Dans un « Dossier du candidat revendeur » édité fin 1984 par SEEDRIN, filiale d’Apple en France, on trouve cet organigramme très complet. On y voit bien sûr Jean-Louis Gassée à la direction générale, mais aussi Alain Vannier dont on avait déjà publié une photo (anonyme à l’origine) sur ce blog.
Dans ce guide destiné aux professionnels souhaitant devenir revendeurs Apple, on découvre de nombreux détails, comme l’origine de la filiale française d’Apple, postérieure à l’implantation de la représentation européenne de la marque, installée à Paris depuis le début de l’année 1980, avec Michael Spindler et Tom Lawrence. SEEDRIN ne voit le jour qu’un an plus tard, pour cibler le marché français en remplacement du distributeur français attitré de l’époque, Sonotec (dont nous avons déjà parlé dans un article sur les pommes tordues).
En 1984, SEEDRIN, c’est 940 millions de francs de chiffre d’affaire, 160 collaborateurs et 70.000 ordinateurs livrés par 430 concessionnaires agréés. À l’époque, la part de marché d’Apple en France atteignait 40%… Et vous, avez-vous connu cette époque ? Témoignez en commentaire !
Il y a quelques jours, un prototype de Macintosh Portable s’est vendu chez RRauction. Comme beaucoup de prototypes de l’époque, il est intégré dans un boîtier transparent qui permettait de surveiller le comportement des composants et de réaliser des tests de ventilation par fumée.
Sorti en 1989, le Macintosh Portable fut le premier Mac fonctionnant sur batterie, avec écran LCD 640 x 480 à matrice active, clavier complet et trackball intégré. Trop lourd et coûteux pour séduire le grand public, il reste néanmoins une étape fondatrice qui mènera aux PowerBook. Les versions à boîtier transparent sont aujourd’hui extrêmement rares : seulement sept exemplaires sont connus dans le monde.
De nos jours, si l’on veut disposer de nouvelles polices de caractères pour égayer la mise en page de nos documents, on peut en trouver des milliers, gratuitement et légalement, sur Internet. Mais en 1993, quand Internet n’existait pas vraiment, on faisait comment ? Hé bien on les achetait, pardi ! On allait au magasin, on en prenait une boîte, comme cet « Apple Font Pack for Macintosh », on lâchait 99 dollars à la caisse, et on retournait chez soi pour les installer sur son Macintosh…
Le dimanche, c’est publicité en anglais ! Aujourd’hui, une double-page chevelue de 1995 : « Nelson a besoin d’aller sur internet, Freeman ne trouve plus son fichier, et Peterson a perdu son mot de passe. À nouveau. Il est temps de discuter du Système 7.5 – la meilleure nouvelle pour le support aux utilisateurs et la formation, depuis le Macintosh ».
Le Système 7.5, apparu donc en 1995, apportait quelques nouveautés dans le domaine de l’aide aux utilisateurs, afin de rendre ceux-ci plus autonomes. Ainsi, l’expert en informatique pouvait se concentrer sur son boulot. Une aide interactive pouvait afficher à l’écran chaque étape à suivre, et cette aide pouvait être adaptée aux besoins de chaque entreprise grâce à un logiciel d’authoring. Grâce à MacLink Plus, il était plus aisé d’ouvrir des documents provenant d’autres systèmes. Et grâce au support de TCP/IP, l’accès à Internet n’avait jamais été aussi simple !
Aujourd’hui, par une simple photographie, nous vous proposons un raccourci entre deux époques et deux styles d’Apple. À gauche, la télécommande fournie avec la carte TV d’Apple en 1994 ; à droite, la télécommande fournie avec les iMacs depuis 2009, puis vendue à part ou avec l’Apple TV. À gauche, du plastique, une boîte en carton recyclé, et de nombreuses touches de fonctions ; à droite, du métal, une boîte très classe, et des fonctions réduites au strict minimum.
Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, une publicité de 1996 vantant les mérites des imprimantes StyleWriter Couleur 1500 et 2500, pour faire plaisir à votre Mac. Ces imprimantes, basées sur des mécaniques produites par Canon, étaient spécialement adaptées au Macintosh : possibilité d’afficher leur icône sur le bureau pour imprimer des documents par simple glisser-déposer, compatibilité avec ColorSync, carte réseau LocalTalk ou EtherTalk, compatibilité avec la console Pippin… et même un design exclusif pour la seconde, qui atteignait 5 pages par minute en noir et blanc.
