqu’il propose sur son site non seulement sa lampe (399 dollars), mais aussi un iMac G3 aquarium (à partir de 349 dollars) et une petite horloge basée sur le cache-CD de l’eMac (35 dollars). Il vend même un kit pour transformer soi-même un iMac G3 en aquarium !
Si vous n’avez pas de poissons, vous avez peut-être un chat. Celui-ci mérite la plus belle des niches, et quoi de mieux alors qu’un bel iMac débarrassé de son écran pour y glisser une couverture ? En voici un modèle remarqué sur le site de partage d’images Imgur. Ca marche aussi avec les hamsters !
Vous pouvez également vous servir de quelques coques d’iMacs colorés pour faire un peu de home staging, comme on dit maintenant. La photo ci-dessous a fait (plusieurs fois) le tour du monde depuis qu’elle a été publiée à l’époque où les iMacs avaient encore une bordure épaisse en aluminium…
Le site Kiwidee, de son côté, vous propose de transformer votre iMac, au choix, en machine à expresso, en dock pour iPhone et iPad, ou en boîte aux lettres… Quant au G4 Cube, il le transforme en caisson de basses pour les petites enceintes Apple Pro Speakers (ça change du traditionnel distributeur de mouchoirs en papier…). Le site n’ayant pas été mis à jour depuis 2010, prenez contact avant toute commande !
Plus classique, voici un iMac G4 Tournesol transformé en support pour iPad, remarqué sur Reddit. Il en existe de nombreuses versions, réalisées avec plus ou moins de goût et de finesse. Certains conservent le cadre de l’ancien écran pour y intégrer l’iPad ; d’autres ne conservent que le pied articulé, comme celle-ci.
Autre possibilité avec l’iMac G4 tournesol : n’en conserver que la coque, et installer à l’intérieur un Mac mini récent. Nombreux sont ceux qui ont essayé ce bricolage de haut niveau, là aussi avec plus ou moins de patience. Vous trouverez par exemple ces jours-ci sur Leboncoin un iMac G4 17 pouces équipé d’un Mac mini fin 2009 (Core2Duo à 2,26 GHz, SSD de 250Go, 8Go de mémoire vive). Petits raffinements de ce modèle : les enceintes Apple Pro Speakers d’origine, normalement incompatibles avec le Mac mini, sont alimentées par un amplificateur intégré, et connectées par un port USB modifié (le fameux port USB tronqué qu’Apple utilisait comme rallonge pour son clavier) et le lecteur SuperDrive du Mac mini est accessible par la trappe du lecteur CD de l’iMac. Beau boulot PML (un fidèle lecteur) !
Il y a presque deux ans, nous vous avions proposé une série de publicités françaises citant les grands inventeurs de l’histoire : Gutenberg, Léonard de Vinci ou encore Benjamin Franklin. Ce dimanche, ce sont trois grands noms qui complètent le tableau, dans des publicités américaines de 1981 : Thomas Edison et ses 1800 brevets (et vous pouvez être aussi inventif que lui avec Apple) ; Thomas Jefferson, le plus bel esprit de 1776 (et vous prendrez de bien meilleures décisions grâce à Apple) ; et Henry Ford (dont vous règlerez en quelques minutes ce qui lui prenait des mois, toujours grâce à Apple).
Au passage, admirez les reconstitutions historiques, en costumes d’époque, avec un Apple II ajouté dans le décor…
Un habitué des ventes de vieux produits Apple sur eBay, Servernmac, a proposé dernièrement les premiers manuels de l’Apple II. On connaît bien les versions rouges de 1978, qui s’échangent pour quelques dizaines d’euros, mais ceux-ci étaient antérieures.

D’après Wikipedia, environ 1000 Apple II quittèrent ainsi l’usine avec un « mini-manuel » photocopié, relié par des attaches parisiennes.Les clients ayant renvoyé leur bon de garantie reçurent le manuel complet (version rouge) gratuitement dès janvier 1978. On en trouve d’autres (mauvaises) photos sur le forum de VCFED.org.
Apple2History précise que le manuel utilisateur présentait en couverture la reproduction d’une des premières publicités d’Apple : « Simplicity is the ultimate sophistication ». Bref, pour moins de 600 euros, cette vente de deux manuels représentait un vrai petit morceau d’histoire !
Jef Raskin n’a pas inventé le Macintosh tel qu’on le connaît aujourd’hui. S’il est bien à l’origine du projet Macintosh, il a quitté l’aventure dès 1982. Grâce aux archives d’Apple conservées par l’Université de Stanford, nous pouvons nous plonger dans la genèse du Macintosh, tel que Raskin le voyait à l’origine.