Et justement, nous avons retrouvé une publicité d’époque, pour le premier logiciel produit par la toute jeune société Connectix. Publiée dans la revue MacWorld de novembre 1989, elle présente Virtual, premier système de mémoire virtuelle destiné spécifiquement aux Macs les plus récents : ceux à base de processeur Motorola 68030 (le IIx, le IIcx et le SE/30), mais aussi pour le Macintosh II qui se « contentait » d’un 68020. Connectix facturait plus cher son logiciel pour le Macintosh II : 545 dollars contre 199 pour les autres modèles, tout simplement parce qu’elle fournissait pour ce dernier l’indispensable puce de gestion de la mémoire paginée Motorola 68551, intégrée de série sur les Macs suivants.
Cet espace représente 14 Mo de mémoire potentiellement disponible dans votre Mac… Et ceci, c’est tout ce dont vous disposez.
Le Système 6, développé pour les Macs 24-bit, était incapable d’utiliser plus de 8 Mo de mémoire vive : Connectix venait donc donner un peu d’air aux applications les plus gourmandes. Pour y parvenir, selon le bon vieux principe de la mémoire virtuelle, une partie des informations de la mémoire vive était stockée sur le disque dur, et permutée au besoin selon l’application utilisée. Le Macintosh n’était pas encore multitâche (et il ne le sera pas vraiment avant Mac OS X), mais le MultiFinder permettait tout de même de lancer plusieurs programmes en même temps et de basculer de l’un à l’autre.
En fouillant un peu plus dans toutes les archives accessibles en ligne, nous avons aussi retrouvé cet article paru dans la revue InfoWorld de janvier 1989, soit près d’une année avant notre publicité. Il y est question d’une « startup inconnue », Connectix, et de son logiciel Virtual présenté pour la première fois à la MacWorld Expo de San Francisco. À cette époque, le logiciel coûtait 295 dollars, ou 695 dollars pour le Macintosh II avec la puce PMMU. « En utilisant la mémoire virtuelle, les utilisateurs évitent de payer de la coûteuse mémoire vive ». Attention cependant, car la mémoire virtuelle dégrade les performances de l’ordinateur…
On sait que le Macintosh doit son nom à une espèce de pomme appréciée de son créateur Jef Raskin, la McIntosh. Steve Jobs s’empara d’ailleurs de cette idée, et dut s’opposer à Al Eisenstat, Vice-Président et Conseiller Général chez Apple depuis 1980, qui n’avait pas l’intention de se frotter au célèbre fabricant de matériel audio McIntosh Laboratory, fondé en 1949. Apple avait bien tenté d’enregistrer la marque en insistant sur la différence d’orthographe, mais la prononciation étant la même, l’Office des Marques américain avait rejeté la demande. “Il se vendra tout aussi bien sous un autre nom, trouve quelque chose !”, exigea Eisenstat auprès de Steve Jobs, avant de céder. Finalement, McIntosh Laboratory conserva sa propriété intellectuelle, mais en concéda l’usage au fabricant informatique dès 1983, comme on peut le noter dans les publications de l’époque.
Il faudra attendre 1986 pour qu’Apple et McIntosh s’entendent et qu’Apple obtienne les droits sur la marque Macintosh. Un accord amiable dont John Sculley révèlera plus tard qu’il représenta pour Apple un investissement de deux millions de dollars (cf. De Pepsi à Apple : Un génie du marketing raconte son odyssée, John Sculley, Grasset p. 189).
Plus de vingt ans après leur apparition, on doit bien admettre qu’Excel (de Microsoft) et Hypercard (d’Apple) n’ont pas connu le même destin ni la même fortune. Le premier est encore la référence incontestée du monde des tableurs (et sans doute l’un des logiciels les plus connus toutes catégories confondues), tandis que le second n’a guère gardé qu’une petite place d’honneur dans la mémoire de quelques passionnés (dont nous sommes).
Et pourtant, en avril 1988, au moment de décerner ses récompenses aux produits sortis en 1987, le magazine InfoWorld (dont la version numérisée par Google Books est devenue notre livre de chevet) met les deux logiciels au coude à coude. Excel remporte le prix du logiciel MS-DOS de l’année, tandis qu’HyperCard remporte la catégorie côté Mac. Mais c’est dans les commentaires que l’anecdote trouve toute sa saveur : Excel est vu comme « un reflet du tableur du futur », ni plus ni moins, quand HyperCard est présenté comme « le produit le plus influent de 1987 ». Il remporte également la catégorie ouverte « Meilleure nouvelle idée ».
Malgré les qualités évidentes du logiciel, l’avenir n’a pas donné raison au jury d’InfoWorld. La polyvalence et le génie d’HyperCard, le bébé de Bill Atkinson, restent pourtant à ce jour inégalés, malgré son échec commercial.
Le PowerBop, c’est un classique de l’Aventure Apple. L’exemplaire de notre collection a été disséqué dans une page du site qui lui est dédiée, pour le plus grand intérêt de nos lecteurs évidemment. Pour se remettre dans l’ambiance, voici la double-page de la revue de propagande Apple le Magazine de Juillet-Août 1993. On y apprend tout ce qu’il faut savoir sur cette machine, avec même une petite coquetterie de la rédaction : l’exemplaire photographié porte le nom de « PowerBop » en façade, alors que les exemplaires commercialisés se contenteront de la mention « PowerBook 180 » habituelle…
Là où la rédaction ne s’était pas trompée, c’était dans l’espoir que les technologies de communication sans-fil révolutionneraient l’utilisation des micro-ordinateurs d’ici à l’an 2000. C’est le 21 juillet 1999 qu’Apple présentera l’iBook et sa technologie wi-fi « AirPort ». Seulement six ans après le PowerBop !
Le dimanche, c’est publicité ! Aujourd’hui, nous vous présentons une publicité très inhabituelle, publiée en 1998 par Apple France. Inhabituelle, car les publicités comparatives étaient autorisées seulement depuis une loi de juillet 1993, et les marques étaient encore prudentes avec ce concept très encadré. On y voyait le nouveau PowerBook Série G3 affichant un requin, toutes dents dehors, sous le texte « Prédateur de Pentium ». Dans le texte qui l’accompagnait, on apprenait que « seuls les plus rapides ne se feront jamais dévorer par la concurrence. C’est pour cela que le nouveau Macintosh PowerBook Série G3 est le portable le plus rapide au monde ». Respectant scrupuleusement les conditions de la loi de 1993, Apple précisait ensuite les caractéristiques essentielles, significatives, pertinentes et vérifiables de biens ou services de même nature et disponibles sur le marché : « la performance (du processeur PowerPC G3) est trois fois plus rapide que celle d’un processeur de portable PC », selon le test BYTEmark « Integer Test ».
Malheureusement, nous n’avons plus cette publicité originale, mais seulement une mauvaise photocopie. Peut-être qu’un lecteur pourra nous en faire parvenir une meilleure reproduction ? Par ailleurs, le Journal du Lapin a raconté il y a quelques mois l’histoire de la photographie du requin, dont le photographe Carl Roessler avait cédé les droits à Apple pour un an, et qui a depuis fait le tour du monde.
L’Aventure Apple a mis la main sur un rare mémo envoyé par le département due com’ d’Apple à tous ses revendeurs et aux représentants commerciaux. Un document datant de mars 1984, par lequel l’entreprise interdisait l’usage de l’abréviation « Mac » pour son petit nouveau, le Macintosh. Le mémo précisait qu’Apple n’avait pas de licence ni d’autorisation pour utiliser ce terme. Par ailleurs, il était aussi demandé de toujours indiquer « Macintosh™ Personal Computer » lors de la première utilisation du terme. On se souvient qu’Apple ne disposait à l’époque que d’un droit d’usage, concédé par le fabricant de matériel audio Macintosh Laboratory.
Preuve de l’importance de ce mémo, il était adressé en copie à Floyd Kvamme, qui n’était rien de moins que l’Executive Vice President of Sales and Marketing de la marque à l’époque !
Les temps ont bien changé d’ailleurs : dans ses « Guidelines for Using Apple Trademarks and Copyrights », Apple indique qu’elle est dorénavant la seule propriétaire de la marque déposée « Mac » et autorise les tierces partie à l’utiliser sous certaines conditions, et notamment pour se référer à la gamme Macintosh.