Au mois de mai 1979, Jef Raskin rédige un mémo « Réflexions sur la conception d’un ordinateur philanthrope » (antropophilic, dans sa version d’origine). Un ordinateur que Raskin destine à « monsieur Tout le Monde », agréable à utiliser, ne nécessitant aucune connaissance, et pourtant rentable à produire pour Apple. Un ordinateur que l’utilisateur n’aura pas besoin d’ouvrir, avec des périphériques qui se suffisent à eux-mêmes (sans carte d’extension). Et Raskin dresse la liste des tabous : voir les entrailles de l’ordinateur, connecter des cartes, ajouter des milliards de touches au clavier, utiliser le jargon informatique, imprimer de gros manuels (synonymes de logiciels mal fichus), proposer plusieurs configurations, laisser des trous visibles (là où les tournevis, les liquides, les doigts et les perce-oreilles vont se nicher)… Jef Raskin préfèrerait même développer un système en vieux Français plutôt que de voir des câbles dépasser de sa machine ! Et tiens, dix points de plus si l’équipe parvient à faire disparaître le câble d’alimentation !
Raskin envisage la vente de logiciels comme un élément important de la rentabilité de sa machine, puisqu’il ne renonce pas à en faire un ordinateur performant, avec un processeur 8-bits, 64 Ko de mémoire vive, un langage Basic intégré, une horloge temps-réel, sans oublier l’écran, le clavier et le lecteur de disquettes intégré, tout en restant léger (moins de 10 kg) et compact (pour être embarqué comme bagage à main dans un avion).
Bref, en un mot : faire un ordinateur abordable, dans tous les sens du terme.
Dès septembre 1979, dans un second mémo, Jef Raskin répond à une proposition de ne plus utiliser des noms féminins pour les projets d’Apple, mais des variétés de pomme. Il choisit alors le nom Macintosh. Une décision qui tient en une ligne et qui marquera l’informatique pour les décennies à venir.

Très organisé, Raskin prévoit dès l’origine l’archivage de tous les documents relatifs au Macintosh, afin de disposer à tout instant d’un catalogue des informations pertinentes pour son développement. Chaque document doit être conservé selon son numéro de version, et chaque paragraphe doit être numéroté. Mieux : ces documents doivent être archivés sous forme informatique, en respectant un formalisme précis, afin de faciliter les futures mises à jour.
Le même jour, Raskin définit les nouveaux objectifs de son projet. Il veut créer le premier ordinateur portable : un ordinateur personnel, très abordable et simple à utiliser. Il voit déjà une poignée pour le transporter, une offre en plusieurs couleurs, un écran rétractable… Raskin se positionne non seulement face à la concurrence, mais également au sein de la gamme d’Apple, pour atteindre un volume de vente inédit. Raskin espère le vendre 500 dollars, et même 300 dollars après 18 mois de production.
Pour y parvenir, le Macintosh doit être fiable, simple à produire, à tester et à réparer, esthétiquement parfait, bien documenté, aisément compréhensible. Une batterie devait être disponible, pour tenter d’atteindre six heures d’utilisation nomade. Raskin le voulait également évolutif : de nouveaux logiciels devaient pouvoir y être installés sans nécessité de modifier le matériel. À ce titre, la mémoire devait par exemple être définitivement fixée pour que l’utilisateur n’ait pas à s’interroger sur la compatibilité de son système avec les logiciels proposés. Parmi les logiciels souhaités par Raskin : un livre de compte, de nombreux jeux, un traitement de texte, des protocoles de communications, des logiciels éducatifs, un agenda électronique, un répertoire de contacts, des logiciels professionnels, une calculatrice scientifique…
Tout le reste était encore en réflexion. Pour l’écran, Raskin en faisait presque un élément secondaire : à l’époque, l’idée d’intégrer une imprimante plutôt qu’un écran le travaillait encore, avec la possibilité d’intégrer une connexion pour relier le Macintosh à la télévision. Pour le stockage : disquettes, mémoire à bulles, cassettes ? Pour l’interface : un clavier, bien sûr, mais aussi un microphone, un joystick, une tablette graphique ? Très en avance sur son temps, Raskin envisageait même la présence de capteurs de pression, d’humidité et de température. Quant aux périphériques optionnels, comme des haut-parleurs, des lecteurs de cartes ou de disque optique, ils devaient pouvoir être solidarisés avec le Macintosh, afin que celui-ci reste transportable.
Et le tout devait être prêt pour l’automne 1981, avec un délai raccourci de 6 mois pour arrêter le design définitif de l’ordinateur, puis un an de développement sur les prototypes. Jef Raskin quittera finalement l’aventure dès 1982, car son idée originale, basique et peu coûteuse, lui avait échappé pour devenir une machine innovante et coûteuse sous la férule d’un Steve Jobs un peu despotique.